La Nuit de l'ogre

Il se lancerait dans d'autres affaires tout aussi rentables. Il ne savait pas encore lesquelles, mais les occasions se présenteraient une fois qu'il aurait mis le pied dans le monde interlope de la nuit. Il ne doutait pas que nombre d'opportunités se présenteraient à lui et qu'il saurait les saisir.
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dimanche 26 septembre

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Roman - Thriller

La Nuit de l'ogre

Tueur en série - Médical MAJ vendredi 27 juillet 2018

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22 €

Patrick Bauwen
Paris : Albin Michel, mai 2018
490 p. ; 23 x 16 cm
ISBN 978-2-226-43637-5

Problème de voisinage

Étrange rencontre pour l'urgentiste Chris Kovak : une jeune femme entre dans sa voiture, puis la quitte presque aussitôt, laissant derrière elle un sac contenant... une tête humaine dans un bocal couvert de sang ! Les analyses prouvent qu'il s'agit de sang animal et que la tête est un accessoire de fac de médecine. La jeune femme, elle, n'est autre que Justine Van Green, la fille de Greta Van Green, la supérieure de Chris Kovak... De son côté, son ex, la lieutenante de police Audrey Valenti, est mise sur une affaire horrible : une jeune femme abandonnée dans les souterrains du métro et partiellement dévorée par les rats, bien que toujours en vie. Sur le mur, on a écrit avec son sang la phrase "Je vous ai observés". Une devise qui renvoie directement aux sociétés secrètes des facultés de médecine, et donc à Chris Kovak. Mais le tueur en série qui se fait appeler le Chien est toujours là, dans le sillage de la lieutenante. Tout cela ramène aux origines de sa démence, lorsque ses propres parents furent victimes du terrifiant homme au chapeau melon, celui qui photographie les morts. Et qui se trouve désormais sur le territoire du Chien...
Dans le monde fermé du thriller industriel, Patrick Bauwen a une place à part : déjà par un aspect plus personnel (Chris Novak est clairement son alter ego) qui lui apporte un certain supplément d'âme et, ensuite, en refusant le Sturm une drang du genre : pas de scénario pour une série télévisée prémâchée à base de dialogues et d'absence de toute description, pas non plus d'effets choc toutes les deux pages à coup de chapitres courts. L'auteur prend son temps pour poser les bases de son histoire. Ce qui ne veut pas dire que le rythme soit lent, au contraire. Il réussit à être constant (mais pas frénétique) tout au long de ces presque cinq cents pages – fût-ce parfois au détriment des articulations du récit, voire de la crédibilité, mais sur ce sujet, on a vu tellement pire ; et si au final, la résolution est beaucoup plus simple que ce qui l'a précédé, c'est la rançon du genre. Avec ses criminels plus grands que nature, Patrick Bauwen renouerait plutôt avec les grands feuilletonistes du XIXe, l'ère ou les Fantômas et autres Belphégor empêchaient de dormir le bon peuple. Distraction garantie sans qu'on insulte l'intelligence du lecteur : le contrat du (bon) roman populaire est remplinbsp;!

Citation

Non pas qu'il se prenne pour Dieu. Mais il est une manifestation de sa volonté. Il n'y peut rien, c'est son rôle. Il doit tuer ceux qui le méritent. Il est le courroux qui gronde au bout de sa laisse. Le molosse de guerre. L'assassin divin. Ses mâchoires claquent et des gens meurent. Cependant, il ne fait que son travail.

Rédacteur: Thomas Bauduret vendredi 27 juillet 2018
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