CHRONIQUES

livres • bandes dessinées • comics
Prix : 22,90 €
INFORMATIONS LIVRE
Édité chez
ISBN : 978-2-7144-9321-7
Nombre de pages : 352
Format : 23 X 15 CM
Année de parution : 2025
Titre original : More Than A Face
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8 / 10

L’Homme qui n’avait pas assez d’une vie

Douglas Kennedy offre une suite à son roman L'Homme qui voulait vivre sa vie. Une suite un peu plus complexe mais parfaitement maîtrisée tout en portant un regard sur la société. Un roman classique et apaisé. Réjouissant.

Ben Bradford, qui rêvait d’une carrière de grand photographe, est marié avec deux enfants et a une vie simple. Mais sa mère a pris un amant, un fils de famille, qui vit sur l’argent paternel et est un photographe raté. Lors d’une discussion orageuse, Bradford tue le photographe. Puis, il utilise le corps du mort pour faire croire à sa propre mort sur un bateau et s’enfuit avec ses papiers. Dans une nouvelle vie, il prend des photos qui vont le mener au succès. Il essaie de ne pas apparaître au premier plan et laisse sa nouvelle compagne enceinte, s’occuper de sa carrière. Mais il risque d’être rattrapé par son passé à cause d’un maître chanteur. Alors que les deux hommes sont dans une voiture, un accident arrive et la voiture prend feu. Bradford parvient à fuir et le corps brûlé sera considéré comme le sien. Il refait alors encore une fois sa vie ailleurs avec sa compagne et leur enfant. Trente ans ont passé et sa femme vient de mourir. Bradford, sous le nom de Tarbell, s’ennuie un peu. Son fils est devenu journaliste et va révéler un scoop qui pourrait changer sa vie : il a découvert qu’un avocat a réussi à voler le dernier scénario de son « client » qui vient de mourir et l’a vendu sous son propre nom. Or cet avocat indélicat n’est autre que son frère, celui né du premier mariage. L’avocat a disparu, mais Bradford veut « sauver » ses deux fils et les réconcilier. Comment faire sans lui même se trahir ? Et si pour cela il fallait récupérer le magot que conserve l’ancienne agente du photographe mort ?

En 1997, paraissait L’Homme qui voulait vivre sa vie, qui racontait déjà une partie de cette histoire. Douglas Kennedy revient sur ce roman en en faisant la toile de fond (assez présente) d’une sorte de suite où il faut recommencer à fuir, à se cacher. Ici, le roman repart donc en complexifiant les choses puisque le personnage va devoir continuer à se cacher tout en enquêtant et en trouvant des façons de renouer avec sa famille et d’offrir des portes de sortie à ses descendants alors qu’au départ ils poursuivent des buts complètement contradictoires. C’est l’occasion pour Douglas Kennedy, au milieu d’une intrigue qui mélange le passé et le présent, de tourner, retourner, contourner une intrigue serrée, de dresser des liens et de décrire en même temps un pays en proie au doute. Servi par une construction rigoureuse, par des allers-retours maîtrisés entre les personnages et les temporalités, avec un homme au centre qui n’aspire qu’à vivre tranquillement sa retraite et ses dernières années. Le tout compose un livre, classique, apaisé, brillant, parfois caustique ou ironique, parfaitement maîtrisé. Un ouvrage dans la lignée de ce qu’écrit l’auteur : fin, élégant, construit et gracieux.

Publié le 24 mai 2026
Mis à jour le 13 mai 2026
Le viseur. Fermez un œil et regardez à travers cette minuscule ouverture. Que voyez-vous ? Un cadre contenant une image qui, d’une certaine façon est réelle… puisqu’elle se trouve juste en face de vous. Mais qu’est-ce que ça veut dire, être réel, à travers l’objectif d’un appareil photo ?
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