CHRONIQUES

livres • bandes dessinées • comics
Prix : 20,90 €
INFORMATIONS LIVRE
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ISBN : 979-10-339-2303-9
Nombre de pages : 440
Format : 21 X 14 CM
Année de parution : 2025
Titre original : The Tradwife's Secret
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2 / 10

La Tradwife

Auteur :

Liane Child nous entraîne dans l'intimité d'un couple dans l'air d'un temps avec un masculiniste, une tradwife, des enfants et des réseaux sociaux. Tout pourrait être parfait à partir de ce point de départ d'autant plus qu'il y a une "petite" arnaque du couple propice à donner un roman détonant. Mais l'ensemble, confus quoique très léger, s'enfonce peu à peu dans les profondeurs...

Madison March vit la vie de rêve de la tradwife, femme au foyer soumise – Michael, un mari masculiniste, le Ken de cette Barbie, un ranch en pleine nature, quatre et bientôt cinq enfants le tout sans graisse ni vergetures… mais avec des millions de followers sur les réseaux sociaux. Sauf que sa vie et sa maison parfaite ne tiennent que grâce à de nombreuses petites mains faisant tout le travail, dont Lori, indispensable cuisinière, gouvernante… et mère porteuse, puisque les grossesses médiatisées de Madison étaient feintes pour être sûres de ne pas abîmer sa plastique. C’est Lori qui va mettre au monde ce cinquième enfant, comme elle l’a fait avec les autres. Arrive dans ce monde idyllique Cally, une jeune tutrice pour ces enfants qu’il n’est pas question d’envoyer à l’école. Cally que Madison a choisi pour qu’elle ressemble le moins possible à celles qui plaisent tant à Michael. Et pourtant, alors que Noël approche, les passions vont s’exaspérer. Jusqu’où peut-on aller dans cette quête incessante de gloire ? Jusqu’à devenir un monstre ?

Il faut croire que dans les cours d’écriture (ou plutôt de formatage, il n’y a rien de « créatif » dans tout ça), les instructeurs donnent tous les mêmes consignes. Ce roman suit à la lettre les règles du thriller-Netflix. Et a de fortes chances de se vendre, vu qu’on dirait qu’il y a une prime à la médiocrité…Voyons si toutes les cases sont bien cochées. Un récit au présent avec plusieurs narratrices, utiles ou inutiles (le personnage de Cally pourrait sortir de l’intrigue sans trop de modifications, et sa raison d’être sur place est cousue de fil blanc : gagner de quoi rembourser la dette contractée en son nom par un frère dont il est dit qu’il est plutôt riche. Espère-t-elle récolter 50 000 dollars en servant de tutrice pendant quelques mois ?) Une narratrice principale avec bien sûr un Lourd SecretTM. Un milieu CSP+, comme le lectorat visé. De longues descriptions pour mouliner du texte comme dans toute série télévisée où le peu qui se passe doit être étiré au maximum. Des retournements finaux parce qu’il en faut sans trop se soucier de savoir s’ils sont crédibles (l’un est particulièrement capillotracté) ou relèvent de la rétention d’information. De plus, les différentes narratrices sont si peu différenciées qu’il est difficile de savoir qui parle exactement. Notre héroïne n’a aucune consistance, puisqu’il est impossible de savoir si elle aime ou déteste son existence, si elle a choisi sa soumission (ce qui semble être le cas) ou se l’est vue imposée, comme si Liane Child tentait de ménager la chèvre et le chou. Et s’il s’agit de l’humaniser, c’est raté, car elle a plutôt l’air de la drama queen (puisque dans ce genre de récit, les anglicismes sont de rigueur pour faire swag) capricieuse de base. On ignore également comment Michael est devenu un masculiniste et survivaliste borné, les personnages masculins n’ayant même pas l’épaisseur de deux caractéristiques sur un post-it en salle de développement : ils font acte de présence et c’est tout. De plus, l’autrice a dû louper un ou deux de ses cours d’écriture puisqu’elle a tendance à décrire plutôt que montrer, ce qui est contraire aux règles que connaît tout auteur digne de ce nom. Le gag final cynique qui doit également rentrer dans les cases est bien vu mais déjà traité, et rend le portrait de l’héroïne encore plus inconsistant, en faisant soudain une sorte de génie de la débrouille contredisant tout ce qui a été dit auparavant. Bref, un récit dans l’air du temps qui est plutôt à la décadence du genre. Et le pire, c’est que ça va se vendre…

Mis à jour le 1 octobre 2026
Je pensais que notre rêve nous apporterait, à Jonah et moi, tout ça et bien plus encore. Je croyais ces créatures qui me racontaient qu’être femme au foyer était la voie rapide vers le bonheur. En réalité, tout ce que ça fait, c’est bousiller les gens. Détruire l’amour.
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