C’est un choc qui attend Lori et Bill, Américains expatriés en Angleterre, dans les Cotswolds : leur petit village de Finch connaît son premier meurtre depuis des années ! La victime est Prunella « face de prune » Hooper, tuée d’un bon coup sur le crâne. Or le premier suspect est Christopher Anscombe-Smith dit Kit, un ami de Lori : c’est à cause des commérages de Hooper qu’il ne peut se dépêtrer de Nell Harris, une adolescente de quinze ans qui s’est entichée de lui. Hooper l’a incitée à déclarer sa flamme, et lorsqu’une fille de quinze ans convoite un homme de trente, il est forcément responsable de tout… Comme la police semble surtout se presser de ne rien faire, voyant l’effet qu’a cette histoire sur son ami, Lori décide de mener l’enquête avec un professeur d’autodéfense. Or il apparaît vite que Kit n’est pas le seul à avoir une dent contre Hooper : cette langue de vipère était universellement détestée pour ses commérages. Comment faire lorsque tout le monde est un suspect potentiel ?
Si ce point de départ vous évoque Le Crime de l’Orient-Express (un mort que tout le monde détestait pour une raison ou une autre), sans déflorer, la résolution est tout autre. Mais là, pour revenir à Agatha Christie, rien ne semble avoir changé depuis Miss Marple : tous les clichés du genre sont convoqués à travers une intrigue presque uniquement en dialogues (des fois qu’une série télévisée puisse pointer…). L’amateur du genre veut surtout ne pas être bousculé (il faut déjà admettre cette tante fantôme — on se demande d’ailleurs pourquoi ce titre puisqu’elle intervient peu et n’enquête pas), mais là, on n’a rien qui ait été déjà vu ailleurs, y compris dans les autres romans de la série (oui, une fois de plus, notre narratrice trouve un beau mâle dont elle va s’enticher), même si la conclusion offre une distance ironique inattendue. C’est tout de même léger… Mais il faut croire que cela suffit, la série comptant 26 tomes à ce jour, et d’après les titres, prendrait des détours vers le fantastique. À vérifier…