La Tour noire

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mardi 26 mars

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Roman - Thriller

La Tour noire

Historique - Énigme MAJ samedi 13 novembre 2010

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22 €

Louis Bayard
The Black Tower - 2008
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Jean-Luc Piningre
Paris : Le Cherche midi, octobre 2010
408 p. ; 22 x 14 cm
ISBN 978-2-7491-1323-4
Coll. "Ailleurs"

Une enquête inédite de Vidocq !

L'action débute le 13 thermidor de l'an II avec une note décrivant l'état de santé effrayant d'un prisonnier. Puis, un homme d'un certain âge, enseignant à l'école de médecine, se souvient des quelques semaines passées en compagnie de Vidocq, et revient sur l'affaire qui les a réunis. Celle-ci commence en mars 1818, sous la Restauration. Hector Carpentier a dilapidé le reste de l'argent de son père, mort récemment, et vit avec sa mère qui tient pension pour les faire subsister. Malgré son jeune âge, sa vie est régie par des habitudes. Mais le mécanisme se détraque quand le mendiant, qui se tient habituellement près de son domicile, le suit et rentre derrière lui. Hector voit un homme se transformer, se redresser, grandir pour devenir... Vidocq. Celui-ci l'interroge sur ses relations avec Chrétien Leblanc. Devant son air ahuri, il lui apprend que cet homme a été torturé, assassiné, à quelques rues d'ici et qu'il portait, sous son caleçon, son nom et son adresse. Vidocq a vérifié, il n'y a pas, à Paris, d'autres docteur Hector Carpentier.
L'ancien bagnard l'entraîne alors dans son enquête, à la fois comme suspect, témoin et assistant. Les informations, les indices qu'ils recueillent les amènent à s'intéresser à Louis-Charles, le fils de Louis XVI, détenu et mort dans la prison du Temple. Le docteur Carpentier serait le seul capable d'identifier celui qui, aujourd'hui, est le roi légitime. Mais Hector, à l'époque, n'avait que deux ans. Vidocq apprend que le père d'Hector portait le même prénom que son fils, qu'il avait été le chirurgien du Dauphin et que, pour l'aider à soigner l'enfant qui avait vécu dans la misère la plus noire en prison, avait reçu l'aide d'un tapissier de métier qui s'appelait Chrétien Leblanc ! Or, une rumeur de plus en plus insistante fait état d'un retour de Louis-Charles, car une petite cabale royaliste avait réussi à le sauver, laissant un autre enfant mourir à sa place...
Louis Bayard dans Un œil bleu pâle (Le Cherche midi, 2007) transforme Edgar Allan Poe en enquêteur. Dans le présent roman, c'est Vidocq qu'il confronte à l'une de ces nombreuses énigmes historiques qui restent inexpliquées. Ce n'est pas la première fois que ce personnage, nommément ou masqué, est le héros de romans, sa vie tumultueuse a de quoi nourrir l'imagination de créateurs. Louis Bayard en fait une sorte de surhomme, un héros omniprésent, maître dans l'art du déguisement. Il rappelle Arsène Lupin, avec moins de classe et d'élégance. Face à cet homme au passé sombre, qui connaît bien les bas-fonds de Paris et la faune qui y grouille, l'auteur anime un homme de vingt-six ans qui menait une existence tranquille et rangée. Celui-ci se retrouve projeté dans une affaire dont il ne comprend rien, si ce n'est le danger très présent.
L'auteur introduit beaucoup d'humour par le décalage entre les personnages, leurs caractères et leurs actions. Les réflexions des héros, suscitées par nombre de situations, donnent des dialogues savoureux par un jeu habile de ping-pong.
Autour de cette trame, l'auteur multiple les apports, nourrit son récit avec de multiples rebondissements, certains faisant référence à un lointain passé. La tour du Temple, où est enfermé le Dauphin, a été construite il y a plus de cinq siècles par les Templiers. Le tueur mystérieux qui est responsable de l'assassinat de Chrétien Leblanc, continue sa sinistre besogne. Tous ces éléments croisés donnent une intrigue charnue au déroulement tendu et à l'attrait indéniable. On n'arrête pas facilement la lecture de La Tour noire, d'autant que le découpage en courts chapitres est une invitation supplémentaire à tourner les pages.
La Tour noire se révèle un roman bien construit, avec tous les ingrédients pour un très bon récit, qui tient en haleine son lecteur. Cependant, je ne partage pas l'avis du Washington Post. La rédaction ne devait pas avoir lu beaucoup de thrillers cette année-là !


On en parle : Alibis n°38

Citation

Vous faites irruption avec votre faux moignon et vos petites astuces, monsieur Qui-Que-Vous-Soyez, pour vous présenter finalement sous le nom de Vidocq, et moi censé vous croire ! Rien ne m'y oblige.

Rédacteur: Serge Perraud lundi 01 novembre 2010
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