La Tour noire

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lundi 18 février

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Roman - Thriller

La Tour noire

Historique - Énigme MAJ samedi 13 novembre 2010

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22 €

Louis Bayard
The Black Tower - 2008
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Jean-Luc Piningre
Paris : Le Cherche midi, octobre 2010
408 p. ; 22 x 14 cm
ISBN 978-2-7491-1323-4
Coll. "Ailleurs"

Actualités

  • 02/09 Édition: Parutions de la semaine - 2 septembre
    Avec le mois de septembre débute traditionnellement la rentrée littéraire. Mais en cette semaine les nouveautés restent peu nombreuses. S'il fallait chercher l'événement, la publication, alors ce serait sûrement du côté d'Albin Michel. En effet, outre Lisa Gardner avec Derniers adieux dont le talent et l'affiliation aux Nouvelles reines du crime américain ne cessent de se confirmer, il y a la parution du nouveau roman de Jean-Christophe Grangé. Le Passager est du Grangé pur jus avec une intrigue aux multiples ramifications, aux rebondissements incessants, le tout conduit d'une main de maître pour un page turner efficace mais somme toute froid. Le reste des parutions est surtout marqué par l'Histoire. Même Laurent Guillaume n'échappe pas à l'envie de s'immerger dans la presque Antiquité avec une nécromancienne, des conspirateurs, et Trajan en empereur menacé. Que dire de Jean Contrucci ? L'homme des "Nouveaux mystères de Marseille" nous propose le meurtre d'une femme au côté de son amant entre littérature romantique et médecine savante. Le père de Raoul Signoret a ses aficionados. Nous vous parlerons bien entendu plus longuement de ce nouvel épisode. Les éditions 10-18 proposent également un nouvel opus signé Claude Izner, histoire de mieux nous plonger dans le Paris des années 1920. Quant au reste, eh bien, c'est avant tout à vous de faire votre choix !

    Grand format :
    Divine justice, de David G. Baldacci (Michel Lafon, "Thriller")
    Le Complot Romanov, de Steve Berry (Le Cherche Midi, "Thriller")
    Le Trésor retrouvé des Templiers, de André Besson (France-Empire)
    La Somnambule de la villa aux loups, de Jean Contrucci (Jean-Claude Lattès)
    Derniers adieux, de Lisa Gardner (Albin Michel, "Spécial suspense")
    Le Ban de l'injustice, de Simone Gélin (Les Nouveaux auteurs)
    Le Passager, de Jean-Christophe Grangé (Albin Michel, "Thrillers")
    La Louve de Subure, de Laurent Guillaume (Les Nouveaux auteurs, "Policier historique")
    L'Usurpateur, de Jaal (Pjs)
    Rosewood : la dernière énigme de la guerre froide, de Michel Meyer (Odile Jacob)
    L'Ange et la toile, de Fabien Not (Presses du Midi)
    Place des Savanes, de Jean-Claude Pirotte (Le Cherche Midi, "Romans")
    Tony et Susan, de Austin Wright (Le Seuil, "Policiers)

    Poche :
    Haro, de Michel Aurel (Au pays rêvé, "Roman noir")
    La Tour noire, de Louis Bayard (Pocket, "Best")
    Un employé modèle, de Paul Cleave (LGF, "Thriller")
    Le Pain des fossoyeurs, de Frédéric Dard (Fleuve noir)
    Ceux qui s'en sont allés = The People Who Went Away, de Nicci French (Langues pour tous, "Les Langues pour tous")
    Lâche déraison, de Nick Gardel (Baleine, "Le Poulpe")
    Marée sombre, de Andrew Gross (J'ai lu, "Thriller")
    L'Enfant perdu, de John Hart (LGF, "Thriller")
    Les Souliers bruns du quai Voltaire, de Claude Izner (10-18, "Grands détectives")
    Preuves mortelles, de Judith A. Jance (J'ai lu, "Frissons")
    Le Mercredi des cendres, de Percy Kemp (Points, "Thriller")
    Autobiographie d'une tueuse, de Brigitte Kernel (J'ai lu, "Littérature générale")
    Le Dernier souffle, de Denise Mina (J'ai lu, "Policier")
    Ni chair ni sang, de Ruth Rendell (LGF, "Policier")
    Katiba, de Jean-Christophe Rufin (Folio)
    Les Anges se font plumer, de San Antonio (Fleuve noir, "San Antonio")
    Champagne pour tout le monde ! roman un peu con, mais néanmoins très beau, de San Antonio (Fleuve noir, "San Antonio")
    Les Huit émeraudes, de Patricia Wentworth (10-18, "Grands détectives")
    Liens : Derniers adieux |L'Enfant perdu |Louis Bayard |Paul Cleave |Jean Contrucci |Frédéric Dard |Nicci French |Lisa Gardner |Laurent Guillaume |John Hart |Claude Izner |Percy Kemp |Ruth Rendell | San-Antonio

Une enquête inédite de Vidocq !

L'action débute le 13 thermidor de l'an II avec une note décrivant l'état de santé effrayant d'un prisonnier. Puis, un homme d'un certain âge, enseignant à l'école de médecine, se souvient des quelques semaines passées en compagnie de Vidocq, et revient sur l'affaire qui les a réunis. Celle-ci commence en mars 1818, sous la Restauration. Hector Carpentier a dilapidé le reste de l'argent de son père, mort récemment, et vit avec sa mère qui tient pension pour les faire subsister. Malgré son jeune âge, sa vie est régie par des habitudes. Mais le mécanisme se détraque quand le mendiant, qui se tient habituellement près de son domicile, le suit et rentre derrière lui. Hector voit un homme se transformer, se redresser, grandir pour devenir... Vidocq. Celui-ci l'interroge sur ses relations avec Chrétien Leblanc. Devant son air ahuri, il lui apprend que cet homme a été torturé, assassiné, à quelques rues d'ici et qu'il portait, sous son caleçon, son nom et son adresse. Vidocq a vérifié, il n'y a pas, à Paris, d'autres docteur Hector Carpentier.
L'ancien bagnard l'entraîne alors dans son enquête, à la fois comme suspect, témoin et assistant. Les informations, les indices qu'ils recueillent les amènent à s'intéresser à Louis-Charles, le fils de Louis XVI, détenu et mort dans la prison du Temple. Le docteur Carpentier serait le seul capable d'identifier celui qui, aujourd'hui, est le roi légitime. Mais Hector, à l'époque, n'avait que deux ans. Vidocq apprend que le père d'Hector portait le même prénom que son fils, qu'il avait été le chirurgien du Dauphin et que, pour l'aider à soigner l'enfant qui avait vécu dans la misère la plus noire en prison, avait reçu l'aide d'un tapissier de métier qui s'appelait Chrétien Leblanc ! Or, une rumeur de plus en plus insistante fait état d'un retour de Louis-Charles, car une petite cabale royaliste avait réussi à le sauver, laissant un autre enfant mourir à sa place...
Louis Bayard dans Un œil bleu pâle (Le Cherche midi, 2007) transforme Edgar Allan Poe en enquêteur. Dans le présent roman, c'est Vidocq qu'il confronte à l'une de ces nombreuses énigmes historiques qui restent inexpliquées. Ce n'est pas la première fois que ce personnage, nommément ou masqué, est le héros de romans, sa vie tumultueuse a de quoi nourrir l'imagination de créateurs. Louis Bayard en fait une sorte de surhomme, un héros omniprésent, maître dans l'art du déguisement. Il rappelle Arsène Lupin, avec moins de classe et d'élégance. Face à cet homme au passé sombre, qui connaît bien les bas-fonds de Paris et la faune qui y grouille, l'auteur anime un homme de vingt-six ans qui menait une existence tranquille et rangée. Celui-ci se retrouve projeté dans une affaire dont il ne comprend rien, si ce n'est le danger très présent.
L'auteur introduit beaucoup d'humour par le décalage entre les personnages, leurs caractères et leurs actions. Les réflexions des héros, suscitées par nombre de situations, donnent des dialogues savoureux par un jeu habile de ping-pong.
Autour de cette trame, l'auteur multiple les apports, nourrit son récit avec de multiples rebondissements, certains faisant référence à un lointain passé. La tour du Temple, où est enfermé le Dauphin, a été construite il y a plus de cinq siècles par les Templiers. Le tueur mystérieux qui est responsable de l'assassinat de Chrétien Leblanc, continue sa sinistre besogne. Tous ces éléments croisés donnent une intrigue charnue au déroulement tendu et à l'attrait indéniable. On n'arrête pas facilement la lecture de La Tour noire, d'autant que le découpage en courts chapitres est une invitation supplémentaire à tourner les pages.
La Tour noire se révèle un roman bien construit, avec tous les ingrédients pour un très bon récit, qui tient en haleine son lecteur. Cependant, je ne partage pas l'avis du Washington Post. La rédaction ne devait pas avoir lu beaucoup de thrillers cette année-là !


On en parle : Alibis n°38

Citation

Vous faites irruption avec votre faux moignon et vos petites astuces, monsieur Qui-Que-Vous-Soyez, pour vous présenter finalement sous le nom de Vidocq, et moi censé vous croire ! Rien ne m'y oblige.

Rédacteur: Serge Perraud dimanche 04 septembre 2011
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