Fauves

'Finalement, ça n'a pas beaucoup d'importance qu'on soit mort ou vivant, puisqu'on continue à appartenir à la même famille', pensa Sofia. Elle comprit que c'était ça, le secret du feu. Pouvoir retrouver tous ceux qui lui étaient chers. Qu'ils soient morts ou vivants, qu'ils soient loin ou près d'elle.
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Roman - Policier

Fauves

Assassinat - Procédure - Artistique MAJ mardi 26 janvier 2021

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 21 €

Éric Mercier
Paris : La Martinière, janvier 2021
348 p. ; 23 x 14 cm
ISBN 978-2-7324-9519-4

Des taches dans la peinture

Pour les amateurs d'art, le fauvisme est une période artistique qui a ses attraits et ses grands noms. Pour le grand public, les fauves évoquent sans doute plus facilement les grands prédateurs naturels en voie de disparition qui viennent dévorer leurs proies à l'aube dans la savane. Parfois, les deux univers se télescopent, et nous allons voir que c'est le cas dans ce nouveau roman d'Éric Mercier. Son personnage principal, Frédéric Vicaux, est commissaire de police et au début de l'intrigue il est appelé car l'on vient de rencontrer un curieux cadavre. Dans une ferme près de Paris, un homme a été tué puis donné aux cochons (bon d'accord on fait plus fauves comme bestioles mais attendez). Il mène son enquête et va découvrir que le mort est un antiquaire-marchand de tableaux de renom, et que son frère a lui été découvert dévoré par des bestioles plus exotiques. Mais plus étrange, c'est en fouillant que le commissaire commence à mettre à jour des incohérences : le marchand de tableaux avait beaucoup inventé sa vie, et si les tableaux sont sans aucun doute des vrais, leur origine reste sujette à caution (ce qui était évident pour le lecteur qu'un incipit historique avait largement prévenu). Du coup, il fallait aussi penser à la troisième possibilité des fauves, ces criminels que rien n'arrête et qui tuent dans des conditions horribles pour s'octroyer une belle vie.
L'auteur est historien d'art et commissaire d'expositions. Il a sans doute croisé des histoires sordides et parfois belles autour des milieux de l'art, des faussaires, des escrocs de toute nature qui circulent dans la profession. Il décrit donc ce milieu d'une manière crédible et réaliste à travers le regard un peu "innocent" de son commissaire qui découvre un univers inconnu pour lui. L'enquête s'éternise un peu avec le lot de passages obligés - l'expertise et les méthodes pour détecter les faux, la généalogie des tableaux pour essayer de repérer les tableaux qui ne sont pas passés par les marchés officiels et qui, entre vols, discrétions d'héritiers juste voulant échapper au fisc, et ceux qui ont obtenu des tableaux de manière parfois peu honnêtes, cours sur l'art... (et là on pourrait comparer avec Iain Pears et son personnage de série Jonathan Argyll, étudiant en histoire de l'art et enquêteur amateur). Le roman raconte une vengeance qui laisse assez indifférent le lecteur, dans un livre plus intéressant pour ceux qui voudraient en savoir un peu sur l'art, le système des marchands, de la vente, des experts qui ont l'air parfois d'être plus auto-proclamés que grands pontes universitaires que pour ceux qui vibrent à des frissons policiers ou noirs.

Citation

Et je ne peux m'empêcher d'avoir une pensée pour cet inconnu. Quoi qu'il ait fait de sa vie, même s'il a vécu dans la violence, rien ne justifie une fin aussi horrible. Était-il conscient quand il a échoué ici ? J'en frémis. Comment peut-on être capable d'autant de cruauté ?

Rédacteur: Laurent Greusard mardi 26 janvier 2021
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