Je pars demain pour une destination inconnue

Il n'oublierait jamais l'affaire des deux mômes de deux et quatre ans, abandonnés à leur sort par leur génitrice. Cette femme avait voulu tirer un trait sur son passé : un déni de mère, deux morts de faim. Revivre mentalement la procédure et le calvaire de ces enfants l'avait souvent empêché de dormir, dans son lit les yeux grands ouverts, les mains sous l'oreiller, contraint de compter les heures jusqu'au petit matin.
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Roman - Noir

Je pars demain pour une destination inconnue

Historique MAJ mercredi 05 septembre 2012

Note accordée au livre: 2 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 19,94 €

Maud Tabachnik
Paris : Archipel, septembre 2012
300 p. ; 24 x 16 cm
ISBN 978-2-8098-0770-7
Coll. "Cœur noir"

Actualités

  • 07/02 Édition: Parutions de la semaine - 2 février
  • 24/01 Édition: Parutions de la semaine - 24 janvier
  • 07/09 Édition: Parutions de la semaine - 7 septembre
    Les thrillers ouvrent le bal en ce début de rentrée littéraire. Démarrage en trombe avec les Harlan Coben, Jean-Christophe Grangé, Lisa Gardner et autres Gillian Flynn, mais les romans noirs et sombres ne sont pas en reste avec la parution des "deuxièmes" Stuart Neville et Leonardo Oyola. Le premier se fait discret alors que le second est omniprésent sur la toile (sauf chez nous - pour l'instant - ne manqueront pas de noter les plus averties des éditrices asphaltées). À noter que Rivages publie deux inédits signés Michaël Mention et Dominique Forma, bien accueillis à la rédaction, que Krakoen envoie sa deuxième fournée de "Petits noirs" avec des nouvelles d'auteurs français (parmi lesquels on retrouve étonnamment le k-libriste Frédéric Prilleux), et que le Livre de poche ressort deux romans d'auteurs transfuges du Masque au Seuil, Ron Rash (que nous avons rencontré) et Don Winslow. Une semaine vous l'aurez compris placée sous le signez du chiffre "deux" :

    Grand format :
    À découvert, de Harlan Coben (Fleuve noir, "Noirs")
    Tu es le mal, de Roberto Costantini (Presses de la Cité, "Sang d'encre")
    Caché, de David Ellis (Le Cherche midi, "Thrillers")
    Les Apparences, de Gillian Flynn (Sonatine)
    Les Morsures du passé, de Lisa Gardner (Albin Michel, "Spécial suspense")
    Kaïken, de Jean-Christophe Grangé (Albin Michel, "Thriller")
    Les Fantômes de l'harmonica, de Jean-Pierre Larminier (Jeanne d'Arc)
    Trois histoires énigmatiques suivi de Une nouvelle aventure d'Arsène Lupin, de Maurice Leblanc (Librio)
    Anima, de Wajdi Mouawad (Actes sud)
    Collusion, de Stuart Neville (Rivages, "Thriller")
    Chamamé, de Leonardo Oyola (Asphalte, "Fictions")
    Le Parieur, d'Alexis Salatko (Fayard, "Littérature française")
    Je pars demain pour une destination inconnue : Exodus, 1947, de Maud Tabachnik (Archipel, "Cœur noir")

    Poche :
    Ne la quitte pas des yeux, de Linwood Barclay (J'ai lu, "Thriller")
    Nonne à tout faire, de Guillaume Béchard (Grand west, "Poche")
    Ligne 13, d'Antoine Blocier (Krakoen, "Petit noir")
    Tu me suivras dans la tombe et autres romans, de James Hadley Chase (Folio, "Policier")
    Remède mortel, de Harlan Coben (Pocket, "Thriller")
    Les Instruments de la nuit, de Thomas H. Cook (Pointsdeux, "Pointsdeux")
    Les Mariolles, de Frédéric Dard (Pocket)
    Boarding, de Jean-Marc Demetz (Krakoen, "Petit noir")
    Voyoucratie, de Dominique Forma (Rivages, "Noir")
    La Fille cachée, de Lisa Gardner (Archipoche, "Archipoche")
    La Maison d'à côté, de Lisa Gardner (LGF, "Thriller")
    Les Plumes du dinosaure, de Sissel-Jo Gazan (LGF, "Thriller")
    Nocturne, de Martha Grimes (City, "Poche")
    The Killing, de David Hewson (J'ai lu, "Thriller")
    La Rivière perdue, de Michael Koryta (LGF, "Thriller")
    Le Diable dans la ville blanche, d'Erik Larson (LGF, "Thriller")
    Une nuit sur la mer, de Patricia J. MacDonald (LGF, "Thriller")
    La Ville des enfants perdus, de Jennifer McMahon (LGF, "Thriller")
    Lucille, de Franck Membribe (Krakoen, "Petit noir")
    Sale temps pour le pays, de Michaël Mention (Rivages, "Noir")
    Une mer sans soleil, de Anne Perry (10-18, "Grands détectives")
    Encubé, de Frédéric Prilleux (Krakoen, "Petit noir")
    Serena, de Ron Rash (LGF)
    Du bois dont on fait les pipes, de San-Antonio (Pocket, "Les Nouvelles aventures de San-Antonio)
    La Fin des haricots, de San-Antonio (Pocket, "Les Nouvelles aventures de San-Antonio)
    Chapeau, de Hervé Sard (Krakoen, "Petit noir")
    Entre deux voix : journal d'une jeune interprète de conférence, de Jenny Müller Sigot (Mon village, "Roman poche")
    Ulve la rouge, de Claude Soloy (Krakoen, "Petit noir")
    Savages, de Don Winslow (LGF, "Policier")
    Liens : À découvert |Remède mortel |La Maison d'à côté |Les Morsures du passé |Les Plumes du dinosaure |Kaïken |Le Diable dans la ville blanche |Une nuit, sur la mer |Serena |Chapeau |Savages |Voyoucratie |Sale temps pour le pays |Caché |Tu es le mal |Chamamé |The Killing |Linwood Barclay |Antoine Blocier |James Hadley Chase |Thomas H. Cook |Frédéric Dard |Jean-Marc Demetz |Gillian Flynn |Dominique Forma |Lisa Gardner |Martha Grimes |Michael Koryta |Jean-Pierre Larminier |Maurice Leblanc |Patricia McDonald |Franck Membribe |Stuart Neville |Leonardo Oyola |Anne Perry |Ron Rash | San-Antonio |Hervé Sard |Maud Tabachnik |Don Winslow |David Ellis |Roberto Costantini

  • 20/06 Édition: L'Archipel lance "Cœur noir"

Terre promise, terre dûe

Les romanciers ont parfois des idées étranges. L'odyssée de l'Exodus, un bateau rempli de juifs, pour la plupart anciens déportés, qui essaye de gagner la Palestine a déjà été racontée dans des versions romancées, historiques et cinématographiques. Ce qui devient important dans ce travail, déjà largement balisé, c'est donc l'angle d'attaque que peut utiliser un auteur qui est important. Maud Tabachnik, avec Je pars demain pour une destination inconnue, va donc se concentrer sur différents aspects. Elle embarque son action sur l'avant et l'après (évitant ainsi les grandes scènes de pathos du voyage-même). Elle démonte avec soin les efforts de l'autorité juive naissante pour préparer et équiper le bateau, pour lutter contre des arabes et des voyous qui essayent d'empêcher le départ. Puis elle développe tout le retour lorsque l'émigration aura échoué. Elle ajoute un agent secret anglais et des rencontres politiques (le cabinet anglais, les ministres français, une réunion à l'Onu), qui lui permettent de mieux présenter les enjeux autres que ceux des humains embarqués dans cette galère. Enfin, elle incarne son histoire en des personnages emblématiques mais caricaturaux (une jeune juive courageuse, un espion qui doute, un arabe fourbe, des truands mesquins). Les truands qui interviennent apparaissent également comme des anciens collaborateurs ce qui montre les limites et peut-être l'éventuelle polémique qui pourrait surgir : les traits sont très marqués et de nombreuses fois l'auteur esquisse un parallèle entre la politique coloniale anglaise et le sort des juifs sous le Troisième Reich, ajoutant même que la répression qui s'abat sur eux est souvent le fait de gens avec lesquels ils luttèrent contre les armées allemandes. De même, les arabes ou Palestiniens apparaissant sous des jours peu sympathiques (y compris à l'Onu où ils refusent de saluer les juifs qui leur tendent la main). Ce parti-pris assumé de manière consciente revient donc avec force sur un épisode connu de l'immédiate après-guerre en lui donnant de la vie et du relief, en lui offrant à travers une intrigue romancée centrée en grande partie sur la France et sur des personnages romantiques et idéalistes, une chance de rencontrer un public peu féru au courant des subtilités de l'histoire contemporaine, et peu farouche vis-à-vis de la subjectivité d'un premier récit dans une collection qui voulait s'appuyer sur une certaine véracité.

Citation

Où va-t-on les parquer, ceux là qui portent encore dans leur chair les barbelés des camps nazis ?

Rédacteur: Laurent Greusard mardi 11 décembre 2012
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