L'Encrier du diable

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vendredi 10 juillet

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Roman - Aventure

L'Encrier du diable

Historique - Énigme - Enquête littéraire MAJ dimanche 19 décembre 2010

Note accordée au livre: 4 sur 5

Poche
Inédit

À partir de 12 ans

Prix: 5,5 €

Flore Talamon & Laure Bazire
Paris : Nathan, août 2010
192 p. ; 18 x 12 cm
ISBN 978-2-09-252825-9
Coll. "Poche, 12+, histoire", 210

Faux et usage de faux

Judith est la fille du grand libraire Amelot et a vécu des aventures parisiennes dans un premier roman intitulé La Plume de l'ange. Dans L'Encrier du diable nous la retrouvons trois ans plus tard à Rouen, en 1762, mariée à un jeune libraire, François-Marie Mesliand, qui est souvent absent. Loin de son époux, la charmante Judith s'ennuie et sa belle-mère, qui aimerait en faire une parfaite maîtresse de maison, la surveille de près. Or Judith est une passionnée de la chose écrite et aimerait s'occuper intelligemment. Elle se console quelque peu en entretenant une correspondance assidue avec ses sœurs et ses amis restés à Paris. C'est à travers cet échange de lettres que le lecteur va découvrir un complot visant à discréditer le grand Molière : selon ses détracteurs, les meilleures pièces auraient été écrites par Pierre Corneille. Afin d'aider ses amis écrivains qui aimeraient faire reconnaître Molière par l'Académie Française, Judith part à la recherche de documents prouvant la collaboration active de Corneille. Afin de faciliter son enquête, elle prend des cours chez un relieur où elle rencontre une étrange jeune femme qui se fait appeler Rossbach.

Ce roman épistolaire d'une grande richesse nous entraîne dans les querelles entre défenseurs des philosophes et partisans d'un certain conservatisme, ces derniers se révélant prêts à tout pour sauvegarder leurs privilèges et leur influence auprès du Roi de France. Il montre aussi le quotidien d'une jeune femme dont la liberté d'action est fortement réduite par les contingences de l'époque. Ainsi, Judith aimerait aider son époux à la librairie mais les voisins risqueraient de penser que la famille Mesliand est pauvre ; elle préfère la lecture à la broderie ce qui est également fort mal perçu.
Jusqu'à la dernière page, le dénouement est imprévisible et les rebondissements inattendus. Le lecteur tremble pour Judith et ses amis car il connait à l'avance la cruauté et la détermination des comploteurs. Dans ce roman, tout est mensonge et manipulation et démêler le faux du vrai se révèle une gageure, tant pour l'héroïne que pour le lecteur. Une plongée palpitante dans un siècle dont les lumières menacent sans cesse de vaciller

Citation

Le poisson est bel et bien ferré. C'est un petit Bossuet fort défraîchi qui m'a servi d'appât.

Rédacteur: Patricia Châtel vendredi 17 décembre 2010
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