Roseanna

Sharko n'avait rien connu d'autre que le 36. Ses cent quarante-huit marches usées jusqu'à la corde, ses odeurs de vieux bois et de tabac, ses mansardes agonisantes, ses bureaux exigus, son séchoir où l'on entreposait parfois les vêtements faisandés des cadavres, juste sous les toits en zinc. On atteignait peut-être les quarante degrés sous les combles, mais c'était chez lui.
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Roman - Policier

Roseanna

Politique - Social MAJ dimanche 01 février 2009

Note accordée au livre: 5 sur 5

Poche
Réédition

Tout public

Prix: 9 €

Maj Sjöwall & Per Wahlöö
Roseanna - 1965
Traduit du suédois par Michel Deutsch
Paris : Rivages, janvier 2008
314 p. ; 17 x 11 cm
ISBN 978-2-7436-1804-9
Coll. "Noir", 687
Roman d'un crime

Ce qu'il faut savoir sur la série

Grande série policière suédoise écrite entre 1965 et 1975, "Roman d'un crime" suit les investigations de Martin Beck, policier consciencieux, et de sa brigade. Les enquêtes classiques de Martin Beck conduisent à mettre en avant l'envers du décor d'une société suédoise qui a tous les éléments en mains pour prospérer. Comme l'écrit Robert Deleuze dans Les Maîtres du polar, c'est une "scannerisation de la société suédoise" qu'opère le couple d'écrivains.

Roseanna, une exigeante maîtresse

D'abord, on se dit que, comme avec les autres, on va prendre des notes, un crayon à la main. Mais c'est sans se méfier de Roseanna qui n'est pas un livre comme les autres. C'est-à-dire que Roseanna a une façon d'encapsuler le lecteur qui lui est très particulière. Une méthode basée sur le temps, un truc d'horloge interne. Le tic-tac de Martin Beck, inspecteur principal de la police nationale suédoise enveloppe, traîne en longueur, s'arrête, repart, nous accrochés derrière, absorbés avec beaucoup d'efficacité.
En y réfléchissant, c'est sans doute parce que le héros principal est lui aussi totalement digéré, victime de son histoire personnelle, submergé de l'affect. Sa femme règle l'intendance, prend la voix de sa mère : "Fais attention à ta gorge. En cette saison, le temps est traître, surtout le soir." Alors Martin Beck s'accroche à son boulot, aux amis du boulot, comme un naufragé à sa bouée de sauvetage, évite la psychologie à la maison et la dégaine aux heures de service.
Un détective catholique aurait pris une maîtresse. Martin Beck, protestant bon teint, retourne bosser. Une bête de somme, un rêve de patron. Le cauchemar des assassins. Car Martin Beck a choisi la police. Et l'assassin de Roseanna, retrouvée au fond d'un canal proche de la petite ville de Motala, a la mauvaise idée de brouiller les pistes. Que voulez-vous, c'est l'assassin. On comprend très vite que plus l'intrigue s'épaissit et plus Martin Beck va s'échiner avec plaisir, et nous avec.

Publié une première fois en 1970 aux éditions Planète, puis en 1985 chez 10-18, Roseanna ressort dans la collection "Noir" de Rivages. Magistralement construit, le texte n'accuse pas une ride, on jubile à l'idée des neuf autres volumes de la série à paraître.


On en parle : La Tête en noir n°132 |813 n°108

Citation

Un criminel est un être humain normal à ceci près qu'il est plus malheureux et moins bien adapté que les individus normaux.

Rédacteur: Olivier Nouvel lundi 27 octobre 2008
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