CHRONIQUES

livres • bandes dessinées • comics
Prix : 22,00 €
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ISBN : 978-2-37502-568-0
Nombre de pages : 304
Format : 22 X 15 CM
Année de parution : 2026
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8 / 10

Mastodonte

Anaïs Pélier nous embarque dans une version futuriste des Chasses du comte Zaroff qui fait froid dans le dos. Son Mastodonte est un roman gigantesquement cru sur la folie meurtrière animée par une exacerbation dilettante. Un petit bijou littéraire.

En 2030, la France est en pleine crise financière et, pour pouvoir rembourser un peu de sa dette, elle décide de vendre ses terres en Antarctique, et notamment une île, l’île de La Possession. Les dernières personnes qui s’y trouvent sont au nombre de trois : Ben, Nathan et Astrid sont chargés de protéger la faune et la flore locale, dont les derniers survivants de diverses espèces terrestres ou marines. Suite à un problème, Ben meurt et Astrid, laissée pour morte, disparaît. Nathan part donc seul, n’ayant pu remettre la main sur le cadavre d’Astrid. Il ignore qu’en fait, elle a survécu. Cependant, les gens qui ont acheté l’île ne sont pas des philanthropes et ont décidé qu’elle servirait à des chasses aux animaux « exotiques », les derniers de leur espèce, contre de fortes sommes. La première expédition de chasse arrive donc sur l’île, escortée, justement par Nathan, qui s’est reconverti, comme guide. Mais comme chaque chasseur doit payer en fonction de ce qu’il abat et que les proies sont parfois peu nombreuses, il y a des enchères pour avoir le droit de tirer en premier (puis d’embarquer les trophées pour les empailler) et donc les antagonismes entre les différentes chasseurs augmentent. D’autant plus que l’île n’est pas aussi idyllique que cela et qu’elle recèle de nombreux pièges. Quand, en plus, quelqu’un tente de les abattre pour protéger les animaux, la tension augmente encore.

Raconté par trois points de vue – le mastodonte, c’est-à-dire le « dernier » mâle de l’espèce qui doit être abattu, ce qui se passe pour l’équipe de chasseurs et ce qui concerne Astrid, seule sur l’ile et qui va lutter -, le roman d’Anaïs Pélier se déroule de manière implacable. L’atmosphère de désolation, de froid, de terre sauvage où la sauvagerie des humains est encore plus grande, sacrifiant les derniers animaux pour leur plaisir égoïste ( il y a parmi les chasseurs une influenceuse qui tue et demande à ses followers d’augmenter les enchères pour elle afin qu’elle tue pour eux !). Tout l’aspect horrible de cette chasse (et par contraste la vie simple des animaux) est montré de manière réaliste, la tentative d’aide par la jeune femme n’en apparaissant que plus logique. L’ensemble est développé de manière saisissante et avec une montée de la tension, créant un suspense fort et prenant jusqu’aux dernières pages. Le lecteur vit ces moments avec intensité, pour un roman qui entraîne le lecteur et lui empêche d’arrêter sa lecture.

Mis à jour le 10 septembre 2026
Elle a tout vu, mais elle était trop loin pour intervenir. Comment aurait-elle pu imaginer que cette brute allait briser la nuque d’un oiseau inoffensif ? Elle prend son élan et, ses deux mains fermement agrippées au manche de la pelle, elle lui assène un violent coup sur la tête.
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