CHRONIQUES

livres • bandes dessinées • comics
Prix : 19,95 €
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ISBN : 978-2-38738-005-0
Nombre de pages : 366
Format : 20 X 15 CM
Année de parution : 2026
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9 / 10

Le Laboratoire des ombres. 2, Faire hurler la matière

David S. Khara nous propose un nouveau cocktail à base d'espions, de savants fous, de steampunk, de sciences et de complot. Comme à son habitude, le mélange est détonant et de qualité. Une réussite.

En 1841, en pleine mer, alors qu’il n’y a aucune tempête, ni aucun événement particulier, un bateau français, puis un deuxième coulent mystérieusement. Les services français sont sur les dents et comme la puissance maritime de l’époque est anglaise, ils envoient des espions en Angleterre pour tenter de découvrir ce qui se trame. Du côté adverse, les services secrets anglais sont encore à l’état embryonnaire. Leur chef envoie Ashton, son seul agent disponible, pour essayer d’en savoir plus en piégeant les Français. Ce qui la plupart du monde ignore c’est que Ashton est une femme, une noble. Elle parvient à rencontrer le responsable des services français qui lui annonce qu’ils ne cherchent pas des Britanniques mais un mystérieux personnage, un savant fou, qui aurait obtenu une machine secrète et destructrice en la volant à des savants allemands. En parallèle, Michael Faraday, un savant britannique ami d’Ashton, qui pense que Newton, décédé depuis, a laissé des notes scientifiques qui pourraient concorder avec cette invention dangereuse, part à la campagne, là où Newton avait son célèbre pommier, afin de trouver ses archives et aider à la compréhension du phénomène mortel qui se prépare.

Deuxième volet des aventures d’Ashton et Faraday dans cette période historique foisonnant qui voit les débuts de la science moderne s’affermir, le récit de David S. Khara se déroule en deux intrigues parallèles qui se répondent avec soin et vont permettre de comprendre ce qui se cache derrière cette nouvelle invention. D’un côté, les actions fortes en suspense et en dynamisme d’Ashton face aux espions français puis aux manœuvres d’un dangereux ennemi (qui, le lecteur le subodore depuis le début, est lié à celui qui parvient à disparaître à la fin du premier volet) et, de l’autre, le jeu de pistes tortueux de Faraday pour comprendre ce qu’avait découvert et « caché » dans ses documents de travail Newton, aventures plus intellectuelles certes, mais menées avec le même sens du suspense. Faire hurler la matière (doté là aussi d’une postface très intéressante sur les travaux des savants impliqués d’une façon ou d’une autre dans le récit) est un mélange réussi entre une intrigue policière-thriller de grande qualité qui sait se servir de sa documentation pour décrire une Angleterre du XIXe siècle très convaincante, autant dans ses milieux huppés que dans ses bas-fonds, et une utilisation des sciences de l’époque, qui rappellera aux amateurs de S.-F., ce courant que l’on appelle le steampunk, pour offrir un récit fort, ayant parfaitement digéré (et modernisé) les leçons de Jules Verne et des feuilletonistes. David S. Khara en s’appropriant tous ces codes nous invite à lire un récit nerveux, palpitant, qui ne prend jamais son lecteur pour un idiot. Il lui offre ainsi un très agréable divertissement comportant des informations intéressantes sur l’état des sciences. Un cocktail parfait et très réussi qui pousse le lecteur à attendre (avec impatience) la suite.

Mis à jour le 26 septembre 2026
Partout, les hommes hurlaient, les cordages claquaient, des vergues se fendaient. Les mats oscillèrent soudain, comme s’ils se dissolvaient dans l’air. L’un d’eux explosa, projetant une gerbe d’esquilles dont certaines frappèrent de plein fouet plusieurs membres d’équipage. Le capitaine porta la main à son sabre avant de se rendre compte à quel point ce réflexe était futile.
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