Intermittence

Chez elle, la technique de profilage n'avait rien d'abstrait. Elle était douée d'un véritable talent d'empathie, ce qui était un atout de poids dans son métier. En contrepartie, un tel don, qui frôlait l'irrationnel, la vouait depuis toujours à l'incompréhension et la bile facile des types comme Devereaux.
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Roman - Noir

Intermittence

Finance MAJ mercredi 02 novembre 2011

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 17 €

Andrea Camilleri
L'Intermittenza - 2010
Traduit de l'italien par Serge Quadruppani
Paris : Métailié, octobre 2011
176 p. ; 22 x 14 cm
ISBN 978-2-86424-843-9
Coll. "Noir - Bibliothèque italienne"

Actualités

  • 07/10 Édition: Parutions de la semaine - 7 octobre
    La semaine est placée au Seuil sous le double signe de Henning Mankell. Le Suédois signe un de ses derniers romans, Le Chinois, en même temps que parait la suite de l'intégrale Wallander. Mais les autres maisons d'édition ne sont pas en reste. Surtout Actes sud qui avec Le Silence de minuit, de Lars Kepler et Mélancolie des corbeaux, de Sébastien Rutès propose deux romans qui fleurent bon la langue et l'intrigue bien ficelée et ciselée. Enfin, on ne saurait passer sous silence la présence dans cette liste du nouvel opus de José Carlos Somoza. Surtout pas !
    Le reste est à découvrir...

    Grand format :
    Miséricorde, de Jussi Adler-Olsen (Albin Michel, "Thrillers")
    Le Mystère de la villa Maud, de Hélène Almaric (Marabout)
    La Sombre légende d'Aîmont-Preux, Clémence E. Beaufort (Marabout)
    La Frontière des ténèbres, de Jean-Luc Bizien (Du Toucan)
    Traque au turf : les années virus, de Maurice Brunetti (Presses du Midi)
    Intermittence, d'Andrea Camilleri (Métailié, Noir - Bibliothèque italienne)
    Les Murs de sang, de Jérôme Camut & Nathalie Hug (Calmann-Lévy)
    Les Nuiteux 3 et 4, de René Caplan (Presses du Midi)
    Larmes du crime, de Michel Claise (Luce Wilquin, "Noir pastel")
    Mort ou vif. 1, de Tom Clancy (Albin Michel, "Thrillers")
    Mort ou vif. 2, de Tom Clancy (Albin Michel, "Thrillers")
    Mari et femme, de Wilkie Collins (Phébus, "Libretto")
    Le Ciel se trouve sur Terre, de Åke Edwardson (Jean-Claude Lattès)
    Ad unum, de Didier Fossey (Les 2 Encres, "Sang d'encre")
    Penny Blood : Sherlock Holmes revient, de Bob Garcia (Laurent Debarre)
    Dans l'ombre du dragon, de Maureen Jennings (Encore)
    Lâcher les chiens, de Maureen Jennings (Encore)
    Jusqu'à la folie, de Jesse Kellerman (Des 2 terres, "Best-seller")
    Le Pacte, de Lars Kepler (Actes sud, "Actes noirs")
    In memoriam N.K., de Dominique Legrand (Bruit blanc)
    Le Chinois, de Henning Mankell (Le Seuil, "Policiers")
    Intégrale Wallander. 3, de Henning Mankell (Le Seuil)
    L'Homme de Lewis, de Peter May (Le Rouergue, "Rouergue noir")
    Le Silence de minuit, de Denise Mina (Le Masque, "Grands formats")
    Rappelez-vous ce qui est arrivé aux dinosaures, de Frédéric Paulin (Pascal Galodé, "Thriller")
    Lieutenant Eve Dallas. 21-22, de Nora Roberts (J'ai lu, "Grand format")
    Mélancolie des corbeaux, de Sébastien Rutés (Actes sud, "Actes noirs")
    L'Appât, de Jose Carlos Somoza (Actes sud)
    Le Pire du milieu : Tonton et ses chinoiseries, de Samuel Sutra (Terriciaë, "Sangria")
    Thunis thanatos, de Burawi al-Tarabulusi (Cataginoiseries)
    Le Boiteux du parc Sainte-Marie, de Jérôme Thirolle (Gérard Louis)
    L'Affaire du Louvres, de Henri Vernes (Ananké-Lefranc, "Bob Morane")
    Lily en eaux troubles, de Zolma (Jigal, "Polar")

    Poche :
    Val, de Claude Ardid (Du Toucan, "Toucan noir")
    Morceaux de choix, de Sébastien Arger (Les Presses littéraires)
    Terminus, tout le monde descend, de Mirabelle Barane (Du Vallon, "Commissaire Mira")
    L'Évangile des ténèbres, de Jean-Luc Bizien (Du Toucan)
    Jolie poupée, de Martina Cole (LGF, "Thriller")
    L'Oiseau des ténèbres, de Michael Connelly (LGF, "Policier")
    Tempête polaire, de Clive Cussler & Paul Kemprecos (LGF, "Thriller")
    Le Baiser du congre, de Gilles Del Pappas (Jigal, "Jigal poche polar")
    Underworld USA, de James Ellroy (Rivages, "Noir")
    Faux pas, de Laura Griffin (J'ai lu, "Frissons")
    Question d'éthique, de Bill James (Rivages, "Noir")
    Une mère sous influence, de Patricia J. MacDonald (LGF, "Thriller")
    Au nom du Président, de Charles McCarry (Du Toucan, "Toucan noir")
    Donne-moi tes yeux, de Torsten Pettersson (Points, "Policiers")
    Le Grenier des enfers, de Douglas Preston & Lincoln Child (J'ai lu, "Thriller")
    Fantaisie du crime, de Nora Roberts (J'ai lu, "Roman")
    L'Espion d'Ouessant, de Claude-Youenn Roussel (Montagnes noires)
    Maigret en mer du Nord, de Georges Simenon (LGF, "Policier")

    Liens : Les Murs de sang |L'Homme de Lewis |Lily en eaux troubles |Underworld USA |Le Silence de minuit |Jusqu'à la folie |Miséricorde |Jean-Luc Bizien |Jérôme Camut |Wilkie Collins |Åke Edwardson |Didier Fossey |Bob Garcia |Jesse Kellerman |Henning Mankell |Peter May |Denise Mina |Sébastien Rutés | Zolma |Michael Connelly |Clive Cussler |Gilles Del Pappas |James Ellroy |Bill James |Patricia McDonald |Lincoln Child |Georges Simenon |Jussi Adler-Olsen

Tragédie moderne

Autrefois, lorsqu'un auteur voulait explorer la noirceur de l'âme humaine, il choisissait la tragédie. Cette tragédie s'intéressait aux problèmes des puissants, et le plus souvent des rois. Aujourd'hui, les lieux de pouvoir se sont déplacés, et la royauté est surtout l'endroit des people. Le véritable poids est détenu par les puissances économiques. Aussi, il est logique que ce soit dans les milieux industriels que l'intrigue d'Intermittence, le nouveau roman d'Andrea Camilleri se pose.

Tout se joue entre les capitalistes "à l'ancienne", qui sont les barons d'industrie à la fois riches et paternalistes, qui essayent d'initier leurs héritiers à la finance et aux alliances, et les nouveaux dirigeants, les cadres qui sont plus préoccupés par les notions de rentabilité, de délocalisation, de pots de vin pour s'enrichir que par les véritables stratégies industrielles.
Intermittence déploie ce cadre pour montrer les plans diaboliques, la lutte à suspense qui s'installe entre la famille Manuelli et De Blasi. D'un côté le patriarche Manuelli, vieil homme que tous ont déjà enterré, et sa progéniture, Beppo, véritable fils à papa qui aimerait montrer son vrai visage. De l'autre, De Blasi qui a déjà créé un montage financier qui permettra au groupe de s'enrichir, aux actionnaires de gagner beaucoup d'argent et de s'en mettre personnellement plein les poches au passage.
Mais nous restons dans la tragédie. Dès le début du roman, De Blasi est menacé par une santé défaillante qui peut s'écrouler sans prévenir, créant une première intermittence, relancée par les célèbres intermittences du cœur car Andrea Camilleri joue avec le thème des amours contrariées, faussées, propres à la tragédie. En effet, personne n'aime la bonne personne et n'est aimé de celle qu'il souhaiterait. Dans le ballet moderne de la vie, c'est encore pire. Les sentiments n'existent plus, puisqu'ils sont une composante de la lutte pour le pouvoir : on couche pour améliorer son pouvoir, pour se venger d'un supérieur, pour humilier une épouse...

Intermittence s'ouvre sur une exergue rappelant que le travail ennoblit l'homme et s'achève sur une chute tragique (prévue depuis le début mais jamais nommée) comme une marque de l'ironie et de l'humour absurde qui gangrène notre civilisation en pleine déliquescence.


On en parle : Carnet de la Noir'Rôde n°44

Citation

Elle est tellement splendide, harmonieuse, lumineuse, qu'elle lui procure une émotion qui n'a plus rien à voir avec le désir. Voilà une sacrée nouveauté, mais Mauro espère bien qu'elle ne durera pas.

Rédacteur: Laurent Greusard lundi 14 janvier 2013
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