Les Gravats de la rade

Je ne voudrais pas te paraître pessimiste, mais la vérité n'est pas de ce monde. Il n'y a pas d'innocents. La vérité est peut-être de l'autre monde. Mais l'autre monde n'étant ouvert qu'aux innocents, je le vois vide et désert. La vérité est infréquentable. Parole de flic.
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mardi 25 juin

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Roman - Policier

Les Gravats de la rade

Historique - Terrorisme MAJ mardi 01 décembre 2015

Note accordée au livre: 2 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 10,9 €

Marek Corbel
Gudensberg-Gleichen : Wartberg, septembre 2015
206 p. ; 20 x 12 cm
ISBN 978-3-8313-2795-9
Coll. "Zones noires"

À quai

Une vieille dame, Marie Le Moign, veuve du grand patron d'une entreprise de charcuterie réputée, trouve la mort dans l'incendie de sa maison. C'est la gendarmerie qui est chargée de l'enquête de routine. Sauf que très vite, la perspective de classer le dossier sans avoir eu le temps d'en taquiner l'élastique s'éloigne. Le capitaine Gourmelon (Laurent pour les dames) et son adjoint, nommé ici Rivoal, découvrent que la victime a d'abord, et même surtout vu que c'est de ça dont elle est morte, pris du plomb dans la carcasse. Why (en breton, pourquoi) puisqu'elle vivait seule, simplement aidée d'une voisine, ayant répudié sa fille lesbienne partie vivre hors de l'hexagone, et ayant déjà décidé que le gros de sa fortune irait à son fiston, hétéro lui, quand elle casserait sa pipe ? L'arme du crime : un flingue, mais lequel ? Impossible à déterminer. À croire que c'est la même arme dont Hans Schwitzer s'est servi pour se faire sauter le caisson avant de se laisser engloutir par les flots car là aussi : impossible d'identifier le calibre du browning (clin d'œil à Tintin... et Milou). Schwitzer (dont la montre s'arrête régulièrement sur minuit depuis qu'il est docteur... n'importe quoi !) est un ancien terroriste allemand de la Fraction Armée Rouge, laquelle a principalement sévi dans les années 1970 et 1980. Sorti de prison mais condamné par le crabe, Hans est venu mourir en Bretagne. Pourquoi ? Là aussi : mystère et cormoran (ne m'appelez plus jamais France). Comme on est à Brest, y a pas seulement une gendarmerie, y a aussi une gendarmerie maritime. C'est là qu'officie le lieutenant Sahliah Oudjani. L'enquête sur le Fridolin l'emballe pas des masses. Faut dire qu'elle est pas de la région et que sans son amie Wahiba, elle s'emmerderait ferme la Nordiste (ben oui, elle est de Roubaix). Et pis v'là t'y pas qu'elle est piquée dans son orgueil parce qu'on lui retire l'enquête pour cause de trop gros poisson (Schwitzer a fréquenté la bande à Baader et Carlos dans sa jeunesse). Alors là ça change toute la donne. Surtout que ce que je vous annonçais un peu plus haut se confirme : le flingue ça se pourrait bien que ce soit le même, et que les deux morts aient bien évidemment un rapport... Reste plus qu'à s'associer entre gendarmeries, et que l'équipe Gourmelon/Oudjani se mette en branle (les veinards !).
Bon, je ne vais pas faire durer le suspense plus longtemps : je n'ai pas accroché du tout. Je précise immédiatement que j'ai lu le roman au moment des attentats de Paris du 13-Novembre et que par conséquent je suis peut-être passé à côté pour des raisons autres que le style, la qualité de l'énigme, le rythme du récit, que sais-je ?, disons pour des raisons non littéraires genre polar. Donc je ne vais pas m'étendre et pas descendre le roman non plus. J'affectionne les parutions des éditions Wartberg en général donc si vous aimez l'Histoire (car une partie de l'intrigue se passe en 1943 avec des résistants communistes, il y a d'ailleurs régulièrement des flashbacks mais c'est très bien fait car à chaque action la date est précisée que se soit pour 1943 ou 2011, et un personnage que je n'ai pas évoqué, qui s'appelle Maryse, profite de sa retraite de l'Éducation nationale pour reprendre un master d'Histoire et son mémoire traite de la résistance à Brest pendant l'Occupation, ce qui va la mêler à l'intrigue mais je n'en dis pas plus) et les affaires policières en province allez-y, lisez-le, vous y trouverez sûrement votre compte puisque l'auteur, Marek Corbel, est breton, qu'il connaît parfaitement les lieux où il a situé son action, et qu'il est en plus évident qu'historiquement il s'est documenté. Je dirais juste qu'il y a quelque chose dans la forme qui m'a gêné, que je ne saurais expliquer, mais que je peux vous livrer par un exemple très simple : un personnage met un disque et l'auteur précise que ce n'est ni Brassens, ni Ferré, ni Ferrat. Mais il ne nous dit pas non plus ce que c'est. Du coup j'ai relu le passage plusieurs fois en me disant j'ai raté l'info. Mais non, il ne nous dit pas ce que c'est. Juste ce que ce n'est pas. Alors comme il y a un vers de la chanson j'ai réussi à retrouver sur Internet que c'est une chanson écrit par Pierre Mac Orlan qui s'appelle "Fanny de Laninon". Après peut-être que c'est moi qui suis inculte en chant breton, et j'aurai au moins appris quelque chose, mais c'est surtout que tout le roman est tourné comme ça, à l'envers (pour moi). Au lieu de "elle écoute untel" c'est "elle n'écoute pas untel". Brest... ou bref, je passe la main mais honnêtement, et en bon Normand, je ne déconseille pas de s'y aventurer sans conseiller le contraire (moi aussi je peux le faire à l'envers !).

Citation

Enroué par sa sortie du week-end, Laurent Gourmelon ne cherchait même plus à dissimuler le singulier émoi procuré par les poses faussement suggestives de Sahliah. Des mouvements et gestes familièrement tactiles alternaient avec des postures militaires toutes rigides.

Rédacteur: François Legay mardi 01 décembre 2015
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