Pendant longtemps, Paul Slater a été un bon mari et père de famille habitant Barnsley, dans le nord de l’Angleterre. Il a aussi, sur une période allant de 1975 à 1987, enlevé et tué cinq femmes… La mère de Jane Slater a prétendu que son père était emprisonné pour escroquerie jusqu’à ce que sa fille apprenne la cruelle vérité. Aujourd’hui, elle s’appelle Jenny, vit dans le petit village de Coleton Combe où elle tient un cabinet vétérinaire avec Mark, son mari. Mais elle souffre encore de terreurs nocturnes, sans doute liées à sa crainte que quelqu’un découvre sa véritable identité. Un beau matin, elle se réveille sur le sol de la cuisine, les doigts noirs de terre, sans aucun souvenir de ce qui s’est passé. Une nouvelle crise de somnambulisme ? Sauf que le soir d’avant, une certaine Olivia Edwards a disparu en rentrant du pub. Olivia avec qui Mark a eu une brève liaison… Et Jenny commence à retrouver des cadavres d’animaux devant sa porte. Sa mère, qu’elle a abandonnée vingt ans plus tôt, a-t-elle retrouvé sa trace ? Que s’est-il passé ce soir-là ? Peut-on être meurtrier de père en fille ?
Dans le morne paysage du thriller-Netflix, La Femme du serial killer était sinon une bonne surprise, du moins un roman qui pouvait prétendre au haut du pavé et qui, en toute logique, a obtenu son Saint Graal : une adaptation sur une chaîne câblée. Ce nouvel opus (en attendant La Concierge du serial killer ?) ne risque pas d’innover sur ce nouveau sous-genre : plusieurs points de vue à la première personne, narration au présent, milieu d’une classe moyenne aisée (comme, on le présume, les lectrices potentielles), protagoniste avec un Lourd SecretTM… On est en terrain connu, sauf qu’on ne retrouve ni ces héroïnes nunuches agissant en dépit du bon sens comme dans un Had-I-but-known poussiéreux, ni invraisemblances criantes qui envahissent le genre (ce qui, apparemment, n’empêche pas de se vendre…). On a même droit à un brin de suspense, toute proportion limitée, et si la conclusion est comme toujours plus simple que ce qui a précédé, au moins, elle est logique. Un travail d’honnête artisan, quoi !