La famille Varin, installée dans le Jura, s’est hissée au niveau mondial des entreprises pharmaceutiques grâce à son inventivité et à un partenariat important avec un groupe américain. Une success story qui a failli être brisée cinq ans auparavant lorsque l’une des dirigeantes, mariée à un Varin, a été enlevée et abattue par des terroristes en Inde, laissant son mari, Grégoire, complément traumatisé. Mais cinq ans ont passé et une information pourrait relancer l’enquête mais visiblement les autorités françaises et indiennes aimeraient mieux l’étouffer. La police jurassienne envoie donc Saliha, une nouvelle venue, pour prévenir Grégoire que cette nouvelle piste sera peut-être peu suivie d’effets. Ce dernier demande en contrepartie à la policière si elle connaît un collègue qui pourrait endosser le costume de détective privé, et elle lui conseille de se rapprocher de son ancien chef, Erik, mis sur la touche et exclu de la police car il avait arrêté son propre chef, ce qui lui a valu un retour de bâton sauvage. Le dit Erik accepte d’enquêter : cela lui permet de revenir dans le métier et surtout l’offre est alléchante avec sa grosse paie assortie de la possibilité d’utiliser les réseaux du groupe pour revenir dans la police. En fouillant, Erik commence à trouver des détails qui gênent, des haines importantes à l’intérieur des membres de la famille. Lorsqu’il est victime, à son tour, d’une tentative de meurtre, il comprend qu’il est en train de dénouer des fils. Il lui faut alors aller chercher des preuves en Inde.
Le récit d’Emmanuel Grand alterne deux récits, l’un contemporain qui relate l’enquête d’Erik qui s’appuie en même temps sur les compétences de Saliha pour certaines démarches policières. L’autre qui revient sur les événements qui ont précédé l’attentat en Inde. Pour le lecteur habitué à ce genre de romans, cette alternance ouvre rapidement les perspectives et, qui plus est, les « bonnes ». Il y aura heureusement dans les derniers chapitres un autre rebondissement qui rabattra un peu les cartes. En tout cas, les personnages sont dessinés avec soin, les scènes de réflexion et celles d’action alternent de manière efficace pour faire du Sang des nôtres un thriller qui se laisse lire et qui est très agréable.