Décomposition

Le chef admiré, De Gaulle, lui, n'aimait pas Marseille. Il n'avait que du mépris envers ces jeunes résistants dépenaillés, quelquefois en short et en espadrilles, qui pourtant étaient venus l'acclamer à son passage. Les embrouilles entre les communistes et les socialistes du jeune avocat Gaston Defferre, qui avait annexé l'ancien journal collaborationniste Le Petit Marseillais, étaient incessantes.
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samedi 07 décembre

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Roman - Noir

Décomposition

Road Movie - Assassinat MAJ samedi 22 mai 2010

Note accordée au livre: 5 sur 5

Poche
Réédition

Public averti

Prix: 7,4 €

J Eric Miller
Decomposition - 2005
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Christophe Claro
Paris : 10-18, mai 2010
208 p. ; 18 x 11 cm
ISBN 978-2-264-04958-2
Coll. "Domaine policier", 4341

sexe, crime et mécanique

Elle est jolie, elle se trouve même super jolie. Un peu fatiguée peut-être. Il faut dire que traverser les États-Unis en Ford Mustang avec le cadavre de son petit ami dans le coffre, n'est pas un programme de tout repos. Mais bon, c'est elle qui l'a tué, alors il faut bien qu'elle s'en débrouille. D'ailleurs, à l'occasion, il faudra qu'elle songe à s'en débarrasser. Quand ? Il n'y a pas urgence. D'abord rouler. Rouler longtemps et se rapprocher de Georges, son petit ami précédent qu'elle n'aurait peut-être pas dû quitter.

Un long périple qui la mène de la Nouvelle-Orléans, dévastée par un ouragan, jusqu'à Seattle. Et des rencontres, évidemment. Des hommes chez qui elle aimerait susciter du désir, des femmes à qui elle ne peut s'empêcher de se comparer physiquement, et des animaux. Comme Petite Poule à qui elle se confie, se raconte. Et le cadavre, là, toujours là, bien présent dans le coffre et dans ses pensées. Parce qu'il est là le nœud du problème : elle ne parvient pas à se sortir de l'emprise de Jack. Il l'obsède, son corps l'obsède, son souvenir l'obsède, et à présent son odeur l'obsède, à tel point qu'elle ne parvient pas à se débarrasser du cadavre. Elle est fascinée et horrifiée par sa décomposition. Allant jusqu'à lui bricoler de faux yeux en papier après que Petite Poule en ait picoré un d'origine, allant jusqu'à vérifier la rigidité du corps, allant jusqu'à le recouvrir de trois douzaines de roses pour en chasser l'odeur. "Et puis je trouve vraiment triste que Jack commence à puer. J'aimerais qu'on vive dans un monde où, quand quelque chose meurt, il disparaît simplement." Mais Jack ne disparaît pas.

Deux cents pages à cent à l'heure où on pénètre dans les rêves et les fantasmes de la narratrice. Un univers où la mort est omniprésente : celle de Jack bien sûr, mais aussi celle de Dany Boy, cet enfant qu'elle a perdu quelques années plus tôt. Et puis la mort potentielle de tous ceux qu'elle croise : un automobiliste qui vient la dépanner, un vendeur, une ancienne amie et même Petite Poule. Un livre noir, très noir. La mort et le sexe sont comme les vers qui ont commencé leur travail sur le corps de Jack et dans l'esprit d'une héroïne qui se décompose à mesure qu'elle s'éloigne de l'ouragan. Celui qui dévaste la Nouvelle-Orléans... et celui qui la dévaste intérieurement.


On en parle : La Tête en noir n°145

Citation

Tuer Jack, traîner son corps jusque dans le garage puis le hisser dans le coffre de la voiture, libérer Petite Poule et rouler et enfin s'enliser et essayer d'écraser le samaritain, tout ça m'a lessivée.

Rédacteur: Gilles Marchand lundi 17 mai 2010
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