CHRONIQUES

livres • bandes dessinées • comics
Prix : 16,00 €
INFORMATIONS LIVRE
Édité chez
Collection :
ISBN : 978-2-7234-9293-5
Nombre de pages : 64
Format : 32 X 24 CM
Année de parution : 2014
Crédits
Illustrateur(s) :
Scénariste(s) :
Contexte
Époque :
CHRONIQUES > LIVRES >
8 / 10

Sherlock Fox. 1, Le Chasseur

Série :
Illustrateur :
Scénariste :

Série pour l'instant en sommeil, "Sherlock Fox" démarre pourtant fort avec Le Chasseur, son premier volet. On y fait la connaissance de l'enquêteur Ney Quitson dans un monde animain victorien. Le détective va devoir débuter une enquête qui brise un tabou de la société. Malheureusement, on attend la suite de cette série concoctée par Jean-Denis Morvan et très joliment illustrée par Du Yu.

Renard rusé qui fait respecter la loi, Ney Quitson alias Sherlock Fox, a plutôt pour habitude d’enquêtes ordinaires comme le vol et le trafic de crème lissante pour la toison. Aussi ne s’attend-il pas à ce que le cas d’homicide qui l’appelle chamboule la société animaine en brisant un tabou. Le squelette d’un animaine a été découvert par deux amoureux en vadrouille. Sherlock Fox s’interroge sur les raisons de ce crime. Il attend avec impatience les conclusions du légiste. Or, ce dernier semble perplexe. Et si l’enquête s’avérait plus complexe et horrifique que prévue ?

Sherlock Fox est un fin limier aux déductions aiguisées qui n’hésite pas à fréquenter les bas-fonds.

Le scénario concocté par Jean-Denis Morvan est à la fois simple et complexe. Pour amener un message social, le scénariste n’hésite pas à nous faire découvrir dans un monde d’anthropomorphisme une société animaine qui a banni la zoophagie de ses mœurs. Par petites touches subtiles, Morvan interpelle le lecteur sur le végétarisme (évident) et sur les relations interraciales (moins évident mais à l’origine de la découverte du corps on a deux animaines d’espèces différentes qui folâtraient tout en craignant le regard, voire le jugement des autres et à qui Sherlock Fox répond : « Au contraire, c’est une victoire sur la nature que je ne peux qu’approuver. »). La série débute par un crime ordinaire qui permet de poser les éléments, de faire respecter l’ordre bourgeois (et de montrer ses travers) puis, après un bon tiers, on en arrive à ce qui va être au centre de la série : un cas de zoophagie particulièrement complexe, et surtout hallucinant. Le pire crime qu’un animaine puisse commettre. Avec cette idée « d’animaine », Morvan explique bien que l’anthropomorphisme est là pour révéler les instincts de notre société. Et pour ce faire, il s’est associé à Du Yu, illustrateur chinois talentueux, qui nous plonge à la fois dans un monde victorien sombre et un monde animal lumineux. Toutes les pages de la bande dessinée regorgent de détails ingénieux. Beaucoup de pages sombres, mais c’est bien dans celles très claires que l’on se rend encore plus compte de son talent. Reste à espérer que cette série initiée en 2014 trouve enfin sa suite. Car elle nous laisse sur notre… faim.

Publié le 25 mai 2026
Mis à jour le 23 mai 2026
L’instinct… il a bon dos. C’est sur les plus bas de nos instincts que nous justifions nos vices les plus profonds. Une manière aisée de se dédouaner de la morale. Au fil du temps, nos penseurs sont parvenus à endiguer la plupart de nos pulsions bestiales. Mais ce n’était pas possible pour toutes.
CONTINUEZ VOTRE LECTURE..