Le petit-fils d’Arsène Lupin suit les pas de son ancêtre cambrioleur de génie. Épaulé par le tireur d’élite Jigen et le samouraï Goemon, il ne manque absolument pas d’audace pour parfaire ses coups et s’attirer l’éternelle poursuite inamicale de l’inspecteur Zenigata. Le vol téméraire de l’œuf de Voronovo va cependant changer la donne : son ancien propriétaire, Monsieur Muscovic lance à ses trousses Handjager, tueur impitoyable, humanoïde de la pire espèce. Mais ça, c’est bien le cadet des soucis de Lupin III. Sa meilleure ennemie Fujiko lui a annoncé qu’elle quittait le jeu pour fonder une famille. Et tout Lupin qu’il est, il a besoin d’adrénaline, de compétitivité et de sentiments. Lupin III va donc s’efforcer de surpasser (ou de tuer psychanalytiquement parlant) non pas le père mais le grand-père en partant à la poursuite d’une quête inachevée du grand Arsène, faire main basse sur la « Merveille ». Pour ce faire, il aura besoin de ses amis, de lettres cachées dans un tableau, de conseils d’un homme qui déambule à Alcatraz et de beaucoup de jugeote. Surtout, il devra se rendre à Moscou comme toute une flopée de gens qui lui en veulent pour beaucoup de raisons ou beaucoup d’autres…

Avec cette bande dessinée européenne qui hésite un peu entre manga et comics, José-Luis Munuera et Kid Toussaint rendent hommage au mangaka Monkey Punch qui a créé en 1967 la série, déclinée en anime, « Lupin III ». Cette aventure un brin loufoque permet des allers et retours entre le présent (Lupin III) et le passé (Arsène Lupin) histoire de montrer que si le temps passe, tout n’évolue pas. On s’amuse des échecs d’un policier qui use toujours plus ou moins des mêmes méthodes (la pyramide !) avec toujours la même non réussite. Avec un dessin très stylisé (avec une ambiance très victorienne pour le passé et un dessin plus dans l’air du temps pour le présent, mais toujours en sous-main un petit côté steampunk), on suit donc l’épopée d’un super-anti-héros sympathique, qui traîne son spleen, et qui se décide à résoudre une ultime quête (qui devrait après le laisser devant l’inanité de sa vie). Quête qui le mènera dans les profondeurs de Moscou non sans avoir au préalable effectué une petite visite de courtoisie à l’une des pires prisons du monde, ni sans avoir roulé plus ou moins dans la farine tous ses complices et quelques ennemis mais dans un but avouable. C’est plein de rythmes, de rebondissements, de surprises, de moments jouissifs. Surtout, le scénario est habilement construit pour montrer que tout ce qui semble décousu (de fil blanc) ne l’est pas tant que ça. Une jolie réussite