Crimes et jeans slim

Écoute ça. Il [Gauguin] écrit qu'il est venu aux îles Marquises car on peut y trouver des modèles pour une poignée de bonbons. Des gamines sans défense, des filles toujours plus jeunes qu'il entraîne à l'étage de sa case entièrement tapissée de photos porno pour leur faire l'amour. Quel porc ! Quand tu sais qu'en plus il était syphilitique et qu'il avait le corps couvert de plaies...
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Roman - Policier

Crimes et jeans slim

Tueur en série MAJ mardi 14 décembre 2010

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

À partir de 13 ans

Prix: 9 €

Luc Blanvillain
Paris : Quespire, janvier 2010
240 p. ; 15 x 15 cm
ISBN 978-2-9529289-7-7

Trop mortel !

Bienvenue dans le monde merveilleux des filles de quinze ans : féminité tapageuse calquée sur les magazines, ricanements imbéciles, méchanceté gratuite et loi du plus "tendance". Pour survivre dans ce milieu hostile, Adélaïde a très vite compris qu'elle n'avait qu'une solution : faire comme tout le monde. À l'insu de ses parents, elle planque une panoplie chez sa grand-mère, et à la manière d'un super-héros, se métamorphose tous les matins en Adé, la plus branchée des filles du lycée : serrée dans son jean slim, elle baille en cours et pouffe de rire, ponctue ses phrases de "trop" à toutes les sauces, parle de sa "life", révise soigneusement ses notes à la baisse et traîne avec les filles les plus fashion de la classe. Et ça lui simplifie sacrément la vie.
Sauf qu'un jour, sa copine Mélanie Barbier est assassinée à la sortie de son cours de hip-hop. Quelques jours plus tard, c'est Pauline Dumas qui y passe. Un serial-killer a décidé de régler leur compte aux filles perdues et autres "gourgandines" qu'il fustige dans des tracts verbeux et alambiqués inspirés d'écrits moralistes du XVIe siècle sur la "mauvaiseté des femmes". Émoi dans la ville, panique dans les familles. L'enquête piétine et Adé, sentant son tour venir, décide de prendre les choses en main.
À elles seules, les descriptions sans pitié des mœurs de ces adolescentes écervelées valent le détour. C'est drôle, c'est efficace, porté par un humour pince-sans-rire qui fait mouche et ne s'émeut pas de grand-chose, et surtout pas de coller quelques balles dans la tête à des filles un peu trop sûres d'elles et, il faut bien l'avouer, franchement agaçantes. Ajoutez à cela une intrigue bien ficelée, une galerie de personnages fantaisistes, et même un éléphant un poil cyclothymique, et vous obtenez un polar inattendu, ni moralisateur ni démago, à mettre entre les mains de toutes les lolitas en herbe pour une leçon d'auto-dérision pas forcement inutile.


On en parle : Alibi n°1

Citation

C'était incroyable ! (parfois, il n'y a pas d'autres mots) Mélanie Barbier, morte. C'était atrocement intéressant.

Rédacteur: Erika Menu lundi 15 novembre 2010
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