Adieu Jérusalem

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jeudi 22 octobre

Contenu

Roman - Noir

Adieu Jérusalem

Géopolitique - Terrorisme MAJ lundi 29 novembre 2010

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 21 €

Alexandra Schwartzbrod
Paris : Stock, avril 2010
402 p. ; 20 x 14 cm
ISBN 978-2-234-06075-3

Actualités

  • 27/06 Prix littéraire: Sélection 2011 du GPLP
  • 24/11 Prix littéraire: Sélection du prix Calibre 47
    La sélection pour le Prix "Calibre 47" 2011 décerné à l'occasion du festival Polar'encontre est maintenant définitivement arrêtée. Il s'agit des quatre romans suivants :

    Cristal défense, de Catherine Fradier (Au diable Vauvert)
    Le Bourreau de Puigcerda ou El ultimo Garrote, de Daniel Hernandez (Mare Nostrum, "Polars catalans")
    Bien connu des services de police, de Dominique Manotti (Gallimard, "Série noire")
    Adieu Jérusalem, d'Alexandra Schwartzbrod (Stock, "Thrillers")

    Le Prix sera remis le 12 mars 2011 lors de l’inauguration de la sixième édition de Polar’Encontre.
    Le Jury cette année est composé des sept membres suivants :
    Christophe Dupuis (Libraire), Martine Garrigou (Association "À livre ouvert"), Jacqueline Lapeyre (Association "À livre ouvert"), Cyrille Mousset (Association "813"), Anne Secret (lauréate du Prix "Calibre 47" 2010), Pierre Séguélas (Association "813"), Groupe de lecture "Polar" (Médiathèque Nérac).

    L'équipe de Polar'Encontre souligne que les sélections de Cristal défense, de Bien connu des services de police et de Adieu Jérusalem a été faite au début de l'été 2010. Et donc qu'elle est largement antérieure à la distribution des prix (Prix Michel Lebrun décerné à Catherine Fradier ; Grand Prix de la Littérature Policière à Alexandra Schwartzbrod ; Trophées "813" à Dominique Manotti).
    La sélection du roman de Daniel Hernandez, qui sortira en librairie à la fin du mois de novembre, a, elle, été faite sur tapuscrit.
    En ce qui concerne les présélections pour le Prix "Calibre 47" décerné en mars 2012, les modalités sont les suivantes :
    Les romans doivent être édités entre le 1er novembre 2010 et le 30 octobre 2011.
    L'ensemble des maisons d'édition peuvent envoyer leurs services de Presse à :
    Pierre Séguelas
    17, rue Palissy
    47000 Agen

    Enfin, l'illustrateur Max Cabanes a déjà réalisé l'affiche de cette sixième édition de Polar'Encontre, affiche qui tient lieu d'illustration à cet article.
    Liens : Bien connu des services de police |Cristal défense |Anne Secret |Christophe Dupuis |Alexandra Schwartzbrod |Dominique Manotti |Catherine Fradier |Max Cabanes |À livre ouvert |Polar'Encontre

Mort d'un État

En Russie, le gouvernement a peur et a relancé le programme de guerre bactériologique. Mais, évidemment, le matériel est de piètre qualité et tout explose, répandant la peste dans l'atmosphère. Deux employés de l'institut sont contaminés sans le savoir. Pas de chance pour les autres, ils sont du genre à se rendre à la Mecque à l'occasion du pèlerinage annuel. Arrivés sur place, ils contaminent à grande échelle une population foisonnante. Les rumeurs vont bon train, et très vite le bruit court que ce sont les juifs qui ont empoisonné les pèlerins, et l'Intifada reprend, au moment même où le gouvernement israélien en pleine élection, veut jouer la dureté pour être reconduit... Le monde s'enflamme.
Alexandra Schwartzbrod est journaliste et son texte se nourrit de ses enquêtes. Elle n'a pas conçu le roman comme un thriller avec des superhéros qui sauvent le monde, mais au contraire elle s'est acharnée à décrire le monde à travers de fortes personnalités attachantes mais qui se confrontent au monde réel, qui osent mettre les mains dans le cambouis pour faire avancer les choses : un médecin qui se trouve à La Mecque, un musulman qui veut juste enterrer sa femme dignement, un vieux professeur grabataire qui se retrouve une deuxième jeunesse en aidant les autres, un policier palestinien, un honnête homme qui, bombardé secrétaire général de l'ONU, doit se coltiner avec les intérêts divergents des pays... C'est à travers leurs yeux que le lecteur suit cette crise, la rendant éminemment plus proche de la chair et du vécu.
L'auteur n'arrive pas avec une thèse lourde et pénible qu'elle imposerait aux lecteurs. Souvent dans les thrillers américains du genre, les Israéliens sont représentés comme des personnes sympathiques obligés de lutter contre d'affreux arabes sanguinaires. Ici, la situation est plus complexe : un président israélien partisan de la paix et son premier ministre qui veut chasser les Palestiniens du pays s'opposent. Sans compter un mafieux d'origine russe qui veut à la fois se débarrasser de ses ennemis et récupérer leurs terres pour ses opérations immobilières. Certaines scènes de pogrom inversé, où les Israéliens se mettent à tuer des Palestiniens après les avoir enfumés sont particulièrement anxiogènes. En face, profitant de la chute de l'Arabie Saoudite (aux prises avec le risque de la peste), d'autres États arabes essayent de régler le problème juif à leur façon, avec leur puissance financière, de manière plus raisonnable. Face à eux, devant l'angoisse, nous suivons un Palestinien qui se transforme en bombe humaine. Mais Alexandra Schwartzbrod montre à chaque fois ses personnages dans leur complexité et suit leurs actions comme des conséquences logiques de leur vie, plutôt que comme des expressions de fanatisme. On tue par peur, on se venge par angoisse !
C'est en incarnant la situation, en la faisant vivre à travers des êtres vivants, en montrant (ce qui est assez rare) qu'Israël risque la destruction pure et simple mais qu'elle a sa part de responsabilité dans sa propre chute, que l'auteur fournit un roman dense, éloigné sans doute du genre policier (même si ici nous assistons à ce qui pourrait être la mort d'un État à la place de celle d'une simple personne) ou thriller au sens pur du terme, pour nous offrir une leçon de géopolitique prenante, intelligente et sensible.


On en parle : Carnet de la Noir'Rôde n°45

Récompenses :
Calibre 47 2011
Grand prix de la littérature policière - roman français 2010

Nominations :
Prix Mystère de la Critique 2011

Citation

Attendre, c'était un peu l'histoire de sa vie. Attendre que la loi des quotas lui permette d'entrer à l'école de police. Attendre qu'un poste se libère à Jérusalem puis à Tel-Aviv.

Rédacteur: Laurent Greusard mercredi 24 novembre 2010
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