L'Autre côté de l'ombre

Le cénotaphe... Tu détestes ce lieu autant que tu l'adores. C'est avant tout l'espace sacré dédié aux disparus des nombreuses rafles. Parce que ces enfoirés de Boches ne laissent jamais de corps derrière eux. Ils emportent leurs proies et nombreux sont ceux au cheptel qui pensent qu'ils s'en nourrissent.
Céline Denjean - Le Cheptel
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Le titre de ce nouveau roman de James Ellroy, par ailleurs deuxième volet du "Second quatuor de Los Angel...
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vendredi 06 décembre

Contenu

Roman - Policier

L'Autre côté de l'ombre

Procédure MAJ dimanche 28 octobre 2012

Note accordée au livre: 4 sur 5

Poche
Réédition

Tout public

Prix: 8,6 €

Graham Hurley
The Price of Darkness - 2008
Traduit de l'anglais par Philippe Loubat-Delranc
Paris : Folio, mai 2011
624 p. ; 17 x 11 cm
ISBN 978-2-07-044506-6
Coll. "Policier", 673

Actualités

  • 19/10 Édition: Parutions de la semaine - 19 octobre
    C'est une semaine de parutions riche de nouveautés qui nous est proposée avec trois principaux faits : l'arrivée d'une nouvelle collection, "La Cosmopolite noire" et deux premiers auteurs à suivre - Raja Alem et Cara Hoffman -, Jerome Charyn redonne vie à Isaac Sidel, son commissaire new-yorkais, chez Denoël, et les éditions Rivages inaugurent la réédition de l'intégrale de Jim Thompson retraduite par Pierre Bondil et Jean-Paul Gratias. À force de se demander comment donc fait James Patterson pour écrire tant de romans par an, on en aurait presque oublié que Ken Bruen en écrit tout autant. Après un passage chez Rivages en compagnie de Reed Farrel Coleman pour un fort appréciable Tower, le voilà dans une double actualité chez Fayard et Gallimard ! Calmann-Lévy y va de ses réédition des romans de Michael Connelly. Celui-là nous est proposé avec une préface inédite de l'auteur. Sympathique mais ça l'aurait encore plus été dans une version poche. Après, il y en a vraiment pour tous les goûts. Mais, comme d'habitude... Faites votre choix !

    Grand format :
    Le Collier de la colombe, de Raja Alem (Stock, "La Cosmopolite noire")
    Furioso, de Carin Edstrôm Bartosch (Jean-Claude Lattès)
    Heureux veinard, de S. G. Browne (Gallimard, "Série noire")
    Le Démon, de Ken Bruen (Fayard, "Noir")
    Munitions, de Ken Bruen (Gallimard, "Série noire")
    Sous l'œil de Dieu, de Jerome Charyn (Mercure de France, "Bibliothèque étrangère")
    White room, de Cat Clarke (Robert Laffont)
    Les Égoûts de Los Angeles, de Michael Connelly (Calmann-Lévy, "Robert Pépin présente")
    Sur un plateau : une fantaisie journalistique et criminelle, de Hubert Duhautois (Geste, "Le Geste noir)
    L'Affaire Meredith Andersson : jusqu'où peut-on aller par amour ? d'Antoine Filissiadis (Guy Trédaniel)
    Le Septième chant, d'Alexandre Garabedian (Pierre Philippe)
    So much pretty, de Cara Hoffman (Stock, "La Cosmopolite noire")
    L'Arche, de Jaal (Pjs)
    L'Énigme du pendu, de Christian Jacq (J)
    Le Dandy mourant, de Mari Jungstedt (Le Rocher, "Thriller")
    Fête fatale, de William Katz (Presses de la Cité, "Suspense psychologique")
    Rédemption, de Dominique Maisons (Les Nouveaux auteurs)
    Studio 6, de Liza Marklund (Hachette, "Black moon thriller")
    Petits meurtres entre mathématiciens ou Comment deux amis débattent de maths et d'amour dans le Paris de la Belle Époque, de Teukros Michaelides (Le Pommier, "Plumes de science)
    1.000 étangs meurtriers, de Nathalie Michel (Citron bleu, "Série noire")
    Le Cercle des tueurs, de Annie Ramos (Citron bleu, "Série noire")

    Poche :
    Parasite, de Christian Blanchard (Le Palémon)
    Limousin connection : retour aux Liades, de Jean-Pierre Bonnet (Geste, "Le Geste noir)
    Niort et la main morte, de Alain Bouchon (Geste, "Le Geste noir)
    Oscar Wolde et les meurtres du Vatican, de Gyles Brandreth (10-18, "Grands détectives")
    Délivrez-nous du mal, de Frédéric Dard (Pocket Le Ciel se trouve sur Terre, de Åke Edwardson (10-18, "Domaine policier")
    L'Ankou a tout faux : le chevalier, le diable et la mort, de Yannick Gloaguen (Yoran Embanner, "Roman policier")
    Les Mots qui tuent, de Martha Grimes (Pocket, "Thriller")
    L'Autre côté de l'ombre, de Graham Hurley (Folio, "Policier")
    Deuil, de Peter James (Milady, "Thriller")
    Le Projer Shiro, de David S. Khara (10-18, "Domaine policier")
    Les Damnés du Ceallach, de David Le Yaouang (Yoran Embanner, "Roman policier")
    Psycho tram à Brest, de Laurent Ségalen (Ouest et compagnie, "Roman policier")
    Cette terre porte malheur, de Bruno Segalotti (Ouest et compagnie, "Roman policier")
    Chez Krull, de Georges Simenon (Folio, "Policier")
    L'Inspecteur Cadavre, de Georges Simenon (Folio, "Policier")
    L'Assassin qui est en moi, de Jim Thompson (Rivages, "Noir")
    L'Échappée, de Jim Thompson (Rivages, "Noir")
    Un cercueil pour Sidonie, de Guénolé Troudet (Ouest et compagnie, "Roman policier")
    Noël sanglant, de Kjetil Try (Folio, "Policier")
    Erreur de parcours, de Jean Vareilland (Geste, "Le Geste noir)
    L'Espion du Vatican, de Gérard de Villiers (Gérard de Villiers, "SAS")
    Liens : Le Projet Shiro |Noël sanglant |Christian Blanchard |Gyles Brandreth |Ken Bruen |Jerome Charyn |Michael Connelly |Frédéric Dard |Åke Edwardson |Martha Grimes |Graham Hurley |Peter James |Mari Jungstedt |David S. Khara |Dominique Maisons |Liza Marklund |Bruno Ségalotti |Georges Simenon |Jim Thompson |Kjetil Try |Annie Ramos

Corbeau anglais

Quiconque a vu Le Corbeau, film de Henri-Georges Clouzot, se souvient de cette admirable scène où le personnage prend une ampoule et la projette d'avant en arrière, faisant jaillir la lumière ou rejetant dans l'ombre tel élément du décor, pour symboliser la frontière fluctuante entre le Bien et le Mal. Graham Hurley est un auteur qui a élaboré une série autour de l'inspecteur Joe Faraday, une série profondément marquée par l'école procédurière anglaise où l'on suit les policiers dans leur travail d'équipe, lorsqu'ils affrontent le lent cheminement vers la vérité. Ce jeu d'ombre et de lumière, Graham Hurley l'exploite de manière subtile dans L'Autre côté de l'ombre, huitième volume de la série.

Dans un premier temps, le lecteur assiste aux trajectoire opposées de deux policiers. Joe Faraday est humble, croit à la police, à la vertu. Peut-être est-ce parce qu'il est amoureux, mais dans le même temps, il a fait le choix de ne pas faire passer son amie avant son travail. Il a également un fils dont tout laisse à penser que ses affaires sont louches. Il travaille méthodologiquement, recoupant les indices, visionnant les vidéos, revenant inlassablement sur les détails qui clochent. En fait, un peu à la façon du lieutenant Colombo. Face à lui, Paul Winter un ancien policier qui fonctionnait à l'intuition, souvent en porte à faux, et qui a été viré de la police pour une broutille. Il a tout de suite été engagé par le parrain local, un personnage haut en couleurs qui a décidé de faire de cette ville balnéaire anglaise un lieu touristique pour surfeurs.

Au centre du roman, deux enquêtes qui reviennent sur des faux-semblants avec un promoteur immobilier retrouvé assassiné dans sa garçonnière et l'assassinat d'un ministre en pleine rue. Dans le premier cas, se pose la question de la place de la femme. Sombre mais classique histoire de vengeance ? Avec en plus une maîtresse enceinte et une paternité à vérifier ? Enfin il y a le fait que l'on a du mal à croire qu'un promoteur immobilier puisse être un honnête homme alors peut-on débusquer des locataires floués par l'entreprise immobilière en quête d'une sanglante revanche ? Dans le second cas, la piste terroriste est explorée. Mais n'est-ce pas un peu trop simpliste, surtout à cette époque ?

Les deux enquêtes associées à la vie privée de Joe Faraday et les obligations de Paul Winter qui doit louvoyer entre ses anciens collègues qui le détestent et ses nouveaux associés qui se méfient sont autant d'occasions de présenter une Angleterre à la Ken Loach, où les pressions sociales, où les différences de classe, sont autant de manières de montrer à travers les démêlées des membres d'une petite ville une coupe en creux d'un pays. Même si les coupables sont découverts, il reste un goût amer dans la bouche, celui du gâchis des vies présentées, de l'époque qui massacre les humains, car comme le disait Henri-Georges Clouzot : "En voulant bloquer l'ampoule pour savoir où est le bien et le mal, la seule chose qui arrive c'est qu'on se brûle la main."

Citation

La retraite ? Plus question de déconner. Plus question de me casser le cul pour des gens qui m'entubent. Plus question de courir après des junkies débiles. Je vais te dire un truc sur mon métier : ça paie pas.

Rédacteur: Laurent Greusard lundi 15 novembre 2010
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