Le Lagon noir

Comment pouvait-on confondre le monde de cape et d'épée de la CIA avec quelques types qui pondent des slogans accrocheurs pour des laxatifs et des céréales ?
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mardi 16 août

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Roman - Policier

Le Lagon noir

Social - Disparition - Trafic MAJ jeudi 03 mars 2016

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 20 €

Arnaldur Indridason
Kamp Knox - 2014
Traduit de l'islandais par Éric Boury
Paris : Métailié, mars 2016
320 p. ; 22 x 14 cm
ISBN 979-10-226-0419-2
Coll. "Noir - Bibliothèque nordique"

Actualités

  • 05/09 Site Internet: Cercle polar sur Télérama
    À un rythme aléatoire qui oscille entre le mensuel et le bimensuel, sur le site de Télérama, Christine Ferniot et Michel Absecat animent l'émission radiophonique Cercle polar. Le plus souvent, il s'agit pour les deux journalistes littéraires de présenter en une quinzaine de minutes deux romans qui ont suscité leur attention, mais parfois ils laissent la parole à un, voire deux romanciers pour une interview sans limite de temps. Nous allons revenir progressivement sur les émissions passées afin de vous faire (re)découvrir avec le recul, les choix de Cercle polar.

    Liste des émissions Cercle polar :

    #180 (11/06/2016) : L'Enfer est au bout de la nuit, de Malcom Mackay (Liana Lévi), Une offrande à la tempête, de Dolorès Redondo (Mercure de France) & Cat 2.15, d'Antonin Varenne (La Manufacture de livres).
    "Pays basque, Guyane ou Écosse... trois destinations et trois ouvrages au programme de Cercle Polar, l'émission qui voyage dans tous les pays du noir."
    Lien vers l'émission (16:55)

    #179 (28/05/2016) : Entretien avec François Guérif.
    "Il est le créateur de 'Rivages-Noir', qui vient de publier son n° 1000. James Ellroy, Dennis Lehane, Hervé Le Corre... et bien d'autres encore nous on émus, et cela grâce à lui. François Guérif est l'invité de Cercle Polar."
    Lien vers l'émission (36:26)

    #178 (23/04/2016) : Meurtres rituels à Imbaba, de Parker Bilal (Le Seuil), Rural noir, de Benoît Minville (Gallimard) & Les Enfants du Cap, de Michèle Rowe (Albin Michel).
    "Trois ouvrages au programme de Cercle Polar aujourd'hui et trois voyages inhabituels : au Cap avec Michèle Rowe, au Caire avec Parker Bilal, mais aussi à Tamnay-en-Bazois en compagnie de Benoit Minville."
    Lien vers l'émission

    #177 (09/04/2016) : Entretien avec Richard Price pour son nouveau roman The Whites (Presses de la Cité).
    "Cercle Polar reçoit l'un des plus grands écrivains américains contemporains. Avec son dernier roman en noir et blanc, The Whites, Richard Price ne déçoit pas."
    Lien vers l'émission (18:39)

    #176 (04/04/2016) : Le Lagon noir, d'Arnaldur Indridason (Métailié) & Condor, de Caryl Férey (Gallimard).
    "Caryl Férey est un écrivain voyageur qui a choisi le roman noir pour rendre compte de ce qui l'agite. Il parcourt les pays qu'il met en scène, loin des chemins touristiques, en dresse une géographie intime [...] Arnaldur Indridasson aime mener deux intrigues de front et s'appuyer à la fois sur l'histoire de son pays et ses secrets plus intimes. Mais ce qui fait le charme principal de cet excellent roman policier, c'est le plaisir ressenti à accompagner un héros dont nous connaissons en partie l'avenir."
    Lien vers l'émission (20:41)

    #175 (12/03/2016) : Berlin 49, de Joseph Kanon (Le Seuil) & Le Grand jeu, de Percy Kemp (Le Seuil).
    "Deux romans d'espionnage, deux merveilles d'aventure et de réflexion philosophique au passage."
    Lien vers l'émission (18:56)

    #174 (27/02/2016) : Entretien avec Giancarlo De Cataldo.
    "Giancarlo De Cataldo, magistrat, écrivain, auteur du fameux Romanzo criminale qui l'a propulsé à l'avant-scène du roman noir, poursuit son portrait ravageur de Rome en capitale de la mafia avec son nouveau roman, écrit avec le journaliste Carlo Bonini, Suburra. Le roman est passionnant et nous avions mille questions à lui poser. Il est l'invité de Cercle polar."
    Lien vers l'émission (41:00)

    #173 (13/02/2016) : Les Salauds devront payer, d'Emmanuel Grand (Liana Lévi) & Viens avec moi, de Castle Freeman Jr. (Sonatine).
    "Cette semaine, dans notre émission spéciale polar, deux romans au goût corsé."
    Lien vers l'émission (15:57)

    #172 (23/01/2016) : Il reste la poussière, de Sandrine Collette (Denoël) & Plateau, de Franck Bouysse (La Manufacture de livres).
    "Deux auteurs français pour commencer cette année 2016. Deux romans aux inspirations cousines, les grands espaces sauvages, la rudesse du monde qu'ils mettent en scène, la noirceur de leur vision, l'approche intimiste, au plus près des personnages... Sandrine Collette et Franck Bouysse sont deux valeurs qui montent."
    Lien vers l'émission (17:43)

    #171 (02/01/2016) : Les Portes de l'enfer, de Harry Crews (Sonatine) & Épilogue meurtrier, de Pétros Márkaris (Le Seuil).
    "Un inédit d'Harry Crews qui nous entraîne dans les tréfonds d'une cour des miracles du sud des États-Unis et une suite aux aventures du commissaire Kostas Charitos, flic athénien désabusé aux prises avec la dure réalité grecque."
    Lien vers l'émission (14:43)

    #170 (21/12/2015) : Les Infâmes, de Jax Miller (Flammarion) & Le Fils, de Jo Nesbø (Gallimard).
    "Deux histoires de vengeance et de rédemption, deux textes parfaitement vissés, virtuoses et violents : multiplicité des personnages, sens du rythme, rage et énergie, le roman noir au mieux de sa forme."
    Lien vers l'émission (18:09)

    #169 (21/11/2015) : Ténèbres, ténèbres, de John Harvey (Rivages).
    "Pour dire adieu à Charlie Resnick, le héros de John Harvey, il fallait bien une émission toute entière. Hommage à un personnage courageux, mélancolique et solitaire."
    Lien vers l'émission (12:41)

    #168 (07/11/2015) : La Quête de Wynne, de Aaron Gwyn (Gallmeister) & Le Premier mai tomba la dernière neige, de Jan Costin Wagner (Jacqueline Chambon).
    "Amateurs de textes singuliers, hors des sentiers battus, arrêtez-vous. Voici deux romans subtils, à la poétique sombre, difficilement classables comme tous les livres hors du commun : La Quête de Wynne de l'Américain Aaron Gwyn. Roman noir, roman de guerre, et surtout western bien qu'il se passe dans l'est de l'Afghanistan. Et Le Premier mai tomba la dernière neige, le nouveau roman de l'Allemand Jan Costin Wagner, désespéré et tendre, aussi beau que les précédents."
    Lien vers l'émission (15:37)

    #167 (24/10/2015) : Entretien avec James Grady pour son nouveau roman Les Derniers jours du Condor (Rivages).
    "Invité spécial du Cercle polar, James Grady a accepté de répondre à toutes les questions : espionnage, roman noir, adaptation cinéma. Sans oublier de parler d'une Amérique qu'il ausculte depuis trente-cinq ans à travers son héros, le Condor."
    Lien vers l'émission (18:45)

    #166 (10/10/2015) : Entretien avec Patrick Pécherot pour son nouveau roman Une plaie ouverte (Gallimard).
    "Patrick Pécherot est discret. Il construit patiemment, sans tapage, depuis 1996, une œuvre singulière et attachante, où les coins de rue, les gens, le quotidien, tiennent le premier plan. Il s'intéresse à l'histoire, sociale en particulier, à celle de Paris aussi, à la mémoire et aux traces que laissent les hommes après leur disparition. À l'occasion de son nouveau roman, Une plaie ouverte, qui paraît en 'Série Noire', chez Gallimard, Patrick Pécherot est venu nous rendre visite."
    Lien vers l'émission (30:28)

    #165 (26/09/2015) : Le Contrat Salinger, d'Adam Langer (Super 8) & Le Crime de Julian Wells, de Thomas H. Cook (Le Seuil).
    "Des histoires mettant en scène des auteurs de polar et des journalistes littéraires, c'est tellement tentant ! Et quand la fiction dépasse la réalité, comment résister ? Voici Le Contrat Salinger, d'Adam Langer, et Le Crime de Julian Wells, de Thomas H. Cook."
    Lien vers l'émission (15:51)

    #164 (05/09/2015) : Entretien avec David Lagercrantz, l'auteur de Millenium 4. Ce qui ne me tue pas (Actes Sud).
    "Qui est David Lagercrantz, l'auteur du nouveau Millenium ? Comment a-t-il été choisi ? Est-il sensible aux critiques de ceux qui pensent qu'une suite aux aventures de Lisbeth Salander et Mikael Blomkvist était inutile, et même choquante, si l'on considère que l'auteur de la trilogie initiale, Stieg Larsson, est mort prématurément, en 2004, sans avoir eu le temps de voir ses livres imprimés ? Comment David Lagercrantz a-t-il travaillé pour s'approprier les personnages d'un autre ? Autant de questions (et bien d'autres) auxquelles il a bien voulu répondre pour Cercle polar."
    Lien vers l'émission (30:28)

    #163 (11/07/2015) : Fin d'été, de Johan Theorin (Albin Michel) & Du sang sur la glace, de Jo Nesbø (Gallimard).
    "Le polar scandinave a le vent en poupe, les éditeurs surfent sur la vague et les romans sous ce label ne sont pas toujours à la hauteur de sa réputation. Pas de panique, les deux que nous vous proposons valent le détour et leurs auteurs ont largement fait leurs preuves. Fin d'été du Suédois Johan Theorin et Du sang sur la glace du Norvégien Jo Nesbø méritent votre attention. Et peut-être même une petite place dans vos bagages pour les vacances !"
    Lien vers l'émission (16:15)

    #162 (27/06/2015) : Hommage à Jean Vautrin & Prendre Lily, de Marie Neuser (Fleuve).
    "Un au revoir à l'écrivain talentueux et à l'homme engagé que fut Jean Vautrin. Et, cela n'aurait pas été pour lui déplaire, un zoom sur la nouvelle génération du polar avec Prendre Lily, de Marie Neuser. Un thriller lent, très addictif."
    Lien vers l'émission (13:33)

    #161 (13/06/2015) : Pukhtu, de D.O.A. (Gallimard) & Derrière les panneaux, il y a des hommes, de Joseph Incardona (Finitude).
    "Attention chefs-d'œuvre ! Sans vouloir en faire trop (ce n'est pas notre genre), les deux romans que nous vous proposons dans cette émission sont vraiment hors du commun. Écrits par deux auteurs français de la même génération, leur ambition littéraire est vraiment singulière. Et le pari est gagné dans les deux cas. À lire d'urgence !"
    Lien vers l'émission (14:15)

    #160 (04/05/2015) : Toutes les vagues de l'océan, de Víctor del Árbol (Actes Sud) & La Fille du train, de Paula Hawkins (Sonatine).
    Lien vers l'émission (15:29)


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Comment rentabiliser Erlendur Sveinsson

Nous sommes en 1979. Le roman s'ouvre sur la chute d'un corps dans l'un des gigantesques hangars de la base américaine de Keflavík. Peu après, une femme découvre dans le lac qui deviendra par la suite le célèbre Blue Lagoon (où elle est venue tenter de soulager son psoriasis) le corps d'un homme d'une trentaine d'années présentant de multiples fractures. Le cadavre ne porte rien qui permette de l'identifier, sinon une paire de santiags d'un modèle peu répandu en Islande qui complète une tenue vestimentaire très américaine. Il a des mains d'ouvrier, se rongeait les ongles et porte un hématome à la nuque à la suite d'un coup qui a pu causer sa mort avant la chute. Aucune disparition n'a été signalée les jours précédents, même parmi les quelques cinq mille Américains de la base et sa région. Au bout de trois jours, une certaine Nanna vient signaler la disparition de son frère, Kristvin, technicien de maintenance aéronautique qui a étudié aux États-Unis. Il travaille pour Icelandair et parfois pour une compagnie privée bénéficiant du couvert de la base militaire sur laquelle l'aéroport civil est aussi installé, ce qui permet bien des petits trafics. Sa voiture est d'ailleurs retrouvée sur les lieux, pneus crevés. L'alcool et le cannabis trouvés chez lui incitent à soupçonner des liens avec Ellert et Vignir, deux frères trafiquants récidivistes de drogue et produits divers. Mais on découvre aussi qu'il avait une liaison avec la femme d'un soldat américain. Or, pour enquêter sur une base militaire, il faut soit obtenir une autorisation de la hiérarchie soit bénéficier de complicités. Et on se retrouve vite aux confins de l'espionnage.
C'est toujours Erlendur Sveinsson (trente-trois ans dans ce livre et maintenant affecté à la Criminelle), qui enquête, avec sa collègue Marion Briem (déjà rencontrée dans un volume précédent). Comme il est obsédé par les disparitions (celle de son frère est rappelée dans chaque volume), il s'intéresse à celle de la jeune Dagbjört, vingt-cinq ans plus tôt, alors qu'elle passait près de Kamp Knox, l'un des camps militaires de Reykjavík à l'époque, puis repaire de marginaux. De fil en aiguille, cette piste passe elle aussi par la base de Keflavík. Et Erlendur doit redoubler d'efforts, en quelque sorte. Ceux-ci seront couronnés de succès, on s'en doute, mais non sans dommages ni surprises.
Une bonne partie de l'intérêt de Lagon noir tient au lieu où il se déroule, la base de Keflavík, à la fois du fait de son originalité (ce statut mi-civil, mi-militaire) et de la place qu'elle a occupé dans la vie publique du pays en tant que principale pomme de discorde politique du XXe siècle (ayant perdu de son importance stratégique, elle est fermée). Cela permet à l'auteur de se renouveler thématiquement, même s'il ne parvient pas à se départir d'une fixation qu'il partage avec son héros pour les disparitions mystérieuses du passé. C'est du cousu main, très agréable à lire malgré certaines répétitions et lenteurs, et nous avons droit à deux enquêtes pour le prix d'une. Ce n'est pas négligeable, à une époque de rentabilisation à l'extrême des investissements. Et Erlendur n'en est-il pas un, désormais, à l'échelle de la nation islandaise ?

Citation

Il continua de marcher le visage au vent, comprenant que l'histoire de Dagbjört ne ferait qu'aiguiser encore un peu plus son intérêt pour ceux qui jamais ne revenaient.

Rédacteur: Philippe Bouquet vendredi 23 décembre 2016
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