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Les Terres animales


Grand format
Inédit
Tout public
222 p. ; 20 x 12 cm
ISBN 978-2-35887-999-6
Vivons heureux en attendant la mort
Lorsque la centrale a explosé, contaminant toute la vallée, presque toute la population a été évacuée. Seuls restent quelques irréductibles, des anciens qui ne veulent plus quitter leur terre, une poignée d'ouvriers ouzbeks, et un groupe de cinq amis, réunis autour de Sarah et Fred, qui refusent d'abandonner la tombe de leur enfant, morte avant la catastrophe. Entre eux, dans ce territoire contaminé dont il est impossible de sortir, un semblant de vie s'organise, en attendant une mort programmée à force de radiations absorbées. Une résignation et un équilibre qui vont voler en éclat avec la naissance d'un bébé. Enfant des ruines, enfant de l'atome. Peut-on continuer à mourir alors que la vie apparaît ?
Classique de la fiction post-apocalyptique, l'accident nucléaire est hélas également une triste réalité qui n'est pourtant que rarement abordée avec subtilité. D'emblée, la thématique convoque des nuages de poussière grise, des paysages dévastés et des techniciens caparaçonnés errant dans des cités en ruine. Et pourtant, nous ne trouverons rien de tout cela dans le roman de Laurent Petitmangin. La centrale a explosé, mais l'herbe est verte, sans doute même plus qu'avant, les villages (désertés) sont globalement toujours debout et, pour les survivants accrochés à leur terre (parce que pourquoi mourir ailleurs), la vie continue, entre repas collectifs, matches de foot et chasse à un gibier abondant. Presque des vacances si ce n'est que, ils le savent tous, la mort est au bout, et tous guettent les signes de l'évolution des inéluctables maladies chez leurs voisins comme sur eux-mêmes. Et puis, il y a des couples, qui se défont ou se créent, la vie qui, selon l'expression, trouve toujours un chemin. Remarquable en tous points, cette fresque intime, entre deuil et naissance, suit ce petit groupe de survivants sur quelques mois, et parvient à rendre leurs destins proprement déchirants. On aime et on souffre avec eux tous, on les sait condamnés alors que le monde au-delà de la vallée poursuit sa route, et leur résignation joyeuse n'en est que plus déchirante. Dans un style lumineux, comme un antidote aux ténèbres et à la folie qui guettent, Laurent Petitmangin invente la littérature "feel bad"... on ne sourit que très rarement dans ce roman funèbre, mais qu'est ce que c'est beau !
Citation
Il n'y a jamais, jamais, de zone saine, sauf à l'intérieur des maisons, et encore, je crois qu'on n'a plus trop envie de savoir, on coupe nos engins dès qu'on est chez nous. La vie serait impossible, s'il s'avérait qu'il n'y a nulle part où aller.

