Les Ensorcelés

Tu n'étais qu'un Algérien que l'État français voulait tout simplement abattre.
Fadela Hebbadj - Les Ensorcelés
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Roman - Noir

Les Ensorcelés

Politique - Assassinat MAJ dimanche 21 novembre 2010

Note accordée au livre: 3 sur 5

Poche
Inédit

Tout public

Prix: 14,5 €

Fadela Hebbadj
Paris : Buchet Chastel, juillet 2010
188 p. ; 19 x 11 cm
ISBN 978-2-283-02453-9

Le racisme ordinaire des cours de justice françaises…

L'époque des camps d'internement français d'Algériens. Quand la Justice française était une justice d'exception pour ces ressortissants dits de seconde zone. Entassés, regroupés, proscrits dans l'insalubrité républicaine. Une histoire de l'injustice telle qu'elle s'énonçait dans les cours de justice française. Avec au départ un double meurtre, celui de la mère et de la sœur de la narratrice. Une enquête bâclée, un procès dévoyé pour lequel, malgré la qualification de meurtre, le coupable n'est pas envoyé aux Assises. Et le long travail impossible de la narratrice pour faire rouvrir le procès, tenter d'obtenir enfin justice à plus de trente ans d'intervalle. Entre récit et document, dans une écriture tendue par la douleur, la narratrice évoque la trajectoire d'une famille algérienne dans la France des années 1960, 1970. Ni riche ni pauvre, d'honnêtes gens travailleurs faisant tout pour sortir de la misère qui leur est réservée, écoulant des dimanches paisibles sur les bords de la Marne. Une famille française en somme, normale, plaisante, frappée de plein fouet par la vilenie républicaine au travers de cette mort refusée. Celle de cette mère dont l'ombre portée crève la narration. Douce, mais intimidante. Penchée par dessus l'épaule du lecteur et veillant à l'ouverture des archives qui libèrent d'un coup leur flot acrimonieux, tandis que la narratrice défait patiemment les faits, s'empare de l'homme ivre, revolver au poing, égrène le temps qu'il a passé entre le premier et le dernier coup de feu avant de frapper encore de son couteau et remonter tranquillement chez lui attendre la police, non sans narguer de sa fenêtre "ce troupeau d'algériens" en bas, leur tirant la langue, facétieux, pour finir par inventer une histoire abracadabrante sur les causes de son geste, une histoire folle à laquelle le juge voudra croire pour prononcer enfin son jugement raciste... Un récit, un document, poignant d'une vérité qui peine aujourd'hui encore à se faire entendre.

Citation

Tu n'étais qu'un Algérien que l'État français voulait tout simplement abattre.

Rédacteur: Joël Jégouzo jeudi 04 novembre 2010
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