CHRONIQUES

livres • bandes dessinées • comics
Prix : 13,90 €
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Édité chez
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Numéro collection : 429
ISBN : 979-10-353-3249-5
Nombre de pages : 366
Format : 18 X 11 CM
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6 / 10

Du sel dans les plaies

Isabelle Ménard continue d'arpenter le côte Atlantique en nous proposant des intrigues localisées. Elle choisit ici l'île de Ré, s'intéresse à l'un de ses aspects, y mêle un assassinat, une énigme et des taiseux. Le tout donne un roman agréable qui montre la tendresse de l'autrice pour ses personnages.

C’est une équipe de gendarmes assez hétéroclite qui opère sur l’île de Ré. Son chef est arrivé là car il gênait ses collègues de la police parisienne. Une vie calme normalement avec un taux de criminalité assez faible (surtout si l’on évite de trop surveiller les « paysans du sel » qui continuent depuis des siècles la tradition locale : à savoir détourner une partie de leur production pour la vendre au noir, sans payer les taxes qui ruinent le petit commerce. À leur tête, une sorte d’association : le cercle des producteurs. Principal représentant du syndicat ainsi créé : Étienne Roussel. L’homme a été amoureux  il y a vingt ans de Léa, une jeune femme, Léa, qui a quitté brusquement l’île après avoir menacé le cercle de dénoncer ses pratiques illégales. Étienne Roussel qui, depuis cette époque, couche avec tout ce qui bouge, au grand désespoir de sa femme. Aussi, quand on découvre son cadavre, le nez dans le sel, le visage complètement détruit, les suspects ne manquent pas. Les gendarmes essaient de trouver des indices mais c’est compliqué dans un milieu où l’on parle peu et où tous semble être courant des pratiques adultérines du défunt, sans trop s’en formaliser. Quand en fouillant les environs, les gendarmes tombent sur de la terre remuée et mettent à jour le cadavre d’une jeune femme, enterrée depuis vingt ans, une nouvelle enquête peut voir le jour…

Récit classique qui raconte à la fois une enquête précise avec des détails sur les gendarmes et leurs pratiques, sur certains écueils de leur métier, qui développe des éléments sur le terroir évoqué, Du sel dans les plaies parvient à obtenir un petit supplément d’âme en jouant avec un humour (assez tendre) sur l’histoire et sur les personnages, en baguenaudant, en prenant des chemins de traverse, en dressant des portraits hauts en couleurs. Le mélange entre les deux histoires qui se rejoignent, celle du passé et celle du présent, le récit qui se concentre sur la vie un peu recluse des îliens, permet d’acheminer le lecteur, de le prendre par la main et de lui conter de manière agréable une intrigue intéressante menée avec soin et avec le désir, qui se sent, de conserver le lecteur. Le roman, sous titré, « À Ré on ne meurt jamais d’ennui », sans prétendre au chef d’œuvre, offre une lecture qui prend son temps et n’ennuie jamais le lecteur (qui donc ne mourra pas non plus de cela).

Mis à jour le 3 juin 2026
Ce matin-là, l’île de Ré s’enveloppait d’un linceul de brume, cherchant à protéger ses secrets des regards indiscrets. Les marais salants, étendues silencieuses où l’eau joue avec le sel depuis toujours, se noyaient sur une nappe moite et grise.
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