Cependant Fantômas

Pour eux les blessures restaient ouvertes, pour eux, il n'y aurait pas de paix. La vérité ne libérait pas. Mais on pouvait s'en sortir. C'était ce qu'il lui dirait. On pouvait remonter à la lumière, grimper, gratter, se battre pour ressortir du trou.
Michael Connelly - Deuil interdit
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

Le Passager clandestin
Douze années après avoir fait escale à Tahiti, Georges Simenon propose un roman noir exotique plombé de n...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

dimanche 16 décembre

Contenu

Essai - Policier

Cependant Fantômas

Braquage/Cambriolage - Vengeance - Corruption MAJ jeudi 13 janvier 2011

Note accordée au livre: 5 sur 5

Grand format
Inédit

Public connaisseur

Prix: 45 €

Thierry Thomas
Gino Starace (illustrateur)
Paris : La Pionnière, octobre 2009
48 p. ; illustrations en couleur ; 28 x 18 cm
ISBN 978-2-908092-56-1
Coll. "En regard"

La légende de Fantômas

En 48-pages dont 16 qui sont autant de reproductions des illustrations de couverture des aventures de Fantômas par le peintre Gino Starace, Thierry Thomas (si Fandor tient sa première syllabe de Fantômas, Thomas, lui, tient la dernière... comme c'est étrange !) réussit le triple challenge de nous raconter Fantômas, la vie de ses auteurs Souvestre et Allain, et la société de l'époque. Pour cela, il maîtrise l'écriture poétique empreinte de douce nostalgie qu'il use a bon escient - quand on a autant écrit que lui sur Hugo Pratt et Corto Maltese, c'est sûrement plus facile.
Étrangement pour le profane, tout commence et finit avec Marcel Proust, sur fond de Monet et Des amours d'un prince. Entre-temps, l'on découvre le machiavélisme de Fantômas, ses errances, sa descendance, Juve, son ennemi implacable, aussi névrosé qu'obnubilé par sa quête insoluble, les appartements des auteurs, le naufrage du Titanic qui fait relativiser la cruauté d'un héros qui pourtant domine Paris en sus et place de la Tour Eiffel, les suites de l'Exposition universelle. Il y a aussi Arthème Fayard et ses fascicules à 65 centimes pour 35 000 lignes de lecture, la prévoyance de cet éditeur visionnaire qui force Souvestre et Alain à arrêter Fantômas après trois années de bons et loyaux services parce que la guerre approche et qu'il va falloir du patriotisme.
Et tant pis si Feuillade réalise des films à succès dans lesquels tous les protagonistes vont pouvoir se déguiser et tromper leurs prochains, user de stratagèmes pour mieux se perdre les uns les autres, faire fi des incohérences scénaristiques de ce qui sont peut-être les seuls romans à n'avoir pas été lus intégralement par leurs auteurs puisque les chapitres étaient écrits alternativement par Souvestre et Allain qui ne se lisaient pas l'un l'autre (mais qu'a fait Pierre Bayard ? Il les a oubliés dans son Comment parler des livres que l'on a pas lus).
Le texte, servi magnifiquement par une mise en page et une reliure de qualité, dans un format agréable, est entrecoupé donc de 16 de ces 31 couvertures (sur 32 - la première est l'œuvre d'un inconnu et en plus à l'origine pour une publicité) quasiment en pleine page et en couleurs, qui font de cet objet une véritable œuvre d'art... et de qualité ! Malgré ses 45 €, on a envie de dire : "le prix s'oublie, et la qualité reste..."

Citation

Avec Fantômas, la société plonge dans une ivresse de carnaval et dans le vertige d'un doute qui se propage à partir de ce trou noir : sa figure, impossible à cerner.

Rédacteur: Julien Védrenne jeudi 16 décembre 2010
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page