Officier de police à Lyon, Philippe Dutrieu a arrêté de manière extrêmement musclée un coupable. Action qui a été filmée. Le temps que les choses se tassent, le policier a été envoyé en Islande pour se faire discret. Mais à peine arrivé, il est confronté à une affaire : une jeune femme française, journaliste, est morte lors d’une réception diplomatique à l’ambassade de France à Reykjavik. Elle aurait mangé des canapés qui auraient contenu des produits auxquels elle était allergique. Il convient d’entériner l’accident selon l’ambassadeur. Mais Dutrieu est surpris car le dit ambassadeur semble avoir des liens étroits avec un homme politique islandais et sa femme, qui brigue la mairie de Reykjavik, et ces deux personnages semblaient être justement dans le collimateur de la journaliste. De plus, l’organisateur du buffet ne comprend pas car il avait extrêmement fait attention à éviter tous les allergènes possibles. Et la défunte avait dans son sac une photo qui montrant les liens anciens entre le couple islandais et l’ambassadeur…
En liaison avec l’association qui gère le festival Quais du Polar à Lyon, Points propose des enquêtes à quatre mains, entre un Français et un étranger, afin de présenter un polar qui noue les deux pays. Exil(s) islandais est le cinquième roman né de ces rencontres où chaque auteur écrit un chapitre puis passe le bébé à son collègue, et ainsi de suite. Nous voici donc ici dans une enquête classique : un policier en délicatesse mis à l’écart, mais confronté à un meurtre qui pourrait soulever des lièvres et des scandales, dans un pays étranger, et mettant eu cause des personnages politiques. C’est un récit rapide, rythmé et bien mené, dans lequel Eva Björg Ægisdóttir et Jérôme Loubry, les deux auteurs, jouent leur partition de concert et se répondent avec soin, pour présenter un peu leur pays et les différences culturelles, au sein d’une intrigue classique et sérieuse. Une collection qui avait déjà fourni des textes de qualité, celui-ci ne déméritant pas.