CHRONIQUES
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LIVRES
L’inspectrice Kim Stone doit enquêter sur des meurtres en série et dans le même temps faire face à une vengeance ourdie depuis une prison par une ancienne psychologue. Angela Marsons déroule son intrigue, y mêle du domestique et rend un travail honnête et agréable qui sent le déjà-vu.
Avec le Département S., Joseph Macé-Scaron renoue avec les détectives de l’étrange et s’inspire de X-Files. Le rendu, sur une série de crimes surprenants à Lyon, avec des poupées horrifiques, est virevoltant et parfois même déstabilisant.
Véritable roman d’espionnage à la Graham Greene (c’est-à-dire complexe et mélodramatique), La Nuit sur la frontière est le baromètre d’une époque où les tensions avec la Yougoslavie de Tito étaient à leur paroxysme. Pietro Spirito nous révèle tout ça dans un roman d’espionnage captivant.
Roman inaugural de sa fresque consacrée au clan Holland, Étranger à la dérive est enfin traduit. On plonge dans les années 1940 en commençant par les Ardennes et en arrivant au Texas, à la découverte d’entreprises de forage de pétrole et de magouilles tout aussi salissantes. Le roman confirme tout le bien que l’on est en droit de penser de James Lee Burke.
Richard O’Rawe propose un récit de braquage à l’ancienne avec son plan minutieux et ses nombreux grains de sable dans des engrenages grippés. Le roman est astucieux, plein de rebondissements et brasse de nombreuses thématiques. Un très bon moment de lecture intelligente.
Les éditions Dargaud continuent d’adapter les « Romans durs » de Simenon avec tact et talent. José-Louis Bocquet s’attaque ici à un roman « exotique », quelque part à Panama, dans lequel on retrouve l’attrait de la mer, la faiblesse des hommes et les rêves (in)aboutis. Avec le trait très Loustal de Javi Rey dans certaines planches (les bateaux) sans pour autant tomber dans le mimétisme (les silhouettes).
Dans l’Italie fasciste catholique, le policier Siegfried Sauer tombe sur une histoire qui pourrait par son scandale ébranler Mussolini. Alors que la Deuxième Guerre mondiale avance à pas de moins en moins feutrés, le secret du Duce sera-t-il révélé ? Ce troisième volet du personnage récurrent de Fabiano Massimi manque de rythme, mais s’attarde sur un fait historique un peu méconnu.
Dans une ambiance très britannique, Stéphane Oiry (dessin) et Lewis Trondheim (scénario) nous proposent de suivre les pérégrinations d’une femme ordinaire (mais évidemment pas que ordinaire) qui se retrouve embarquée dans une histoire qui la dépasse. Dans ce premier volet, Maggy Garrisson trouve enfin un travail, des déboires et une conclusion immorale. Et c’est jouissif !
Thomas Cantaloube explore les caves des Trente Glorieuses et en ramène son lot de cadavres enfouis. Il en profite pour dresser le bilan des années 1970 à Marseille. Une intrigue à strates parfaitement maîtrisée, et qui installe l’auteur dans le genre noir.
Avec Deuil de sel, Cécile Baudin nous présente une nouvelle enquêtrice au métier bien particulier : la généalogiste Claire Le Vaillant. De par le métier de son personnage, la trame du roman implique de se plonger dans un passé (proche des marais salants) qui ici parait plus difficile à captiver le lecteur que le présent.
Dans la Fosse aux Anges, société utopique idyllique, le diable se cache dans les détails. Et Ingrid Desjours ne se gêne pas pour les multiplier et mettre en tension son personnage d’Alice au pays des déveines. Un thriller logique et implacable.
Un malfrat qui cherche une jeune femme disparue dans les rues de La Nouvelle-Orléans fait équipe avec deux agents du FBI. Ensemble, ils entament une lente et crue descente aux enfers, dont ils ne ressortiront pas indemnes. Avec ce scénario Jérémie Guez donne à cœur joie dans la noirceur humaine, et Attila Futaki réussit à mettre cette énigme ellroyenne en couleurs. Sobre et efficace !
AUTRES CHRONIQUES
Drame existentiel autant que série policière, Task de Brad Ingelsby confronte deux hommes cassés qui font de leur mieux pour survivre dans une Amérique où ils ne trouvent pas leur place, tout en affrontant leurs propres démons. Une œuvre lente et prenante, portée par des personnages forts et une réalisation affûtée.
Le poids des morts, le choc des images