Les Anges aux figures sales

Pour la première fois depuis qu'ils s'étaient rencontrés, Isabeau eut l'impression que le notaire ne jouait pas et ne trichait pas avec les mots. Il fit attention de graver dans sa mémoire l'expression du visage d'Évariste afin d'avoir un point de comparaison pour les futures pirouettes verbales que le notaire ne manquerait pas de faire.
Oren Miller - J'agonise fort bien merci
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mercredi 19 décembre

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Film - Policier

Les Anges aux figures sales

Gang MAJ vendredi 04 octobre 2013

Note accordée au livre: 4 sur 5


Inédit

Tout public

Prix: 0 €

Michael Curtiz
Angels with Dirty Faces - 1938
Paris : Warner Bros., novembre 1938
noir & blanc ;

Ange gardien

Les Anges aux figures sales est un film de gangsters à l'approche sociologique, qui prêche que c'est la société américaine urbaine qui crée le criminel. À cette époque, seul James Cagney est capable de dénoncer le crime sociétal, et il ne va pas se gêner. Ce film de Michael Curtiz (que l'on connait pour Casablanca), pose dès le début le sujet. Deux adolescents, Jerry et Rocky, sont pourchassés par des policiers après avoir fracturé un wagon de marchandises. L'un court plus vite que l'autre et s'échappe : c'est Jerry. L'autre, Rocky, se retrouve en maison de redressement à payer pour les deux. Et le scénario de John Wexley ne laisse aucune illusion au retour dans le droit chemin. Cassé par les travaux forcés et le système carcéral, Rocky se fait un nom dans le crime à coups de manchette de journaux. Quinze ans plus tard, libéré une nouvelle fois, il revient à Hell's Kitchen, son quartier d'enfance, et retrouve Jerry, maintenant devenu prêtre. Entretemps, il s'est fait arnaquer par Jim de cent mille dollars qu'il entend bien récupérer.

Dans ce monde adulte et sombre, Rocky, c'est James Cagney, qui interprète un gangster pour qui la loyauté, le respect et la fidélité sont plus haut que tout, Jerry, c'est Pat O'Brien, un homme qui a pu saisir sa chance par l'entremise de Rocky, est entré dans les ordres, et qui maintenant se dévoue à sa vocation, remettre les enfants abandonnés à la rue sur de bons rails, et Jim, c'est Humphrey Bogart, le brigand sans foi ni loi, l'éternel méchant, qui a laissé écoper son complice en lui promettant de veiller sur sa fortune, de la faire fructifier, d'étendre un territoire, et de l'attendre comme associé à cinquante pour cent. Ces trois anges aux visages différents vont évidemment se confronter, et dans une Amérique qui ignore sa culpabilité derrière un paravent puritain, force va rester à l'Église. Car le père Connelly va entamer une campagne contre les fripouilles qui phagocytent la cité à partir d'un élément mineur et de désaccord. Et il ne va pas tarder à mettre à jour les premières brèches annonciatrices du retour de la justice.

Le rôle imposé à James Cagney est un joli rôle. Gangster idolâtré, on ne peut lui en vouloir de tuer ses ennemis, tant ils sont antipathiques et calculateurs alors que lui est intègre. Les rues sont abandonnées par la loi aux affres et errements de bandes de jeunes désœuvrés. Le retour à la liberté de Rocky révèle également une ascension très rapide dans la pègre sur fond de chantage (il détient un carnet avec les noms des personnalités corrompues) et de jovialité (cet ange-là se sent pousser des ailes rien qu'à l'évocation de Laura, la ravissante Ann Sheridan). Mais Les Anges aux figures sales n'est pas un énième film de gangsters comme les autres. D'abord, il ne permet pas à James Cagney de profiter un seul instant de ce que pourraient lui procurer ses méfaits : il a déjà passé près de quinze ans derrière les barreaux, et sa déchéance programmée ne lui permet que quelques semaines de répit et de célébrité dans la rue auprès de jeunes délinquants ; ensuite, on ne lui offre pas la fin qu'il mérite, et ce par deux fois. La première, lors d'une fusillade contre les forces de l'ordre, et où il doit se rendre faute de munitions. La seconde, lorsque condamné à la chaise électrique, Jerry, le père Connelly, vient lui demander de demander grâce au moment d'affronter la chaise électrique, et de mourir en lâche, pour ne pas rester un héros aux yeux des enfants de la rue. Comme un symbole, la dernière scène montre le père Connelly venu chercher les enfants abattus dans leur repaire, qui remonte avec eux un escalier vers la lumière. Les anges aux figures sales vont enfin laver leurs pêchers.

Les Anges aux mains sales (97 min.) : réalisé par Michael Curtiz sur un scénario de John Wexley, Warren Duff, Ben Hecht (non crédité) et Charles MacArthur (non crédité) d'après l'histoire de Rowland Brown. Avec : James Cagney, Pat O'Brien, Humphrey Bogart, Ann Sheridan, George Bancroft...

Illustration intérieure


Citation

On n'abat pas un prêtre comme on tue une fripouille.

Rédacteur: Julien Védrenne jeudi 19 septembre 2013
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