Magouilles sans frontières

- J'ai besoin d'un torche et d'une douzaine de fusils. - La dynamite, c'était facile, mais les fusils c'est dur à trouver... Pourquoi tu as changé d'avis ? Tu ne voulais pas tous les tuer ?
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jeudi 05 décembre

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Roman - Noir

Magouilles sans frontières

MAJ vendredi 21 mai 2010

Note accordée au livre: 2 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 12 €

Marc Leréah
Château-d'Olonne : D'Orbestier, octobre 2009
188 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 978-2-84238-113-4
Coll. "Noir"

Le Guide du Bâtard

Deux journalistes véreux, correspondants en Irak, décident d'organiser leur propre enlèvement par un groupe islamiste bidon. Le but, récupérer l'argent de la rançon, provoquer un élan de sympathie à travers le pays et récupérer les dividendes de leur nouvelle gloire nationale dès leur libération. Problème, deux personnes ont vite compris qu'il s'agissait d'un coup monté : Samuel, journaliste d'investigation, et le conseiller spécial du Président de la République. Or à quelques jours des élections municipales, la majorité a besoin de cette libération aussi médiatique que salvatrice. La consigne est donc claire : jouer le jeu des journalistes pourris et éliminer tous ceux qui voudraient faire éclater la vérité au grand jour.
Complots, cynisme, machiavélisme, manipulation, courses-poursuites... Ce roman lorgne du côté du thriller politique ET d'action. Marc Leréah délivre un message désabusé (la manipulation politique et la mainmise du pouvoir sur l'information) à travers une intrigue se voulant trépidante (la chasse à l'homme à travers le globe pour tenter de récupérer des documents explosifs). Un petit côté Jason Bourne à la française, quoi ! Si l'entreprise est louable et se laisse lire sans déplaisir, on reste quand même un peu sur sa faim. La faute sans doute à un parti pris de brièveté qui bride ces ambitions : aucun chapitre ne dépasse les trois pages ! Dès lors, il est difficile d'installer efficacement les personnages, qui se retrouvent réduits à de simples fonctions narratives (ici le gentil, là le méchant, encore là le tueur, enfin là la belle rousse). Et conséquence supplémentaire, en si peu de pages, le message politique (qui en plus brasse large) est expédié en rafales d'Uzi, frôlant par instants le manichéisme rédhibitoire.
Répétons-le, ce n'est pas un mauvais roman, loin s'en faut. L'écriture est fluide, et le cynisme qui transpire de ces pages est salutaire. Mais avec un tel sujet, on regrette que l'auteur n'ait pas davantage développé la subtilité et l'épaisseur psychologique de ses personnages. Nul doute que le but aurait été atteint avec davantage d'impact.

Citation

– Allah Akbar...
- C'était incontestable.

Rédacteur: Maxime Gillio vendredi 21 mai 2010
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