Frédéric Daoust est une personne invalide qui a réussi à obtenir un travail protégé et peut ainsi savourer sa vie en s’adonnant à des jeux vidéo en toute quiétude. Une vie simple qui pourrait perdurer, aidée par sa mère qui est aux petits soins pour lui. Mais tout peut s’écrouler rapidement car la CAF, qui verse des allocations à un homme handicapé, ne peut pas accepter d’en avoir versé à quelqu’un qui travaille, même justement sous statut protégé. Aussi elle suspend les aides et en même temps demande le remboursement de « sommes indûment perçues ».
Comme un malheur n’arrive jamais seul, la mort du père de Frédéric et le fait que sa mère se remette en ménage avec un autre homme qui veut l’emmener dans une autre région, complique encore la donne. Et l’assistante à domicile de Frédéric, qui lui octroie aussi des faveurs sexuelles, l’emmène en balade pour le calmer. Mais, suite à un incident mécanique (son fauteuil roulant crève à cause du clou du titre), la jeune femme fait un écart et est écrasée. Frédéric est perclu de douleur mais c’est interprété aussi comme une volonté de sa part d’avoir voulu tuer son assistante. Il est placé en maison de repos médicalisée où il va rencontrer un homme qui va devenir son ami et qui a de grandes idées. Comme quoi, tout peut vite déraper…
Un résumé court pour un texte, premier volet, de Jean-Baptiste Barreau qui l’est tout autant et qui a au moins le mérite d’être surprenant : nous suivons un personnage dans des digressions perpétuelles, avec parfois des scènes qui se rapprochent du parodique (il y a notamment pour les amateurs de littérature policière, une sorte de version d’Agatha Christie dans une maison de vacances où se retrouvent de nombreuses personnes). Il y a également un côté noir avec ce personnage central handicapé qui va se trouver ballotté de droite et de gauche, au gré des possibilités, embarqué dans des affaires complexes. On sourit, on suit ces aventures même si au final on se pose la question and so what? Les lecteurs plus intéressés par la rigueur, un récit extrêmement construit, risquent de ne pas apprécier cette aventure littéraire un peu particulière. En effet, il faut accepter ce côté décalé, qui rappellera peut-être des récits de ce genre dans les années 1980, où l’on écrit un peu au fil de la plume, porté par son inspiration pour apprécier tout le sel d’une intrigue relâchée.