La Maison des mensonges

J'ai traversé la ville sans croiser le moindre char d'assaut. Il faisait aussi beau que le jour de mon départ et la population, loin de toute effervescence suspecte, vaquait nonchalamment à ses occupations.
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lundi 23 septembre

Contenu

Roman - Policier

La Maison des mensonges

Disparition - Corruption - Procédure MAJ jeudi 29 août 2019

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22,5 €

Ian Rankin
In A House of Lies - 2018
Traduit de l'anglais (Écosse) par Freddy Michalski
Paris : Le Masque, mai 2019
456 p. ; 23 x 15 cm
ISBN 978-2-7024-4927-1
Coll. "Grands formats"

Vieux pots (liciers)...

On a beau être à la retraite, on est toujours poursuivi par son métier. C'est sans doute ce que doivent penser plusieurs protagonistes de ce roman. Notamment parmi eux, John Rebus. Alors qu'il coule des jours heureux à écouter sa musique préférée, réviser les titres des faces B des singles des Rolling Stones ou promener son chien, il va être rattrapé par son passé. En effet, dans un coin perdu de la campagne écossaise, des enfants découvrent dans un ravin une voiture abandonnée. Terrain de jeu idéal jusqu'à ce qu'ils ouvrent le coffre qui abrite le cadavre d'un détective privé qui avait disparu depuis plus de dix ans. Or, c'est justement John Rebus et son équipe qui étaient chargés d'enquêter sur cette disparition. Avec le retour du corps, c'est aussi le retour de la famille, elle qui n'avait jamais cessé de crier à l'inaction policière, d'autant plus que le détective entretenait une relation homosexuelle avec le fils d'un policier. Siobhan fait partie de la nouvelle équipe chargée de l'enquête, et elle doit louvoyer entre les deux inspecteurs de la police des polices qui n'attendent qu'une occasion pour lui remettre la main dessus et l'enfoncer. Ses relations avec John Rebus, le retour de Malcom Fox, un autre habitué de la série, chargé de surveiller que l'enquête se déroule dans les clous, et un mystérieux inconnu qui lui envoie des messages téléphoniques inquiétants. John Rebus, lui, veut profiter de l'occasion pour essayer de nouveau de laisser des cadavres sous le tapis, et il entend également se débarrasser des deux policiers de la police des polices car ils étaient partie prenante comme agents de police lors de la première enquête, que Rebus les soupçonne de travailler en sous-main pour l'un des gangsters influents de la ville, gangster qu'il aimerait renvoyer dans les cordes. En même temps, John Rebus cherche à retrouver celui qui menace Siobhan...
Nous suivons donc en parallèle l'enquête qui rebondit, celle de John Rebus, ainsi que les plans tordus des uns et des autres pour monter en grade ou protéger leurs arrières. Fonctionnant de manière très réaliste, en présentant les avancées, les problèmes, les complications et les impasses, le retour sur l'ancienne affaire est traitée avec un soin des détails propre à la série : pistes suivies, réunions de travail, discussions avec de nombreux implicites, relations avec les journalistes et les politiciens qui espèrent utiliser l'enquête pour leurs propres carrières. Brassant l'ensemble de la vie d'Édimbourg : on croisera les notables, leurs liens créés sur des green golf avec les chefs de la police, les petits pubs minables et les policiers retraités survivant dans leurs petits cottages, conservant des doubles des dossiers qu'ils ont traités et hantés par les affaires non résolues, les parrains de la ville et les petits truands qui vivent dans les grands ensembles. Une coupe sociologique, qui sert de cadre à une comédie humaine où Ian Rankin décrit avec soin ses personnages, dans leurs quotidien, leurs rêves et mesquineries, pour le plus grand plaisir des lecteurs. Les connaisseurs de l'œuvre retrouveront avec joie une intrigue et des personnages connus, qui évoluent de manière habituelle, mais avec un style et une vitalité toujours intacts et qui font ainsi passer le côté déjà-vu de l'histoire.

Citation

En voyant arriver le fourgon, Rebus sortit de la Saab pour assister au cirque. Les médias avaient été alertés, prêts à fondre sur leur proie, et comme le poste de police ne disposait pas d'entrée sur l'arrière d'une ruelle où le véhicule aurait pu déposer sa cargaison, reporters et caméras s'agglutinèrent autour de Glenn Hazard sans le lâcher d'une semelle quand on lui fit traverser le trottoir jusqu'à la porte.

Rédacteur: Laurent Greusard jeudi 29 août 2019
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