Le Vallon des parques

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Roman - Thriller

Le Vallon des parques

Historique - Tueur en série MAJ mercredi 09 janvier 2013

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 20 €

Sylvain Forge
Paris : Le Toucan, janvier 2013
500 p. ; 23 x 14 cm
ISBN 978-2-8100-0526-0
Coll. "Toucan noir"

Actualités

  • 15/12 Édition: Passage en caisse de la semaine - 15/12/2017
    Comme la semaine dernière, seulement douze ouvrages sont répertoriés par l'hebdomadaire Livres hebdo dans son édition du 15 décembre 2017. Si vous étiez tentés de vous repaitre de la totalité des romans (ou nouvelles !) policiers et d'espionnage, il vous faudrait débourser la somme de 140,75 €. Et encore, pour peu que le créole ne soit pas votre langue d'adoption, vous pouvez économiser 8,25 €. et deux cents trente-huit pages de lecture, et ce d'autant plus qu'il s'agit d'une réédition de circonstance puisque ce roman de Noël d'Olivier Arrighi chez Caraïbéditions est déjà paru en 2010. Et puis si votre libraire favori, qui rappelons-le est un libraire de proximité, vous fait la remise de cinq pour cent qu'il est en droit de vous faire, vous ferez presque l'économie du premier volet du premier volet des enquêtes du commissaire Pierucci de Marie-Hélène Ferrari chez Clémentine (c'est drôle une Ferrari associée à Clémentine...). Et ce d'autant qu'il s'en trouvent deux dans cette liste. Sinon, l'éditeur parisien Lajouanie continue de monter tranquillement sa collection de "Roman policier mais pas que.." et d'aller piocher du côté de feue "Zone d'ombre" du Wartberg. À son catalogue cette semaine, Pascal Jahouel et Jean-Michel Lecocq. L'éditeur normand de la Gronde fait paraitre un recueil de nouvelles au titre poulpesque, Les Douze sales polars en Normandie, et notre collaborateur Jean-Noël Levavasseur est de l'aventure. C'est le meilleur titre pour un ouvrage policier de la semaine. Cicéron Angledroit pouvant lui prétendre au pire nom d'auteur. Comme d'habitude, faites votre choix et... à vous de lire !

    Romans policiers et d'espionnage :
    - Tout est bon dans l'boulon, de Cicéron Angledroit ("Le Palémon, "Enquêtes en série : police. Les Enquêtes de Cicéron" - 248 p. ; 10,00 €.)
    - Pasé on bel Nwel lieutenant Simeoni, d'Olivier Arrighi (Caraïbéditions, "Poche" - 238 p. ; 8,25 €.)
    - L'Illusion du Soleil noir, de Robert Anaïs (Terres de l'Ouest, "Une aventure du cycle Jean Letoc" - 360 p. ; 18,00 €.)
    - L'Enquête italienne : la première enquête de Hadrien Allonfleur, d'Irène Chauvy (Ex Æquo, "Rouge" - 40 p. ; 5,00 €.)
    - Les Douze sales polars en Normandie, collectif (La Gronde - 250 p. ; 15,00 €.)
    - Comme une absence de lumière, de Marie-Hélène Ferrari (Clémentine, "Une enquête du commissaire Pierucci" - 464 p. ; 7,80 €.)
    - Le Destin ne s'en mêle pas, de Marie-Hélène Ferrari (Clémentine, "Une enquête du commissaire Pierucci" - 422 p. ; 7,80 €.)
    - Le Vallon des Parques, de Sylvain Forge (Le Toucan, "Toucan noir poche" - 506 p. ; 8,90 €.)
    - Sous-pression : une enquête de BHL, de Pascal Jaouel (Lajouanie, "Roman policier mais pas que..." - 240 p. ; 18,00 €.)
    - Un charmant petit village, de Jean-Michel Lecocq (Lajouanie, "Roman policier mais pas que..." - 264 p. ; 18,00 €.)
    - Dites-moi que je suis fou, de Math Lopez (Ex Æquo, "Rouge" - 114 p. ; 12,00 €.)
    - Une si vieille histoire, de Yves Paganelli (Septéditions - 82 p. ; 12,00 €.)
    Montant de l'achat de la globalité des ouvrages parus cette semaine : 140,75 €.
    12 livres représentant 3228 pages soit 461 pages à lire par jour pour en arriver à bout.


    Liens : Sylvain Forge

  • 10/04 Prix littéraire: Cognac : jury des lecteurs 2013
  • 18/01 Édition: Parutions de la semaine - 18 janvier

Homo lupus homini

L'homme est un loup pour l'homme... Très vite, derrière les vernis de civilisations, les véritables passions apparaissent, et les périodes de guerre sont toujours un révélateur exacerbé de ces évidences. Dans Le Vallon des parques, c'est avec une triple structure que ce phénomène se met en forme avec, au départ, la campagne de Russie pendant la Seconde Guerre mondiale. Au sein des armées allemandes qui envahissent les plaines russes, un archéologue nazi découvre la puissance du sadisme, la joie du meurtre, et le plaisir d'être de la race supérieure, délivré des faux semblants pour accéder à la véritable humanité. Mais on parle-là des nazis dans des contrées lointaines...

Sylvain Forge nous emmène ensuite dans les campagnes qui entourent Vichy en 1942. Les montagnes d'Auvergne sont aussi sauvages que les russes, et témoignent des luttes entre résistants et collabos, des luttes entre les différents groupes collaborationnistes et les forces allemandes, des pulsions sadiques à assouvir des miliciens, des officiers S.S., voire des chefs de la résistance qui aimeraient comme de bien entendu profiter de leur pouvoir pour filer le parfait amour avec les pauvres paysannes isolées. Ce deuxième cercle se complexifie avec la présence d'un tueur en série qui déchiquette les petites filles et qui n'est pas sans rappeler un certain Joseph Vacher qui, dans une cavale sanguinaire à la fin du XIXe siècle, tua une vingtaine de personnes, et qui fut à l'origine du film de Bertrand Tavernier Le Juge et l'assassin. Alors, la civilisation peut-elle résider dans les villes ? Sûrement pas dans le microcosme vichyssois où les rivalités sont dures avec de petits policiers qui surveillent leurs chefs, des chefs de service qui doivent louvoyer entre la fidélité républicaine et la vertu morale tout en gardant à l'esprit qu'il faut servir les nouvelles puissances sans s'aliéner les futurs vainqueurs. Des endroits où chacun négocie ses alliances et trahit pour son propre bénéfice, sur fond policé.

Tout le talent de Sylvain Forge consiste à alterner les points de vue, à les incarner dans des personnages vivants et forts (une paysanne amoureuse, un chef de résistance, un policier juif, un commissaire qui a fort à faire avec sa fille handicapée, une cocotte obligée d'espionner...) pour faire avancer une intrigue assez balisée, racontée de manière feuilletonesque mais en conservant une qualité de roman classique. L'arrière-plan historique qui est souvent plus qu'un arrière-plan, décrit avec réalisme, la description aiguë des tensions - y compris physique - entre les acteurs de l'histoire, la façon de montrer les personnages pris dans les contradictions à la fois de leurs intérêts et de la période, propice aux incertitudes créent une atmosphère qui restitue avec soin les ambivalences du temps et des humains, la façon dont les vernis craquellent vite devant l'urgence des désirs ou de la survie.

Citation

Quelque chose d'acide et de poisseux fourmillait dans sa gorge. On va s'en sortir, ne t'inquiète pas. Il essayait de se convaincre lui-même.

Rédacteur: Laurent Greusard mercredi 09 janvier 2013
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