Le Cadavre dans la voiture rouge

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vendredi 17 novembre

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Roman - Noir

Le Cadavre dans la voiture rouge

Psychologique - Social MAJ mardi 09 juin 2009

Note accordée au livre: 2 sur 5

Poche
Réédition

Tout public

Prix: 7 €

Ólafur Haukur Simonarson
Likio i rauda bilnum - 1986
Préface de Steinunn Lebreton
Traduit de l'islandais par Frédéric Durand
Paris : Points, janvier 2009
284 p. ; 18 x 11 cm
ISBN 978-2-7578-1200-6
Coll. "Roman noir"

Petits secrets dans le brouillard islandais

Jonas est à la dérive. Son cousin lui trouve un emploi d'enseignant dans une école à Litla-Sand, village coincé entre son port de pêche et ses conserveries, au fin fond de l'Islande. Jonas n'a jamais été enseignant mais c'est une opportunité qu'il n'a pas d'autre choix que de saisir. Après un périple en bus aux côtés d'un chauffeur un peu trop bavard, il se retrouve plongé dans une classe pour y enseigner le danois et l'anglais. Buvant un mauvais café en salle des professeurs, il apprend que son prédécesseur a disparu. Disparu ? Disons que son absence ne semble pas préoccuper outre mesure les membres de la communauté villageoise. Il est parti, voilà tout. Mais Jonas s'ennuie et décide d'en savoir plus, enquêtant entre sourires hypocrites et tentatives de meurtres.
Simonarson décrit à merveille cette ambiance méphitique, les joies de la vie dans une petite communauté où tout le monde craint tout le monde, où l'on fait un distinguo entre ennemis (à peu près tout le monde) et amis (on ne sait pas trop qui). Des clans se créent en fonction des intérêts des uns et des autres mais surtout des puissants, c'est-à-dire ceux entre les mains desquels se concentrent les moyens de production. De ces clans, il ressort ce silence et cette lenteur qui protègent et arrangent tout le monde : "Tu pisses dans tes bottes et il n'y a rien d'autre à faire qu'à attendre que l'urine sèche." Il y a la jolie fille qu'on dit folle et nymphomane, le garçon craintif un peu idiot, et les autres : les méchants. Jonas était venu chercher la tranquillité dans un port de pêche, il se retrouve dans un bourbier embrumé, de l'eau jusqu'à la taille, de la neige dans les cheveux et un cadavre introuvable sur les bras.
On passe un agréable moment de lecture, on est imprégné de ce nuage de brouillard mais on attend impatiemment le fameux cadavre dans la voiture rouge. C'est un roman dont l'atmosphère pesante vous enveloppe sans pour autant vous envoûter. Il y manque un petit quelque chose, ce petit truc en plus qui fait que l'on passe d'un bon à un excellent livre.

Citation

Le brouillard ! s'exclama-t-il. Dans le coin nous n'appelons pas ça du brouillard. C'est une belle journée d'été mon garçon. Ce n'est que quand il faut faire marcher deux hommes devant la voiture qu'on peut parler de brouillard.

Rédacteur: Gilles Marchand lundi 08 juin 2009
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