Les Neuf cercles

Dans quelques heures, des gamins tromperont le vide de leurs vies à l'ombre des cages d'escalier, laisseront macérer les vieilles rancœurs et rêveront des vitrines brisées qui, les soirs d'émeute, leur donneront ce qu'ils peuvent s'offrir cash.
Gilles Vincent - Hyenae
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À Os, en Norvège, Roy gère l'unique station service de cette petite ville désertée qui ne vit plus qu...
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jeudi 28 octobre

Contenu

Roman - Thriller

Les Neuf cercles

Ethnologique - Énigme - Disparition - Guerre MAJ vendredi 14 novembre 2014

Note accordée au livre: 2 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22 €

Roger Jon Ellory
The Devil And The River - 2013
Traduit de l'anglais par Fabrice Pointeau
Paris : Sonatine, octobre 2014
574 p. ; 22 x 14 cm
ISBN 978-2-35584-269-6

Actualités

  • 19/07 Prix littéraire: Finalistes 2015 des Balais d'or
    Le Concierge masqué sur son blog a dévoilé ses finalistes des Balais d'or. Cette année, ils sont déclinés en deux catégories : le Prix Balai d'or, qui récompense un roman de genre policier d'un auteur plus ou moins confirmé et qui a accepté de répondre aux questions du compère de service (l'équivalent masculin de la commère) ; le Prix Balai d'or de la découverte, qui récompense tout pareillement un roman de genre policier d'un auteur novice ayant subi les mêmes sévices. Les sélections de douze ouvrages ont été établies à l'issue d'un premier tour contrôlé par Geneviève Van Landuy et Richard Contin, et mêlent romans étrangers et francophones sans aucune distinction. Les jurés ont rendez-vous le 26 septembre 2015 à partir de 19 heures à l'Auberge Notre-Dame de Paris pour un ultime vote qui sera dévoilé le 28 novembre à la Bibliothèque Parmentier (Paris). A priori, les deux lauréats se verront remettre chacun une œuvre d'art. Dans le premier cas, c'est une certitude car il s'agit d'une toile du peintre havrais Dominique Lafosse. Il incombe d'ajouter que son nom sera gravé sur le Trophée en bronze déjà existant, et qu'il en recevra un en verre (un peu à l'instar du trophée de Roland Garros) ; dans le second, il n'est fait nulle mention d'une telle récompense hormis la photographie en vignette d'un trophée, ce qui laisse à penser que l'heureux élu ne sera pas oublié. Rendez-vous en novembre afin d'en savoir plus !

    Finalistes 2015 du Prix du Balai d'or :
    - Adieu demain, de Michaël Mention (Rivages, "Noir") ;
    - Poubelle's Girls, de Jeanne Desaubry (Lajouanie) ;
    - La Malédiction de Norfolk, de Karen Maitland (Sonatine) ;
    - Reflex, de Maud Mayeras (Anne Carrière) ;
    - Quand les anges tombent, de Jacqus-Olivier Bosco (Jigal, "Polar") ;
    - N'éteins pas la lumière, de Bernard Minier (XO) ;
    - Une terre d'ombre, de Ron Rash (Le Seuil, "Cadre vert") ;
    - Les Neuf cercles, de Roger Jon Ellory (Sonatine) ;
    - À mains nues, de Paola Barbato (Denoël, "Sueurs froides") ;
    - Nos disparus, de Tim Gautreaux (Le Seuil, "Cadre vert") ;
    - Après la guerre, de Hervé Le Corre (Rivages, "Thriller") ;
    - La Porte du Messie, de Philip Le Roy (Le Cherche midi, "Thriller").

    Finalistes 2015 du Prix du Balai d'or de la découverte :
    - X, de Sébastien Teissier (Nouveau monde) ;
    - Une terre pas si sainte, de Pierre Pouchairet (Jigal, "Polar") ;
    - Hors la nuit, de Sylvain Kermici (Gallimard, "Série Noire")
    - Les Écorchés vifs (Les Rédempteurs), d'Olivier Vanderbeq (Amalthée) ;
    - Les Belges reconnaissants, de Martine Nougué (Le Caïman, "Polars") ;
    - Les Roses volées, d'Alexandre Geoffroy (Ex Æquo, "Rouge") ;
    - Le Bal des hommes, d'Arnaud Gonzague & Olivier Tosseri (Robert Laffont) ;
    - Ravensbrück mon amour, de Stanislas Petrosky (Atelier Mosésu) ;
    - Burn-Out, de Didier Fossey (Flamant noir) ;
    - L'Heure du chacal, de Bernhard Jaumann (Le Masque, "Grand format") ;
    - Beau temps pour les couleuvres, de Patrick Caujolle (Le Caïman, "Polars")
    - Aux animaux la guerre, de Nicolas Mathieu (Actes Sud, "Actes noirs").
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Univers virtuel

Le Britannique Roger Jon Ellory est peut-être l'équivalent littéraire d'un Quentin Tarantino. Non pas à cause de la violence, mais parce que comme l'univers de Tarantino est référentiel au point de se dérouler dans un espace purement filmique, sans aucune connexion directe avec la réalité (au point de repomper plan pour plan vingt minutes de Point Limite zéro à la fin de Boulevard de la mort), celui d'Ellory se déroule entièrement dans un paysage de fiction : ce qu'on appelle Americana, vision idéalisée d'une Amérique de carte postale purement fantasmée. Dans ce contexte, comment s'étonner que, dans Seul le silence, il décrivait un Sud profond sans un seul Noir, comme on le lui a assez reproché ? Faux procès donc, puisque son paysage littéraire est nourri de tout ce qui plaît tant aux salons germanopratins qui trouvent le quart monde SIIIIIIIII pittoresque-ma-chêêêre du moment qu'il est à un océan de distance. Dans le cas présent, Roger Jon Ellory se rapprocherait dangereusement de ce roman "naturaliste" et "contemplatif" qui plaît tant aux germanopratins précités (ces qualificatifs se résumant par "surtout qu'il ne se passe rien, c'est vulgaîîîre", la qualité du bouquin étant proportionnelle à l'ennui qu'il engendre et sa conformité à la vision fantasmée de l'Americana). Le meurtre d'une jeune fille vieux de vingt ans, un cadavre conservé dans la boue et un serpent se mordant la queue à la place du cœur : à partir de là se déroule une enquête permettant surtout d'offrir une vision d'un Sud déglingué à la Erskine Caldwell, avec des dialogues très écrits (parce qu'on est pauvre, mais on est digne) et donc bien peu réalistes (mais, on l'a dit, ce n'est pas le but du jeu), et ses personnages emblématiques westerniens. Le tout mené par un shérif vétéran du Vietnam, ce qui permet des considérations interminables sur le thème "la guerre c'est bien triste" qu'on a déjà lues cent fois. Bref, il est net qu'Ellory se regarde écrire... Alors bien sûr, pour parfaire le tableau, rien ne vaut une bonne petite métaphore sociale de la famille-riche-tenant-la-région-sous-sa-coupe, etc., etc., et un soupçon de question raciale. Servez réchauffé ? Même pas ! Seul le talent de l'auteur sauve ce gros pavé (cinq cent soixante-dix pages bien tassées) de l'ennui avec une écriture frôlant souvent la prétention (le fantasme du "grand roman américain" ?), excellemment rendue par la traduction. Pas de doutes, Roger Jon Ellory connaît son public, et ceux qui veulent leur dose de fantasmes américanoïaques trouveront un tableau auquel il ne manque pas un bouton de culotte, prêt à être encensé dans les gazettes et les salons où l'on cause. Pour la fraîcheur et l'inventivité, on repassera...

Citation

Accepter d'aller à la guerre ne signifiait pas que vous aviez tort. C'était accepter d'y rester qui constituait une faute.

Rédacteur: Thomas Bauduret mardi 08 mars 2016
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