CHRONIQUES

livres • bandes dessinées • comics
Prix : 18,00 €
INFORMATIONS LIVRE
Édité chez
Langue :
ISBN : 978-2-203-28425-8
Nombre de pages : 88
Format : 31 X 24 CM
Année de parution : 2026
Crédits
Illustrateur(s) :
Scénariste(s) :

Adapté du roman de Léo Malet et de l’univers graphique de Tardi.
Couleurs : Philippe de la Fuente.

Contexte
Époque : ,
Pays :
CHRONIQUES > LIVRES >
7 / 10

Nestor Burma dans l’île

Série :
Illustrateur :
Scénariste :

Le détective qui met le mystère K. O. embarque pour une petite île bretonne avec ses mystère et ses crimes cachés. Une histoire classique du roman noir, parfaitement maîtrisée d'abord par Léo Malet puis par François Ravard. L'auteur de bande dessinée, particulièrement inspiré, signe un joli épisode.

En ce mois de novembre 1968, Nestor Burma a reçu une invitation par télégramme de la part d’Ernestine Chambaud. La vieille dame le convie à venir lui rendre visite sur l’île bretonne de Men-Bahr. Le détective se doute que ce n’est pas pour parler ensemble des dix années écoulées sans avoir donné de leurs nouvelles (il avait alors sorti son neveu Arthur d’un drôle de bain). Mais quand après quelques péripéties autochtones et mécaniques, il arrive à la villa Cactus, la vieille dame est décédée, de causes naturelles d’après le médecin. Cependant, le flair de Burma lui intime de rester quelques jours sur les lieux. Quelques jours durant lesquels il va faire la connaissance de gens du coin plus ou moins respectables, mais aussi d’une femme infidèle accompagnée de son homme à tout faire qui végète dans une riche villa de l’île. Surtout, il va croiser de loin ou de dos (mais avec une matraque) quelques inconnus. Ce qui turlupine Burma, c’est la disparition d’Annette, la bonne d’Ernestine Chambaud. Ça et aussi le fait qu’il n’a pas reçu une lettre qu’il aurait dû recevoir. Pendant ce temps, sur le continent, on reparle du vol des perles de la princesse Nosselov, quelques années auparavant. Nestor Burma, après quelques coups et quelques mises en scène qui pourraient l’incriminer pour un autre crime, finit par additionner 2 et 2 à partir de la disparition de deux numéros de la revue « Police magazine » que la tante Ernestine collectionnait. Le détective peut alors partir tel le héros messianique qu’il est, le soleil dans le dos à bord d’une décapotable en charmante compagnie.

Cette quatorzième adaptation d’un roman de Léo Malet dans l’univers de Jacques Tardi est signée François Ravard. Magistralement signée pourrait-on dire tant l’homme réussit le tour de force de respecter l’univers graphique de Tardi tout en se l’accaparant (en une courte phrase : il trahit fidèlement). Son personnage de Nestor Burma est toujours le même – un homme caustique, à l’humour féroce, parfois débordant, qui fait bien son métier, avec quelques scrupules, et qui s’en sort sans la moindre commotion cérébrale (une gageure dans un épisode où il se fait cogner du poing en pleine face, matraqué de dos et assommé avec un presse-livre en fer forgé). Mais il y a quelque chose dans les traits qui le différencie du Burma de Tardi. Et puis les pages de l’enquêtes sont plus claires, ont plus de lumière. Quelque part sont plus radieuses, moins volontairement plombantes. Dans une intrigue très linéaire où chaque détail à son importance, la résolution, elle, n’est guère importante même si on se prend à la débusquer avant le héros (et ce malgré une fausse piste). On parcourt cette île bretonne en compagnie d’un détective (et de ses pensées) à la recherche d’une solution et qui ne trouve que des ennuis (et fait des rencontres hasardeuses). Il y a une jolie mélancolie qui s’empare de cette enquête. Quelque chose de léger, et pourtant la trame est une véritable trame de roman noir. Quand on la discerne, elle est implacable, impeccable. Pour François Ravard, la mission est pleinement accomplie.

Mis à jour le 11 septembre 2026
J’aimerais ne pas soumettre sans cesse mon ciboulot à la torture, mais on n e se refait pas ! Et quand je sens que quelque chose ne tourne pas rond…
CONTINUEZ VOTRE LECTURE..