Les Villes sanguinaires

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Roman - Policier

Les Villes sanguinaires

Enlèvement MAJ mercredi 04 janvier 2012

Note accordée au livre: 3 sur 5

Poche
Inédit

Tout public

Prix: 19,26 €

Joseph Medelin
Raleigh : Lulu.com, janvier 2011
510 p. ; 18 x 11 cm
ISBN 978-1-4461-2038-5

Il était un foie...1

Lyon, 1993. Valérien Bruckowski (que nous appellerons Bruck désormais afin d'économiser les lettres en ces temps où la restriction budgétaire tend à devenir la dernière danse à la mode), flic désabusé, hanté par son passé, enquête sur la mort de deux prostituées albanaises et sur tous les réseaux mafieux locaux qui se partagent le juteux gâteau du jeu, de la drogue et du sexe. Débarquent alors une poignée de superflics parisiens qui prennent les rênes de la SRPJ lyonnaise. Toutes les affaires en cours sont suspendues et toutes les forces vives du commissariat réunies autour d'un unique objectif : retrouver le Président de l'Assemblée Nationale qui a été enlevé en sortant de la gare de Lyon, ainsi que Camille, sa fille de dix ans, elle aussi kidnappée devant son école, quelques heures plus tôt. Le public et les médias ne sont pas encore au courant : il faut agir vite. L'enquête commence et le capitaine Bruck s'y attelle, sans grand enthousiasme, secondé par une équipe de bras cassés qui nous rassure sur le fait qu'en termes d'emploi de travailleurs handicapés, la Police Nationale respecte très bien les quotas !

Le roman de Joseph Medelin m'a fait songer à ces numéros de prestidigitation à la "Houdini", où l'on enroule autour d'un homme des dizaines de mètres de chaînes liées entre elles par d'innombrables verrous, avant de l'enfermer dans un ou deux sacs, puis de l'immerger dans un cube en verre rempli d'eau, lui-même condamné par une grille en fer... Le spectateur regarde cela avec la certitude qu'il y a un truc, mais en serrant instinctivement les fesses car il sent bien que, si le tour est parfaitement huilé, le moindre petit incident technique peut entrainer une catastrophe. Les Villes sanguinaires sont construites selon ce même modèle. L'auteur s'amuse tellement à emmêler les cordons de son intrigue, à multiplier les nœuds, les cadenas et les verrous, que l'on finit par se demander, arrivé au deux tiers du livre, s'il parviendra à démêler tout cela avant la dernière page. Eh bien oui (roulement de tambour, claquement de cymbale), Joseph Medelin parvient à s'en sortir et même de belle manière. Bon, dire que j'ai tout compris du dénouement serait exagéré, car c'est touffus – voire tout fou –, mais comme dans tout bon tour de prestidigitation qui se respecte, un zest d'incompréhension rajoute finalement un peu de charme à la magie de l'ensemble. Certes, il serait assez facile d'aller titiller l'auteur sur des points de détails, mais l'essentiel de l'histoire, qui revisite en outre, au passage, et ce n'est pas rien, le mythe des Atrides, tient bien la route, et c'est ce qui compte.

Les personnages sont dessinés avec une belle maîtrise et même si les traits sont parfois un peu trop appuyés, Bruck et "le vieux", son acolyte alcoolique, parviennent à se rendre attachants et ont suffisamment de consistance pour prétendre postuler au poste de héros récurrents de toute une série de polars. C'est d'ailleurs ce que Joseph Medelin a dû penser lui aussi puisqu'il les a déjà invités à ressortir leurs pétards dans Rue des seins nus, son second roman, également publié chez Lulu.com.
Mis à part quelques coquilles déplaisantes et un usage discutable des mots en majuscules (défauts assez habituels dans l'auto-édition), on peut dire que ce premier roman est une belle réussite et qu'il m'a donné envie de lire le second volet des aventures de Bruck et de ses branquignoles de mulets ce qui, compte tenu du nombre de lectures en retard qui s'accumulent déjà au pied de mon lit, constitue déjà une forme de beau compliment ! Nous verrons bien : peut-être aurai-je l'occasion d'en reparler ici !

1. Comprendront ceux qui liront le livre !

Vous pouvez retrouver toutes les chroniques à L'Heure des comptes !

Citation

Un océan de sueur perlait le long de son cou et devait s'élancer jusqu'au détroit de sa raie du cul afin d'être épongé par son slip kangourou modèle seventies.

Rédacteur: Stéphane Beau lundi 28 novembre 2011
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