La Tête de Pancho Villa

Dégager le cadavre en entier s'avère délicat car, s'il n'est pas enseveli, une poutre a littéralement écrasé le haut du crâne, ensanglantant le niqab noir qui recouvrait la tête, en partie réduite en bouillie et menaçant de se détacher du tronc. Le tissu, déchiré à l'échancrure du col, retient toutefois mon attention. En m'approchant, je constate au toucher qu'il est lui aussi taché et gluant de sang. Je soulève alors le voile pour découvrir les restes du visage d'une jeune fille, la gorge tranchée. Un meurtre.
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samedi 07 décembre

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Roman - Aventure

La Tête de Pancho Villa

Road Movie - Assassinat MAJ mardi 21 septembre 2010

Note accordée au livre: 5 sur 5

Poche
Réédition

Tout public

Prix: 7,9 €

Craig McDonald
Head Games - 2007
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Pierre Reignier
Paris : 10-18, septembre 2010
320 p. ; 17 x 10 cm
ISBN 978-2-264-05160-8
Coll. "Domaine policier", 4372

Qui veut la peau de Pancho Villa ?

Quand on est écrivain, que l'on aime l'alcool, l'argent, les femmes, le désert et qu'on a rien contre l'idée de tirer le premier, on ne peut être qu'intéressé par la possibilité de se faire quatre-vingt mille dollars en passant la frontière mexicaine.

Hector Lassiter est assisté par un jeune apprenti écrivain-biographe-journaliste qui doit écrire un article sur lui. Après avoir mis la main sur la tête de Pancho Villa, ils tentent de reconstituer le puzzle. Pourquoi a-t-elle tant de valeur ? Pourquoi est-ce que cela intéresse tant un sénateur américain, des associations d'étudiants, des Mexicains armés jusqu'aux dents, sans oublier la CIA et le FBI ? À qui vendre la tête, et est-il vrai que s'y trouverait cachée la carte du fameux trésor de Pancho Villa ? Beaucoup de questions, mais beaucoup d'oseille à se faire. Pour cela il va falloir arnaquer, tirer, négocier, entourlouper, téléphoner, fomenter et faire tout un tas de trucs plus ou moins légaux, plus ou moins violents, mais toujours très malins. Il faut dire que Lassiter en a connu d'autres. Ça n'est pas pour rien s'il est ami (et occasionnellement ennemi) d'Orson Welles, Ernest Hemingway et Marlene Dietrich. Et s'il se fait vieux, l'assistance de Bud Fiske et les bras d'une jolie mexicaine lui offrent le réconfort dont il a besoin. L'étrange petite association se retrouve au milieu d'une équipée sauvage, sans cesse obligée de se cacher, d'être aux aguets à essayer de démêler le cœur de l'affaire.

Craig MacDonald livre ici un premier roman foisonnant. À la fois drôle et noir, on y trouve tous les ingrédients prévus pour un petit plat littéraire tex-mex, accompagnés de petites touches plus personnelles. Il y a de la poussière, de la transpiration, des munitions et des cadavres, des putes et des jeunes romantiques, de l'alcool et du diabète, des munitions et des cadavres (oui, c'est un ingrédient très important, surtout ne pas lésiner), des têtes tranchées, des truands à l'ancienne et des agents du FBI corrompus... Le tout servi sur un lit de révolution mexicaine. Un régal.

Nominations :
Prix "Saint-Maur en poche" catégorie polar 2011

Citation

Ce salopard dégénéré avait aussi un penchant pour les Stetson - détail qui le classait définitivement, à mes yeux, parmi les connards.

Rédacteur: Gilles Marchand jeudi 09 septembre 2010
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