Ceux qui règnent dans l'ombre

Depuis le début de son incarcération, Daniel s'était construit un autre ailleurs, une existence exemplaire et parfaitement organisée en compagnie de Christine, une femme adorable et jolie, de deux enfants, Julie et Paul, et même d'un chien particulièrement joueur répondant au nom de Lacy. Une vie en parallèle pour fuir l'enfermement, pour ne pas tourner fou.
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Roman - Noir

Ceux qui règnent dans l'ombre

Complot - Crépusculaire MAJ lundi 01 octobre 2012

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 17 €

Nicolas Bouchard
Triel-sur-Seine : Asgard, septembre 2012
272 p. ; 24 x 16 cm
ISBN 978-2-919140-57-2
Coll. "Zones d'ombre"

Actualités

  • 31/08 Édition: Parutions de la semaine - 31 août
    Cette fois, ça y est, nous sommes en plein dedans. Pour ceux qui n'auraient pas compris, je veux parler de la rentrée littéraire. Les parutions sont de plus en plus en nombre, et l'on découvre au hasard des titres d'ouvrage quelques surprises de taille. D'abord que Dantec propose une suite à son Babylon Babies, et qu'il a quitté pour l'occasion Albin Michel pour rejoindre les toutes nouvelles éditions Ring avec à leurs commandes David Kersan épaulé littérairement parlant de Raphaël Sorin. On découvre pour l'occasion que Stéphane Bourgoin y dirige deux collections qui sont "Ring noir" et "Murder ballads".
    Le roman de la semaine et au moins du mois, si ce n'est plus, est à aller chercher chez Rivages. Il s'agit de Dernière nuit à Montréal de la Canadiene Emily St. John Mandel. Lisez notre chronique pour comprendre pourquoi nous l'aimons. Parmi les curiosités, à n'en pas douter, le nouvel opus de Nicolas Bouchard chez Asgard (point de tromperie, nous aimions déjà Nicolas Bouchard chez Après la lune, le fait qu'il soit publié tout comme Jan Thirion dans la collection "Zones d'ombre" de notre k-libriste Thomas Bauduret ne rajoute rien si ce n'est de la qualité au risque d'être traité de vil flagorneur).
    Le reste, bien sûr, est à découvrir (ou pas...), notons que Le Masque continue de rééditer Agatha Christie dans une traduction révisée ou nouvelle. Quatre pour cette fournée qui nous éloigne d'Hercule Poirot. Et que Rivages ressort en poche Les Corps déchiquetés, d'Hervé Le Corre.
    Voilà donc de (mal)saines lectures en attendant de voir ce que la semaine prochaine nous réserve !

    Grand format :
    Ceux qui règnent dans l'ombre, de Nicolas Bouchard (Asgard, "Zones d'ombre")
    Le Dernier vol des frelons, de Michel Brouard (Mon village, "Roman")
    L'Assassin à la pomme verte, de Christophe Carlier (Serge Safran)
    Fusion froide : l'autre histoire du groupe AZF, de Patrick F. Cavenair (L'Aube, "Regards croisés")
    Le Département de français, de Murielle Lucie Clément (Édilivre, "Coup de cœur")
    Satellite sisters, de Maurice G. Dantec (Ring)
    Les Pendus de Tire-Bœuf, de Pascal Daval (Galipote)
    Boum Julie, d'Alain Declercq (Janninck)
    La Persévérance du jardinier, de Marie-Hélène Ferrari (Clémentine, "Soleil noir")
    La Clique dorée, d'Émile Gaboriau (Pascal Galodé)
    Filiation mortelle, de Cyriac Guillard (Noir'éditions)
    Mauvais sang, de Manfred Kastrop (Les Nouveaux auteurs, "Thriller")
    Dans le jardin de la bête, d'Erik Larson (Le Cherche midi, "Thriller")
    Dominance, de Will Lavender (Michel Lafon)
    le Cri de l'ange, de C. E. Lawrence (Pôle noir)
    Sous la manche, de Gilles Pétel (Stock, "Bleue")
    Les Nénuphars empoisonnés, de Jean-Louis Poirey (Citron bleu, "Série noire")
    Ne jamais dire jamais, de Sara Shepard (Fleuve noir, "Territoires")
    Dernière nuit à Montréal, d'Emily St. John Mandel (Rivages, "Thriller")
    Les Poissons aux longues jambes, de Depal Stermans (L'Harmattan, "Lettres du Pacifique")
    Les Anneaux de la honte, de François Thomazeau (Archipel, "Cœur noir")
    La Dernière confession, de Charles Todd (City, "Thriller")
    Génération maudite, d'Anton Tramp (Édilivre, "Coup de cœur")

    Poche :
    La Fille du Hahn Hoa, de Thomas Bronnec (Rivages, "Noir")
    Lauragais morgue plaine, de Jean-Marie Calvet (Les Presses littéraires, "Crimes & Châtiments")
    Moody Blues, d'Yves Carchon (Les Presses littéraires, "Crimes & Châtiments")
    Associés contre le crime... d'Agatha Christie (Le Masque, "Agatha Christie")
    La Maison biscornue, d'Agatha Christie (Le Masque, "Agatha Christie")
    Passager pour Francfort, d'Agatha Christie (Le Masque, "Agatha Christie")
    Témoin muet, d'Agatha Christie (Le Masque, "Agatha Christie")
    L'Enquête, de Philippe Claudel (LGF)
    La Guérisseuse, de Géraldine Jaujou (J'ai lu, "Policier")
    Rendez-vous dans le 18e, de Jake Lamar (Rivages, "Noir")
    Les Corps déchiquetés, de Hervé Le Corre (Rivages, "Noir")
    Green War, de Jean-Marc Ligny (Lokomodo, "Zones d'ombre")
    En mémoire de la forêt, de Charles T. Powers (Pocket, "Best")
    L'Égorgerie de la Rance, d'Éric Rondel (Astoure, "Breizh noir")
    Caresser les chiens morts, de Jan Thirion (Lokomodo, "Zones d'ombre")
    Mortelle Jamaïque, de Gérard de Villiers (Gérard de Villiers, "SAS")
    La Maison du loch, de Patricia Wentworth (10-18, "Grands détectives")
    Liens : Les Cœurs déchiquetés |Dernière nuit à Montréal |Les Anneaux de la honte |Green War |Témoin muet |Caresser les chiens morts |Stéphane Bourgoin |Nicolas Bouchard |Agatha Christie |Maurice G. Dantec |Émile Gaboriau |Manfred Kastrop |Jake Lamar |Hervé Le Corre |Emily St. John Mandel |Jan Thirion |François Thomazeau

... ne sont pas là pour éclairer l'Homme.

Pour sa première incursion dans le polar contemporain, Nicolas Bouchard a retenu un questionnement qui reste encore sans réponses fiables depuis le début de l'organisation sociale de la planète Terre : qui sont les véritables maîtres du monde ? Y a-t-il une ou plusieurs puissances mystérieuses et secrètes qui décident du destin de l'humanité ?

Hanfik est totalement démoralisé. Son épouse est partie quand il a perdu son emploi. Tout ce qui constituait son existence a disparu. Dans l'appartement vide qu'il continue à louer avec ses indemnités, il ne reste que le minimum et un ordinateur avec un accès à Internet. Désœuvré, il découvre cet univers. Il l'explore, fréquente les sites pornographiques. Peu à peu, l'attrait laisse place, pour ce spectateur, à l'ennui et au dégoût. Il sombre dans la prostration.
C'est par sa messagerie, qu'il n'utilise pas n'ayant pas de contacts sociaux, que revient l'intérêt. Un message lui propose de sauver un enfant de Bogota en diffusant largement l'information.
De courriels en courriels, le sujet évolue et devient de plus en plus politique, accusant les sociétés secrètes, celles qui mènent le monde de façon occulte. Il s'implique jusqu'au petit matin où des agents du N.O.S. l'enlèvent, le torturent, l'accusent de conspiration, de terrorisme.
Il est délivré par un commando sous les ordres d'un homme qui dit s'appeler Barruel, du nom de ce jésuite, essayiste, polémiste, né au XVIIIe siècle. Il devient sa créature, créature qui, après un entrainement poussé, des initiations sanglantes, partagés avec une femme et deux hommes, se retrouve chargée de missions de plus en plus dangereuses pour lutter contre ceux qui règnent dans l'ombre.

La théorie du complot, l'existence de puissances omniprésentes, et omnipotentes, qui ont infiltré toutes les structures de pouvoir servent de base à l'intrigue que développe Nicolas Bouchard dans son premier thriller contemporain. Il place celle-ci dans un décor anonyme, des lieux non identifiés, des bâtiments sans identité. La société se délite avec le chômage. Les constructions industrielles tombent en ruines, les paysages sont ternes, gris sans relief, sans attrait.
Dans ce morne environnement, la manipulation de Marek, avec toutes les techniques employées pour le décervelage, aboutissent à faire de l'antihéros un être nouveau, modelé en guerrier, nourri des principes et des idées dont on l'abreuve jusqu'à la nausée. Ceux qui règnent dans l'ombre, qui manipulent les fantoches que sont les gouvernants, les financiers sont des ennemis qui doivent être combattus avec la plus extrême dureté : pas de pitié, ni d'humanité !

L'auteur s'appuie sur des positions que Platon a développées dans La République, sur des théories d'Augustin Barruel, (écrits et personnage repris dans le chef-d'œuvre d'Umberto Eco, Le Cimetière de Prague, Denoël) sur le Groupe de Biderberg et sur tout un fatras ésotérique lié aux sociétés secrètes.

Nicolas Bouchard examine les réactions humaines liées à l'instinct de survie, à l'endoctrinement, avec les différentes approches pour mener à bien un lavage de cerveau. Il montre comment un être à l'existence vide, devient fragile et accepte toutes les contraintes dès lors qu'on lui propose un but, qu'on l'aide à trouver un sens à sa vie. Les religions, les sectes de toutes natures, les régimes totalitaires emploient ces méthodes avec le succès que l'on connait. Il brosse, également, la dissociation de l'individu et, à travers Barruel, la mégalomanie dont certains sont atteints. On ne peut s'empêcher, à la lecture de ce passionnant roman, de penser à quelques affaires tragiques qui ont fait l'actualité récente.
Il pointe l'usage d'Internet, sa possibilité de diffusion d'informations sans contrôle, ni vérification, avec tous les dangers que cela représente.

Ceux qui règnent dans l'ombre est une subtile et puissante évocation de la lutte éternelle du Bien contre le Mal. Nicolas Bouchard, avec son sens du récit, son art du suspense, avec un thème d'actualité brûlante, signe un superbe roman.

Citation

La vérité ne se présente jamais simple et lumineuse aux yeux des mortels. Elle se cache derrière les écrans de mensonges édifiés par les ennemis de l'humanité.

Rédacteur: Serge Perraud jeudi 13 décembre 2012
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