CHRONIQUES

livres • bandes dessinées • comics
Prix : 17,00 €
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Édité chez
Langue :
ISBN : 978-2-8102-1071-8
Nombre de pages : 88
Format : 32 X 24 CM
Année de parution : 2026
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7 / 10

The Venom Show. 1, Hasta Panama !

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Emily et sa bande foncent tout droit vers Panama convoyer un chargement d'armes pour des révolutionnaires. Mais elles vont se heurter à un pays hostile qui héberge son lot de généraux tous plus avides de pouvoir les uns que les autres. Dans ce remake de western zapatiste, premier d'une série de deux, Laurent Astier tire parfaitement son épingle du jeu.

Les abords du port de New York en ce mois de novembre 1901 sont en effervescence : le Venom Show part au Panama y faire une tournée endiablée. L’équipe est composée d’Emily, Vicky, Margret et Susan. L’ambiance est détendue. La traversée en bateau jusqu’au Panama également. Mais sur place, il leur faut convaincre le gouverneur de leur octroyer un laisser-passer pour des territoires inhospitaliers : des révolutionnaires s’agitent. Mais ça, Emily le sait bien car elle et sont équipe ont été mandatées par le gouvernement des États-Unis pour amener aux rebelles des mitrailleuses cachées dans le chariot qui les accompagne. Seulement, cette route déjà semée d’embûches en abrite d’autres. Dans ce pays, sous la coupe de la Colombie, les généraux sont nombreux des deux côtés. Du côté conservateur, Salazar ronge son frein auprès du gouverneur. Du côté des révolutionnaires, chacun rêve de faire sa révolution selon son idée. La ville de Colón va devenir l’épicentre d’un conflit entre les forces militaires de Salazar, les révolutionnaires qui s’y cloîtrent et des troupes des États-Unis qui ne demandent qu’à investir les lieux par la mer. Les révolutionnaires n’en ont pas encore conscience, mais la ville portuaire est un véritable panier de crabes. Cependant, pour Emily et son équipe l’heure est d’autant plus grave qu’elles entendent mener leur mission jusqu’à son terme et que Vicky est prisonnière du gouverneur…

Depuis 2019, le personnage d’Emily est bien installé dans la série western crépusculaire de Laurent Astier. Avec le premier volet de « La Venin », l’auteur a mis en scène en scène une femme qui a fui le destin qui l’attendait sereinement à La Nouvelle-Orléans, et qui fait son chemin dans un Grand Ouest masculin. Pour l’accompagner, trois femmes aussi intrépides que différentes, animées par des sentiments de révolte. On peut cependant gager que Laurent Astier ne s’attendait pas à les précipiter dans des péripéties dignes d’un western zapatiste inspiré (peut-être inconsciemment ou par ricochets) de Vera Cruz, de Robert Aldrich. C’est le cas avec ce premier volet d’un diptyque au Panama en pleine révolution avec des luttes intestines et les tentatives réussies d’ingérences états-uniennes. Un souffle oppressant de liberté traverse cette bande dessinée lumineuse. Il y a de l’esbroufe, du charisme, de la séduction, des trahisons, de la générosité, des envolées, de la tragédie et du ressentiment : tout ce qui fait le terreau d’une aventure réussie. Et l’air de rien, Laurent Astier continue d’instiller certains germes bienvenus (liberté, émancipation, lutte contre le racisme, mouvances politiques) dans une histoire avec des héroïnes intrépides. Une histoire bien ficelée et surtout intelligente. Vivement la suite (et fin) !

Mis à jour le 11 septembre 2026
Maintenant qu’on a les armes, on pourrait les garder pour nous… Je pourrais enfin être un général reconnu ! Les autres généraux au sang plus espagnol arrêteraient enfin de me traiter comme un « cholo », un vulgaire sang-mêlé.
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