Le Corbeau de Caroline

Jenn ne fut guère plus avancée après avoir interrogé son père sur la marée noire. Accaparé par les préparatifs annuels de la fête de la bière de Seattle, Bruce McDaniels répondit à ses questions par des grommellements.
Elizabeth George - L'Île de Nera
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

La Guerre est une ruse
Frédéric Paulin retrace avec intelligence l'histoire violente de l'Algérie entre 1992 et 1995, un...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

dimanche 18 août

Contenu

Roman - Policier

Le Corbeau de Caroline

Chantage MAJ mercredi 05 décembre 2012

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 18 €

Michel Dejolier
ACAT, octobre 2009
26 p. ; 21 x 15 cm
ISBN 978-2-87471-037-7

Charlotte aux pruneaux

À Charlotte, en Caroline du Nord, un couple reçoit de mystérieux extraits d'un journal intime, annonciateur de catastrophes qui adviennent presque simultanément et qui vont crescendo. Lui est avocat, elle est fille de milliardaire. Leur couple bat de l'aile et ces nouvelles épreuves ne sont pas faites pour arranger les choses. D'où viennent ces lettres qui paraissent dater d'un autre temps ? Qui est ce corbeau qui semble si intimement connaître ses victimes ? Et jusqu'où peut aller le souci de nuire qui l'anime ?

Belle surprise que ce livre publié par un éditeur belge qui, bien que ne cachant pas son principe d'édition à compte d'auteur, est visiblement soucieux de proposer des ouvrages de qualité. Michel Dejolier y fait preuve d'un art de l'intrigue assez impressionnant. Malgré un style un peu trop sage, manquant parfois de fantaisie, il aligne ses chapitres avec une précision d'horloger suisse (ce qui est ballot pour un Belge). Les rebondissements sont de vrais rebondissements qui prennent toujours le lecteur à contrepied et même si on pressent la conclusion de l'affaire et l'identité des coupables presque dès la moitié du livre, l'envie de vérifier que l'on ne s'est pas trompé est si forte qu'on à bien du mal à lever son nez du volume.

Ce bouquin m'a fait penser aux enquêtes du célèbre Columbo où le fait de connaître l'identité de l'assassin dès les premières minutes n'empêche pas le spectateur de s'intéresser à la manière dont le subtil lieutenant parviendra finalement à le démasquer. Et dans Le Corbeau de Caroline, jusqu'à la dernière page, tout s'enchaine à la perfection, tout est crédible, tout est millimétré. Du grand art. Je connais pas mal d'auteurs de polar, et pas des moins célèbres, qui pourraient humblement venir demander quelques conseils, à ce sujet à Michel Dejolier.

Bon, si l'on veut chipoter et trouver tout de même une faiblesse à ce roman, comme je l'ai déjà signalé, c'est dans le domaine du style qu'il convient de la rechercher. Enfin pas vraiment du style en tant que tel, car le livre est écrit dans un français impeccable, mais dans tout ce qui participe à créer l'ambiance, l'atmosphère, tous ces petits détails qui peuvent sembler inutile (comme la salade dans une assiette de charcuterie) mais qui apportent de la vie. La psychologie des héros, assez impersonnels, très "série américaine", m'a par exemple semblé un peu sommaire, rendant difficile toute réelle empathie ou identification avec eux.

Dans le même ordre d'idées, la narration, qui privilégie les dialogues et ne s'embarrasse pas de descriptions superflues, ne laisse de ce fait pas beaucoup de place à des digressions susceptibles d'amener un peu plus d'épaisseur à l'ensemble. J'ai d'ailleurs eu énormément de mal à extraire du volume une citation qui puisse garder un quelconque intérêt une fois retirée de son contexte. Mais ces quelques faiblesses que je pointe du doigt sont néanmoins à relativiser, car je suis persuadé que cette économie de moyens et cette volonté d'aller droit au but – qui permettent à l'auteur de maintenir une tension maximum tout au long de son livre – pourront aussi bien être perçues par d'autres lecteurs comme étant des atouts indiscutables.

Allez, malgré ces petites réticences qui ont été les miennes (c'est plus fort que moi, même quand je veux être gentil, je ne peux pas m'empêcher de râler), je n'en classe pas moins ce roman dans le top cinq des livres qui m'ont le plus emballé depuis que j'ai entamé cette chronique, il y a presque deux ans.

Ce qui n'est quand même pas si mal, non ?

Vous pouvez retrouver toutes les chroniques à L'Heure des comptes !

Citation

– Comment vous appelez-vous
– Henri Miller. Il paraît qu'il y a un écrivain qui s'appelle comme ça. Moi je sais à peine écrire.

Rédacteur: Stéphane Beau lundi 19 novembre 2012
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page