Guide du Paris des faits divers : du Moyen Âge à nos jours

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Essai - Policier

Guide du Paris des faits divers : du Moyen Âge à nos jours

Faits divers MAJ mercredi 13 mars 2013

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Réédition

Tout public

Prix: 22 €

Rémi Gardebled, Lucas Gardebled, Serge Garde & Valérie Mauro
Paris : Le Cherche midi, février 2013
378 p. ; illustrations en couleur ;
ISBN 978-2-7491-2946-4
Coll. "Document"

Paris canaille

Dans le prolongement de l'engouement pour le Paris historique mis à la mode par le fameux Métronome de Lorant Deutsch, voici la réédition revisitée d'un intéressant travail de 2004 qui ravira les amoureux de la petite et de la grande histoire parisienne. Serge Garde, grand reporter spécialisé dans les publications et les tournages s'appuyant sur le monde judiciaire (affaire Grégory, mafia, médecine légale, affaire d'Outreau) s'est entouré de collaborateurs efficaces pour mener cette lourde tâche à bien.
Jugez-en : plus de mille faits divers référencés par arrondissements à l'intérieur desquels les rues sont répertoriées par ordre alphabétique avec le numéro précis de la rue où a eu lieu le fait divers. De plus, chaque notule possède un chiffre qui renvoie à un plan de l'arrondissement ! Outre deux pertinents cahiers photographiques qui concernent bien sûr des faits divers racontés, l'ouvrage se clôt par deux impressionnants index des noms propres cités puis des lieux. On n'éprouvera donc plus la honte de ne pas connaître l'histoire criminelle de son quartier : "Est-ce que tu sais qu'Émile Zola est mort asphyxié en face de chez toi ?", "Oui, et je peux te dire que pas loin, place Blanche, Henri Rochette a détourné deux cents millions au Crédit minier dans les années 1930 tandis que le gang des postiches a fait un casse spectaculaire au Crédit Lyonnais en 1986."
Si ce guide est avant tout destiné aux Parisiens et autres fous de la capitale, il n'en est pas moins un tour d'horizon pertinent sur la criminalité du Moyen Âge aux années 2000. On retiendra de l'ouvrage sa lecture facile et distrayante car variant constamment sur les genres. On vole, on tue, on escroque, on réprime, mais les auteurs n'oublient pas pour autant les grandes catastrophes comme celle de l'Incendie du Bazar de la Charité en mai 1897 où périrent plus d'une centaine de mondaines, ou celle du métro à la station Belleville en 1903 où les passagers chantent et réclament le remboursement du billet pour évacuer comme le leur commande le conducteur qui voit le feu du convoi précédent les gagner par le tunnel. Punition pour les radins : quatre-vingt-quatre morts. Cette tragédie fut à l'origine de l'interdiction des wagons en bois et l'établissement des issues de secours et des éclairages électriques indépendants.
Certaines notules sont vraiment courtes : ainsi, au 189 rue de Charenton dans le 12e, "revenant du temple de Charenton, des protestants sont assaillis par une bande armée, le 26 septembre 1621. Leur pasteur est massacré." Rue du Faubourg-Poisonnière dans le 9e, "le bourreau Charles H. Sanson loge au n° 81". Des affaires célèbres sont plus amplement développées. Landru, tout d'abord, avec ses innombrables adresses combinées avec celles de ses victimes, mais aussi Carlos, Ben Barka, Boulin, Dreyfus, Violette Nozière, Ravachol, René La Canne, Jacques Feish qui connaît la rédemption en prison avant d'être décapité, Marius Jacob, le célèbre cambrioleur au parapluie, Patrice Alègre, Pauline Dubuisson, Sylvie Paul l'ancienne déportée, Petiot, De Broglie, le policier dépeceur Prévost confondu par une blanchisseuse physionomiste, le gang des Barbares, la fusillade du Thélème, Weidmann, le tueur de petite fille Soleilland qui fit capoter le projet d'abolition de la peine de mort, l'ogresse de la Goutte-d'Or Jeanne Weber, Cartouche, la marquise de Brinvilliers, l'affaire du Collier...
Les auteurs consacrent un long article aux exécutés de la place de l'Hôtel de Ville dite la Place de Grève (4e arrondissement). On y apprend qu'en 1763, une servante pendue pour avoir volé des vêtements à son patron se réveille sur la table de dissection d'un chirurgien qui a acheté son cadavre. "Ranimée, elle fuit Paris." On la comprend.

Citation

Le fait divers transforme les lecteurs en rescapés, et ramène brutalement dans leur quotidien la Mort qui a cessé d'être familière.

Rédacteur: Michel Amelin mardi 12 mars 2013
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