Les Morts perdent toujours leurs chaussures

Elle comprit que ce qui lui manquait d'une façon si pénible, presque déchirante, c'était son appartement. [...] Il fallait qu'elle retourne à son appartement, maintenant, tout de suite, elle ne pouvait rester loin de lui plus longtemps.
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Roman - Noir

Les Morts perdent toujours leurs chaussures

Politique - Assassinat - Corruption MAJ mercredi 01 décembre 2010

Note accordée au livre: 4 sur 5

Poche
Réédition

Tout public

Prix: 9 €

Raúl Argemí
Los Muertos siempre pierden los zapatos - 2002
Traduit de l'espagnol (Argentine) par Jean-François Gérault
Paris : Rivages, mars 2007
330 p. ; 17 x 11 cm
ISBN 978-2-7436-1661-8
Coll. "Noir", 640

Maté-moi tout ça

C'est tout de même pas de chance qu'une voiture (poursuivie par d'autres voitures), quitte la route, tombe d'un pont, se retrouve à l'envers dans une rivière et se voit, de surcroît, mitraillée pendant plusieurs minutes. Ce qui est étonnant, c'est qu'il reste un survivant. Mais comme un coup de malchance n'arrive jamais seul, le pauvre survivant est victime d'un nouvel accident en prison et meurt dans sa chambre, un bout de métal enfoncé en plein cœur pendant son sommeil.
Sebastian Murillo, un journaliste de la Comahue - obscur journal de Patagonie -, pense qu'il s'agit d'un assassinat prémédité (oui, il est très malin), et comme trois ou quatre malheurs n'arrivent jamais seuls, il trouve lui aussi la mort dans un accident de la route, alors qu'il semble être sur une piste.
Il n'en faut pas plus à Juan et Alejandro, tous deux journalistes et amis de Sebastian, pour se lancer à leur tour dans l'enquête qui semble mener au gouverneur, à son chef de cabinet et à quelques militaires pas spécialement bien sous tous rapports. S'ensuit toute une série d'attaques, de situations à mi-chemin entre l'héroïsme et le grotesque, et de fusillades en tous genres.

On savait que Raúl Argemí savait mélanger les styles, jouer avec les codes du roman noir et du polar. Encore une fois, il confirme son savoir faire, même si cette intrigue paraît plus compliquée que celle de Patagonia Tchou-tchou, même si ici les tueurs tuent et les tortionnaires torturent (ce qui est la moindre des corrections lorsque l'on écrit un roman noir). Encore une fois, Raúl Argemí sait créer des personnages attachants, qu'il s'agisse des anciens acolytes révolutionnaires de Juan, de son amie prostituée, des méchants très méchants mais qui trouvent plus méchants qu'eux ou des cinglés très cinglés mais qui trouvent plus cinglés qu'eux. C'est sans doute ça la force de Raúl Argemí, il n'hésite pas à faire plus que nécessaire, et ça marche !

Citation

Arrêtez de m'emmerder, les gars. Quand je passe plus de dix minutes avec des gens cultivés, j'ai une attaque de scatologie, quelque chose comme une version de gauche du 'Quand j'entends le mot culture, je sors mon revolver'.

Rédacteur: Gilles Marchand mardi 16 novembre 2010
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