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Eugène Sue

MAJ lundi 24 septembre 2012
© Charle-Émile Callande de Champartin (détail)

Biographie Eugène Sue


Naissance à Paris le 26 janvier 1904.
Mort à Annecy-le-Vieux le 03 août 1857.
De son vrai nom Marie-Joseph Sue, il est le fils d'un chirurgien de la Garde impériale de Napoléon Ier, par ailleurs chevalier héréditaire par lettres patentes du 17 février 1815. Il a pour marraine Joséphine, l'épouse du Premier Consul de la République française, et pour parrain Eugène de Beauharnais. C'est donc à une jeunesse dorée qu'est destiné cet élève du Collège Bourbon (aujourd'hui Lycée Condorcet). Cependant, c'est un écolier médiocre qui le quitte, en 1821, sans terminer sa rhétorique. Il entre comme chirurgien surnuméraire à l'Hôpital de la Maison du Roi, sous les ordres de son père. En tant que praticien, il participe à la guerre d'Espagne (1823), puis revient à Toulon jusqu'en 1825, date à laquelle il démissionne de sa charge pour rentrer à Paris. Il mène alors une vie de dandy et collabore à La Nouveauté.
En 1826, il embarque comme médecin pour les mers du Sud. En 1827, il combat contre les Turcs lors de la bataille de Navarin. En 1828, rentré à Paris, il devient l'élève du peintre Gudin. C'est en novembre 1829, qu'il débute sa collaboration à La Mode et à d'autres journaux du même ton. En 1830, il est admis dans les salons de l'aristocratie, fréquente les coulisses des théâtres, les comédiennes, les champs de course, adhère au Jockey Club en 1834, dès sa création. Il a commencé à publier une série de romans maritimes inspirés de sa propre expérience : El Gitano, Kernok le Pirate... Ces romans contrastent, par leur tonalité, leur brutalité, avec les chroniques nonchalantes et son personnage frivole.
Rien ne prédispose donc Eugène Sue à devenir l'observateur, l'interprète des déshérités, leur représentant, avec le suffrage universel qui le porte, après plusieurs tentatives, député en 1850. Pourtant, dès 1837, dans Lautréamont, il dresse un portrait irrespectueux du roi. Son roman est taxé de "roman républicain" et lui ferme nombre de portes. En 1838, ruiné, il est mis à l'écart et se retire en Sologne. Cette rupture se consomme totalement lorsqu'il prend la défense du divorce dans Mathilde.
En 1841, à l'issue d'un diner chez un ouvrier, il déclare : "Je suis socialiste", et le 9 juin 1842 débute, dans Le Journal des Débats, Les Mystères de Paris, un feuilleton-roman (la postérité a inversé les termes) qui ne prendra fin que le 15 octobre 1843. Ces aventures suscitent un engouement sans précédent. Ses pages sont attendues quotidiennement, les gens se réunissent auprès de ceux qui savent lire pour avoir la suite des péripéties du mystérieux Rodolphe. L'histoire fascine jusqu'au plus haut sommet du gouvernement. On assiste à une multiplication de romans portant "Mystères" dans leur titre : Les Mystères de Londres de Paul Féval, Les Vrais Mystères de Paris d'Eugène-François Vidocq. Victor Hugo commence un roman Les Misères, qui deviendra, quelques années plus tard Les Misérables. Aujourd'hui encore ce mot fait recette avec Les Nouveaux Mystères de Marseille de Jean Contrucci, Les Mystères de Bruxelles de Dulle Griet...
C'est en octobre 1843, également, que parait Des Jésuites, de Michelet et Quinet, un ouvrage qui influence Sue et lui inspire Le Juif errant. Ce feuilleton débute le 25 juin 1844 dans Le Constitutionnel, pour se terminer le 12 juillet 1845.
Ces deux romans marquent l'apogée d'Eugène Sue. L'effet de surprise et de nouveauté se dissipe. L'auteur est contraint de se répéter. De plus, la concurrence est féroce avec Honoré de Balzac, Alexandre Dumas, Paul Féval...
Son œuvre se compose, comme le rappelle Francis Lacassin, "de sept romans exotiques et maritimes, onze romans de mœurs, dix romans historiques, quinze autres romans sociaux (dont une série intitulée Les Sept Péchés capitaux), deux recueils de nouvelles, huit ouvrages politiques, dix-neuf œuvres théâtrales (comédie, vaudeville, drame) et six ouvrages divers".
En 1852, après quelques semaines d'emprisonnement, suite au coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte, il est forcé à l'exil et se réfugie sur les terres de la Couronne de Piémont-Sardaigne, en Savoie, à Annecy. C'est là qu'il s'éteint, quelques années plus tard, vaincu par la maladie. C'est un autre proscrit républicain, le colonel Charras, qui assiste à ses derniers instants et accomplit sa volonté d'être inhumé civilement "en libre-penseur" dans les États de Savoie.


On en parle : ChériBibi3 (Article) | Le Rocambole42 (Texte) | Télérama3108-3109 (Article)

* Bibliographie actuellement recensée sur le site



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