k-libre - auteur - Philippe-Auguste-Mathias Villiers de L'Isle-Adam

Le Tutu a dépassé depuis longtemps le stade d'intoxication où on roule encore sous la table de loin en loin. Il a atteint ce point où la sobriété n'est plus qu'une île peuplée de monstres grouillants et ne peut mener qu'à une mort ignominieuse. Autrefois adepte de la biture brutale, il est devenu un fruit confit qui s'entretient avec un soin méthodique.
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Philippe-Auguste-Mathias Villiers de L'Isle-Adam

MAJ samedi 06 février 2010
© D. R.

Biographie Philippe-Auguste-Mathias Villiers de L'Isle-Adam


Naissance à Saint-Brieuc le 07 novembre 1838.
Mort à Paris le 18 août 1889.
Prénommé Mathias par ses parents, appelé simplement "Villiers" par ses amis, il est issu de la noblesse de robe parisienne. Son premier ancêtre avéré est un certain Jean de Villiers, établi comme procureur des comptes au début du XVIIe siècle. Son petit-fils, lui aussi nommé Jean de Villiers, alla s’installer en Bretagne et ajouta à son nom le toponyme "de L’Isle-Adam" en vertu d’une prétendue parenté – tout imaginaire – avec la très ancienne famille bretonne des Villiers, seigneurs de L’Isle-Adam, formant une illustre lignée de représentants de la noblesse d’épée parmi lesquels on retiendra Philippe de Villiers de L'Isle-Adam qui fut grand maître de l’ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem de 1521 à 1534. C’est sous le gouvernement de celui-ci que l’ordre dut quitter Rhodes pour Malte.
Ces illusions généalogiques, auxquelles paraît-il il croyait ferme, incitèrent notre écrivain à affirmer qu’il avait des droits sur le trône de Grèce. Prétentions qui ne l’empêchèrent nullement d’être impécunieux et de mener une vie de bohème...

Son père, à qui l’on donnait par courtoisie le titre de marquis, se livra à des spéculations calamiteuses, et les finances de la famille furent sauvées in extremis par la séparation de biens demandée par sa mère en 1843, qu’elle obtint trois ans plus tard.
En 1845, les Villiers s’installent à Lannion. Entre 1847 et 1855, le parcours scolaire du jeune Mathias est assez chaotique ; il fréquente diverses écoles bretonnes avec des interruptions pendant lesquelles il aurait bénéficié des leçons de précepteurs religieux à domicile. Doué pour le piano, sensible à la poésie, il sera tout naturellement attiré par les cafés d’artistes et les salons parisiens quand les Villiers prendront leurs quartiers dans la capitale en 1855. Il se lie avec Catulle Mendès, Leconte de L’Isle, Baudelaire, François Coppée... et collabore ponctuellement à quelques feuilles.
Il publie un premier recueil de poésie en 1858, et entame une carrière journalistique en 1860. Suivent plusieurs publications passées quasi inaperçues, poésies, drames, nouvelles... En 1867 Villiers devient rédacteur en chef de la Revue des Lettres et des Arts, qui cessera de paraître l’année suivante. Il faut attendre 1883 pour que paraissent les premiers Contes cruels. Suivront le roman Ève future, les Histoires insolites, les Nouveaux contes cruels...
Certes donné comme l’auteur préféré de Des Esseintes, le héros emblématique d’À Rebours, Villiers ne connaît guère de succès, et ses moyens d’existence demeurent d’une extrême précarité – au point que, se découvrant atteint d’un cancer pendant l’hiver 1888-1889 et ne pouvant plus écrire, il devra à la seule bienveillance de Mallarmé de ne pas sombrer dans l’absolue misère. Il meurt le 18 août 1889 après avoir paraît-il murmuré :
"Eh bien, je m’en souviendrai, de cette planète !"

Singulier destin que celui de cet homme, arborant avec fierté sa particule et une généalogie illusoire, sympathisant communard virant légitimiste, n’ayant jamais rencontré de véritables succès littéraires, mort dans la misère et léguant à la postérité des œuvres à l’écriture profondément artiste, contournée, abondant en préciosités et en langueurs de phrases – mais pouvant être d’une redoutable cruauté. Une écriture aussi déconcertante que semble l’avoir été l’homme...
I. Roche/k-libre


Bibliographie*

Nouvelliste :

* Bibliographie actuellement recensée sur le site



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