Le Mystère Millow

Dis-moi, Princesse, serait-ce faire outrage à votre sagacité, à toi et à Chassevent, que de prôner la prudence sur une éventuelle accointance entre mon Roumanophone, à moi, et le vôtre ? Car, soi-dit en passant, le mien est mort par absorption, plus ou moins volontaire je te l'accorde, de monoxyde de carbone, or le vôtre a d'avantage froidement morflé du plomb dans la gueule. D'où mon interrogation.
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Roman - Policier

Le Mystère Millow

Historique MAJ samedi 18 septembre 2010

Note accordée au livre: 5 sur 5

Poche
Réédition

Tout public

Prix: 7,4 €

Gilles Bornais
Paris : 10-18, juin 2010
370 p. ; 18 x 11 cm
ISBN 978-2-264-04735-9
Coll. "Grands détectives", 4340

Quand la mort s'annonce...

Dans la campagne anglaise, à l'aube, Joe Hackney déclenche l'arrestation des organisateurs, des preneurs de paris et des participants à des combats de coqs. Il finit par trouver, au fond du filet, Ashby, son ami d'enfance et lui sauve la mise une fois encore.
William Doffey, le surintendant, lui confie l'enquête sur le meurtre d'un peintre, Fergus Millow. Celui-ci a reçu le matin une lettre anonyme lui annonçant sa mort. Le soir même, il a le crâne fracassé, malgré le colt calibre 5 qu'il a en poche. Sur place, Hackney prend connaissance de la lettre. Le texte, rédigé à la mine de plomb est singulier. La marge est à droite et la fin des mots est tronquée. L'enveloppe porte le timbre du bureau principal de Lambeth. Une seconde lettre, du gérant d'une galerie, confirme les conditions d'exposition d'une toile.
La vieille femme qui tient son ménage donne quelques indications sur les habitudes de son patron. Joe est surpris quand il apprend qu'elle habite à quatre milles. Mais sa surprise augmente encore quand, après son enquête de voisinage, il s'aperçoit que personne ne fréquente ni ne connaît Millow. Les gens le rencontraient rarement.
Dans son atelier, le détective découvre une toile très sombre, suant la tristesse. Hackney décide de confier la lettre à Edgar Kemp, un ancien policier versé en graphologie. Celui-ci, après plusieurs jours de réflexion lui dépeint l'auteur de la missive comme un "exalté affectif et dépressif".
Doffey, à qui il relate ses premières constatations l'envoie enquêter à la galerie, située dans une bourgade du bord de mer. Sur place, Joe découvre un tableau aux couleurs éclatantes, mais toujours aussi peu de renseignements sur Millow. Grâce à Ashby, qui identifie sur l'enveloppe des traces de rouille, les deux compères trouvent le lieu de dépôt du courrier. La boite à lettres est située dans le voisinage du Bethlehem Lunatic Hospital un asile d'aliénés. Parallèlement, Hackney a de gros soucis. Sa mère, atteinte d'une pneumonie, est dans un état critique !
Joe Hackney, le héros de Gilles Bornais, œuvre dans le Londres de la fin du XIXe siècle, au sein du Département d'investigation criminelle du Yard. C'est un détective particulièrement atypique. Il se décrit comme : "... boiteux, balafré, malingre, mais nanti de battoirs de bûcheron". Issu des quartiers miséreux, il fut saute-ruisseau avant d'intégrer la police. Toutefois, cinq ans après, il conserve une grande tendresse pour les voyous et se méfie de la promiscuité des flics. Ses méthodes sont peu orthodoxes et le respect de la hiérarchie n'est pas sa priorité.
L'auteur l'entoure d'une galerie de personnages peu communs, depuis Ashby sur qui il garde un œil pour qu'il ne sombre pas totalement dans la délinquance jusqu'à Edgar Kemp qui écrit "Police et Église, déchirement et conjonction, un traité magistral de philo-sociologie".
Le Mystère Millow permet au lecteur de visiter les quartiers misérables de Londres, les faubourgs où s'entasse une population de miséreux, des hôpitaux et un établissement d'aliénés. Et la description n'est guère engageante.
Gilles Bornais construit une intrigue astucieusement agencée, jouant sur les faux-semblants, les demi vérités. Il multiplie les rebondissements d'une histoire ouverte sur de nombreuses conjectures que l'imagination fertile du héros concocte. Il conjugue le goût du récit, un style dépouillé laissant une large place à des dialogues piquants. On passe un très agréable moment de lecture avec un héros qui attire l'empathie.

Citation

Une chasse à l'assassin, c'est ce qu'il me fallait pour oublier que je n'étais devenu qu'un piégeur de margoulins, le grand inquisiteur de la mistoufle.

Rédacteur: Serge Perraud vendredi 17 septembre 2010
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