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Roman - Noir

Sens interdits

Écologique - Gastronomie - Dystopie MAJ mercredi 12 janvier 2022

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 19 €

Chantal Pelletier
Paris : Gallimard, janvier 2022
240 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 978-2-07-288836-6
Coll. "Série noire"

Le futur broie du noir

Nous sommes en 2046. Plus particulièrement en France, une France un peu différente de celle d'aujourd'hui. En effet, les changements climatiques, les besoins écologiques, ont transformé le pays et principalement son rapport à la nourriture. Pour des raisons écologistes et de santé publique tout ce qui concerne les repas est contrôlé de diverses façons, notamment à travers des cartes, des points, des amendes. Même si d'autres aspects de ces transformations sont évoquéscomme la gestion difficile de l'eau. Citons par exemple, des immeubles solidaires où les habitants sont collectivement responsables des "impacts" qu'ils ont sur l'environnement. Lorsque la "dose quotidienne" d'eau ou d'électricité, est dépassée, c'est coupé pour tout l'immeuble et apparait alors l'indication de celui qui a provoqué ce dépassement. Tout commence avec la découverte d'une morte dans un immeuble, justement parce que sa mort a provoqué un dépassement. Or, les policiers se creusent la tête, car la personne retrouvée morte, n'est pas la personne qui devrait habiter là et il est difficile de connaître sa véritable identité. En parallèle, nous suivons des personnages déjà rencontrés dans Nos derniers festins, qui essaient de vivre tranquillement dans le sud, tandis que, autour d'eux, s'agitent les membres d'une secte et des capitalistes chinois qui ont encore, par rapport à aujourd'hui, encore plus de puissance de frappe. L'enquête permettra de rejoindre ces deux histoires : celle d'une morte dans une grande ville et la vie dans une nature écartée.

Dans ce deuxième volet d'une dystopie intelligemment menée, la part policière reste intéressante, dans la mesure où elle dépend de l'univers créé. Toutefois, elle n'est pas le centre de l'histoire qui, lui, joue autour des tensions et des éléments divers proposés par son cadre science-fictif. Tout ça permet aussi de développer une thématique épicurienne (en s'appuyant sur la bonne nourriture, le goût de la nature et même la gestion de sa fin de vie), bien agréable à entendre, et à lire, en ces temps durs et confinés. Vous reprendrez bien un peu de Chantal Pelletier ?

Citation

D'après se fiche de RECONNAISSANCE FACIALE, le gardien de l'immeuble était en poste de surveillance solidaire depuis le début de l'année et cumulait deux boulots. Son emploi principal à l'usine de recyclage de plastique n'était pas une entreprise de rajeunissement car il faisait plus que ses 47 ans, mais il avait le sourire joyeux, le genre qui sait que seul le bonheur rend heureux.

Rédacteur: Laurent Greusard mercredi 12 janvier 2022
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