Saturne

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samedi 15 août

Contenu

Roman - Thriller

Saturne

Vengeance - Assassinat MAJ mardi 28 septembre 2010

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 17 €

Serge Quadruppani
Paris : Le Masque, septembre 2010
262 p. ; illustrations en noir & blanc ; 20 x 13 cm
ISBN 978-2-7024-3508-3

Actualités

  • 14/09 Édition: Parutions de la semaine - 14 septembre
    Les éditions du Seuil font paraitre le nouveau roman de Brigitte Aubert, La Ville des serpents d'eau, et l'on se dit qu'il s'en trouvera bien un à la rédaction pour plonger dans cette sombre histoire qui se base sur le honteux et dramatique secret des habitants de Ennatown. Pourquoi met-on ce roman en avant ? C'est parce que dans une semaine très chargée, il faut rendre à Brigitte Aubert ce qui est à Brigitte Aubert. Ses parutions se font rares, mais elles conservent ce style ferme qui est le sien.
    Les éditions Gallimard annoncent leur rentrée littéraire avec deux romans de la "Série noire" : I cursini, d'Alix Deniger, dont l'action se déroule au milieu des autonomistes corses (tiens, tiens, étonnant, non ?), et Les Anges noirs, une enquête sur fond informatique de l'Islandais Ævar Orn Josepsson. Deux romans totalement opposés par la géographie et les thèmes abordés.
    La rédaction, qui a quand même un peu lu, a trouvé fort appréciable Blood Hollow, un western, évidemment car c'est à la mode, crépusculaire de William Kent Krueger (Le Cherche midi), Pike, de Benjamin Whitmer (qui rappellera par certains aspects le personnage de Parker de l'ami Richard Stark), chez Gallmeister, et Le Dernier Lapon, d'Olivier Truc chez Métailié - nous avons également interviewé l'auteur ; le roman fera d'ailleurs l'objet du prochain concours en nos pages...
    Mais comme il en reste à lire, en voici une petite sélection : Madame Courage, de Serge Quadruppani et Plaintes, de Ian Rankin. Les deux romans sont publiés au Masque en grands formats. Manège, de Rodrigo Rey-Rosa, un auteur guatémaltèque qui est édité chez Gallimard dans la très classe collection "Du monde entier". Comme dans un miroir, de Gunnar Staalesen (Gaïa). Et Louise Penny qui revient chez Actes sud avec un Mois plus cruel.
    Bien entendu, vous êtes libre d'aller voir du côté des poches qui offrent cette semaine leur lot de petites perles rééditées de Thomas H. Cook (deux fois) à Manuel Vàsquez Montalbàn en passant par Mons Kallentoft, Natsuo Kirino, Marco Malvadi et Håkan Nesser...

    Grand format :
    La Bête : polar solidaire, de Ada Nisen (Mon village, "Roman")
    Le Retour de Robespierre, de Christian Angles (Les Nouveaux auteurs, "Thriller")
    La Ville des serpents d'eau, de Brigitte Aubert (Le Seuil, "Policiers")
    Ceux qui restent, de Jane Casey (Presses de la Cité, "Sang d'encre")
    404 not found, de Hervé Decca (Actes sud, "Actes noirs")
    Les Marches du temps, de Jean-Luc Demelier (Annaeditions)
    I cursini, d'Alix Deninger (Gallimard, "Série noire")
    Thalamus, de Stéphane Gérard (Les Nouveaux auteurs, "Thriller")
    Les Marins des hautes-terres, de Raymond Jardin (Parole, "La&mnbsp;Mescla")
    Les Anges noirs, de Ævar Orn Josepsson (Gallimard, "Série noire")
    Blood Hollow, de William Kent Krueger (Le Cherche midi, "Thriller")
    L'Or du Ville de Grasse, de Dany Loridon & Gérard Loridon (Presses de la Cité)
    Tais-toi et meurs, d'Alain Mabanckou (La Branche, "Vendredi 13")
    Le Poulet veille au grain, de Jean-Jacques Michelet (L'Harmattan)
    Edward Hopper, rhapsodie en bleu, de Jean-Pierre Naugrette (Nouvelles éditions Scala, "Ateliers imaginaires")
    Le Mois le plus cruel, de Louise Penny (Actes sud, "Actes noirs")
    Madame Courage, de Serge Quadruppani (Le Masque, "Grands formats")
    Plaintes, de Ian Rankin (Le Masque, "Grands formats")
    Manège, de Rodrigo Rey-Rosa (Gallimard, "Du monde entier")
    La Civilisation des abysses, de James Rollins (Fleuve noir, "Thriller")
    Ces dames du palais Rizzi, de San-Antonio (Fleuve noir, "San-Antonio, grands formats")
    Comme dans un miroir, de Gunnar Staalesen (Gaïa)
    Sur les ossements des morts, d'Olga Tokarczuk (Noir sur blanc)
    Le Dernier Lapon, d'Olivier Truc (Métailié, "Noir")
    Pike, de Benjamin Whitmer (Gallmeister, "Noire")

    Poche :
    Du sang sur l'autel, de Thomas H. Cook (Points, "Policiers")
    La Preuve de sang, de Thomas H. Cook (Folio, "Policier")
    Les Six naïades, de laurent Corre (Le Caïman, "Polars")
    En compagnie du diable, de Tess Gerritsen (Pocket, "Thriller")
    Sombre célébration, de Charlaine Harris (J'ai lu, "Darklight")
    Une petite villesans histoire, de Greg Iles (Points, "Thriller")
    Automne, de Mons Kallentoft (Points, "Policiers")
    Le Chœur des paumés, de Gene Kerrigan (Folio, "Policier")
    Intrusion, de Natsuo Kirino (Points, "Roman noir")
    Mélancolie, de Patrick Mosconi (Folio)
    Le vingt et unième cas, de Hakan Nesser (Points, "Policier")
    Nature morte, de Louise Penny (Babel, "Noir")
    Saturne, de Serge Quadruppani (Folio, "Policier")
    Mission Iceberg, de James Rollins (Pocket, "Thriller")
    Le Jeu de l'ombre, de Sire Cédric (Pocket, "Thriller")
    L'Écriture sur le mur, de Gunnar Staalesen (Folio, "Policier")
    Tatouage, de Manuel Vàsquez Montalbàn (Points, "Roman noir")
    La Peste noire de Bagdad, de Gérard de Villiers (Gérard de Villiers, "SAS")
    Mozart est là ! : le secret des francs-maçons, de Gordon Zola (Le Léopard démasqué)

    Grands caractères :
    Volte-face, volume 1, de Michael Connelly (La Loupe, "Policier")
    Volte-face, volume 2, de Michael Connelly (La Loupe, "Policier")
    Un vrai jeu d'enfant, de François-Xavier Dillard (La Loupe, "Policier")
    Le Blues du braqueur de banque, de Flemming Jensen (La Loupe, "Policier")
    Paris mutuels, de jean-Marie Laclavetine (La Loupe, "Roman")
    Le Dernier amour d'Arsène Lupin, de Maurice Leblanc (La Loupe, "Policier")
    Le Mystère de Roccapendente, de Marco Malvadi (La Loupe, "Détective")
    Un Noël plein d'espoir, de Anne Perry (La Loupe, "Détective")

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  • 29/03 Prix littéraire: Lauriers lyonnais
  • 19/01 Association: Polars en Cercle à Lyon (69)
  • 14/12 Festival: Quais du polar 2011 - infos supplémentaires

Les apparences sont toujours trompeuses

Les thermes de Saturne, en Italie. Un mystérieux tueur entre, abat froidement trois personnes puis repart. Parmi les familles des victimes,certains veulent se venger. Un détective privé sur place pour filmer un adultère se demande s'il n'y a pas un complot là-derrière. Et lorsque le tueur se voit menacé par ses employeurs, tout s'accélère.
Serge Quadruppani est un auteur connu qui joue souvent autour de l'Italie dont il est un fin connaisseur au point de prescrire et de traduire de nombreux romans italiens, et qui aime bien travailler autour de thèmes politiques. Là, où un écrivain anglo-saxon aurait écrit un thriller de sept cents pages bien tassées, Serge Quadruppani resserre son intrigue, multiplie les éléments implicites bien connus des amateurs de thrillers.
Le lecteur est pris dans un complot complexe, décrit avec une économie de moyens impressionnante, se jouant des codes. Nous comprenons tout ou presque, et ce qui est incompréhensible ressort bien évidemment des ombres nécessaires cachées dans les recoins les plus obscurs du complot. Ce qui frappe également c'est le cynisme absolu car lorsque le but du complot devient clair, l'on ne peut qu'être horrifié par ce qu'il cache et en même temps ce qu'il éclaire d'affaires sanglantes contemporaines. Nous sommes là dans une partie d'échecs à trois dimensions où les coups se mijotent.
Le roman s'ouvre étrangement par un rêve : celui d'un policier qui grâce à un songe a une prémonition du crime (et surtout du coupable) qui se prépare. Puis le récit vire au réalisme le plus concret. Loin des héros de thrillers américains qui découvrent la vérité, se battent et obtiennent la justice, les personnages de Serge Quadruppani se perdent, sont dessaisis des enquêtes, sont victimes d'accidents. Le personnage central du livre est le jeune frère d'une victime qui aimerait non la justice mais la vengeance, et qui l'obtient presqu'au bout de ses doigts mais il n'osera pas en profiter, car c'est là la difficulté des gens honnêtes, ils restent honnêtes. Et lorsque des méchants se retrouvent assassinés, c'est par leur propre supérieur, pour éviter qu'ils ne parlent ou ne deviennent des pistes faciles à remonter.
Servi par une écriture limpide, par des références à l'actualité (le financier Todos fait penser bien évidemment à Soros, l'histoire tourne autour du scandale des subprimes), Saturne, par le plus italien des écrivains francophones, emporte la conviction d'une voix originale, celle d'un auteur qui sait mélanger les destinées individuelles, les grandes descriptions sociologiques du monde que nous côtoyons, à travers une histoire labyrinthique, si conforme à la réalité actuelle.

Récompenses :
Prix des Lecteurs Quais du Polar 2011

Nominations :
Prix des Lecteurs Quais du Polar 2011

Citation

La vérité ? On ne la saura jamais en entier ! La justice ? On peut se brosser. Moi je veux me venger.

Rédacteur: Laurent Greusard jeudi 06 décembre 2012
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