Nous sommes en janvier 1942 aux États-Unis, du côté de Hollywood, quartier de Los Angeles. Pearl Harbor est passé par là et le pays se prépare à une guerre totale. Les acteurs de Hollywood soutiennent l’effort par des tournées dans le pays pour récolter des fonds et ont érigé Hollywood Cantine, un lieu où ils reçoivent et servent, à leurs frais, les soldats durant leur repos. C’est dans ce contexte que l’on croise habituellement Joyce, une photographe de plateau. Un jour, elle prend des clichés lors de la soirée à la Hollywood Cantine, mais quelques heures plus tard, elle est retrouvée morte dans le coffre de sa voiture. Chargé de l’enquête, Arkel découvre une carte de visite d’une de ses connaissances sur le cadavre. Il appelle donc Vicky Malone, une détective privée homosexuelle, qui vient sur les lieux du meurtre. Pourquoi cette photographe n’a plus de pellicule photo sur elle ? Sans doute, parce qu’elles contenaient des informations compromettantes. Pour qui ? Les suspects sont nombreux car les stars ont toujours des choses à cacher. Plus Vicky Malone avance, plus elle s’aperçoit qu’il pourrait y avoir de nombreux scandales potentiels sur les photos (prise de drogue, baisers avec des figurants noirs,…). Alors qu’elle avance dans son enquête, elle se retrouve également dans le collimateur d’un tueur. Il y a sans doute un rapport mais pour l’instant il est difficile d’en savoir plus, tant qu’elle ne met pas la main sur la pellicule disparue. Son chemin pour accéder à la vérité passera, entre autres, par des discussions avec des vedettes comme Bette Davies ou Humphrey Bogart mais aussi avec les petites mains du cinéma, les Allemands réfugiés pour fuir le nazisme et des starlettes évaporées.
À côté de sa série « Commissaire aux morts étranges », consacrée à la vie policière sous Louis XV, Olivier Barde-Cabuçon ouvre depuis Hollywood s’en va en guerre une nouvelle fresque autour de la côte Ouest américaine, commençant au début de la Deuxième guerre mondiale. Inspiré par les lieux, l’auteur se coule dans le moule : une détective privée atypique, dure-à-cuire et à la répartie cinglante, qui doit démêler l’écheveau d’une enquête classique mais à suspense. Bonne description des milieux du cinéma, des rivalités entre stars, dans une enquête classique, rythmée, relancée par des « punchlines » dignes de Dashiell Hammet ou Raymond Chandler, Hollywood cantine se révèle être une bonne surprise à l’atmosphère très agréable.